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15 juillet 2006.

"Ruinaulta" (Grisons)

À une heure de marche du village grison de Flims, 400 mètres (...)

À une heure de marche du village grison de Flims, 400 mètres d’altitude plus bas, le Rhin offre l’un des plus beaux sites naturels de Suisse : « Ruinaulta ». Les gorges du Rhin.

Photos © aqueduc.info



Infos complémentaires

L’éboulement de Flims

Cette « Ruinaulta » (gorges du Rhin) résulte de l’effondrement de la montagne de Flims il y a quelque 10 à 15’000 ans. Le Rhin antérieur, entre Ilanz et Reichenau, a dû alors se creuser un passage à travers cet immense éboulement de roches calcaires. D’où ce paysage surprenant, pompeusement rebaptisé "Swiss Canyon" par les offices du tourisme, que contemplent randonneurs, amateurs de rafting ou voyageurs empruntant la ligne construite en 1903 déjà par les Chemins de fer rhétiques.

Cet éboulement est souvent décrit comme l’un des plus importants d’Europe. L’amas de matériaux rocheux, répartis sur une quinzaine de kilomètres entre le village aval de Castrisch (non loin de la bourgade d’Ilanz, en amont) jusqu’à Reichenau, au confluent des deux Rhin antérieur et postérieur, recouvre une superficie de quelque 40 kilomètres carrés. La Ruinaulta, classée dans l’Inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels d’importance nationale, est (pour combien de temps encore ?) un véritable paradis naturel qui bénéficie de surcroît d’un climat sec et relativement doux propice au développement d’une flore et d’une faune particulièrement rare et riche.

Quant à la ligne (privée) des Chemins de fer rhétiques qui suit le cours du Rhin à travers ses gorges, elle est longue de 19 kilomètres et compte 14 ponts et 3 tunnels entre Reichenau et Ilanz. Ouverte en 1903 déjà, elle s’est enrichie plus tard de quelques digues et galeries qui la mettent à l’abri des inondations et des éboulements.

Un peu d’histoire géologique

Pour comprendre comment cet amoncellement s’est produit, il faut remonter 10 à 15’000 ans dans le passé, à l’époque où le glacier du Rhin, qui pouvait atteindre une hauteur de 2’000 mètres, s’étendait vers le nord jusqu’au lac de Constance. Quand il s’est retiré, la pression qu’il exerçait sur les flancs des vallées a peu à peu faibli et d’énormes masses rocheuses, déstabilisées, se sont alors effondrées. Contrairement à la légende, ce phénomène géologique n’a pas été soudain, on pense même qu’il a pu se dérouler sur plusieurs siècles.

Ce sont environ 15 milliards de mètres cubes de montagne qui ont ainsi basculé dans le fond de la vallée, faisant obstacle à l’écoulement du Rhin et provoquant une importante accumulation d’eau, et un lac dont la rive supérieure se situait peut-être du côté du village de Trun, dans la Surselva. Mais le Rhin, au cours des millénaires, a bien évidemment réussi à se frayer un chemin dans les roches calcaires et creusé un lit sinueux qui, grosso modo, ressemble à celui qu’il occupe aujourd’hui.

Il aura cependant fallu plusieurs millénaires avant que les bords de ses gorges ne se couvrent de végétation et de forêts dont la verdure contraste étonnamment avec la blancheur et la brillance des parois calcaires qui surplombent tout le site. Les anciennes glaciations ont elles aussi laissé quelques traces sous forme de moraines notamment. Et les divagations du fleuve ont peu à peu créé ici et là quelques larges péninsules de prairie. (bw)

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Glossaire

  • Crue, inondation

    La crue est un phénomène caractérisé par la montée plus ou moins forte du niveau d’un cours d’eau et par une nette augmentation de son débit. Elle ne se traduit pas forcément par un débordement de son lit habituel. On parle d’inondation lorsqu’une crue entraîne la submersion par un cours d’eau de son espace d’expansion naturelle (lit majeur) ou aménagé dans ce but, mais aussi des terres cultivées et des zones habitées, mettant alors en danger les riverains et pouvant causer d’importants dommages à leurs biens.

Mot d’eau

  • “Quel épouvantable désastre !”

    “Près de deux mille maisons écroulées ; sept cents morts ; tous les ponts emportés ; un quartier rasé, noyé sous la boue ; des drames atroces ; vingt mille misérables demi-nus et crevant la faim ; la ville empestée par les cadavres, terrifiée par la crainte du typhus ; le deuil partout, les rues pleines de convois funèbres, les aumônes impuissantes à panser les plaies. Mais je marchais sans rien voir, au milieu de ces ruines. J’avais mes ruines, j’avais mes morts, qui m’écrasaient.” (Émile Zola, "L’inondation", 1883.)


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