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15 mai 2007.

Le Pont du Gard (France)

Patrimoine mondial de l’humanité, le Pont du Gard, dans le Midi de (...)

Patrimoine mondial de l’humanité, le Pont du Gard, dans le Midi de la France, est la partie la plus prestigieuse et la mieux conservée d’un aqueduc romain de 50 km qui amenait l’eau d’Uzès jusqu’à Nîmes.

Construit entre 38 et 52 de notre ère, ce pont mesure 490 mètres de long, culmine à 48 mètres au-dessus du Gardon et pèse plus de 50’000 tonnes. C’est le plus haut des ouvrages romains de ce genre mais aussi l’aqueduc romain affichant la pente la plus faible avec une déclivité moyenne de quelque 24 centimètres par kilomètre. Au meilleur de son utilisation, aux 2e et 3e siècles, quelque 35’000 mètres cubes d’eau (35 millions de litres) transitaient chaque jour par l’aqueduc. Il fut peu à peu abandonné dès le 3e siècle et définitivement délaissé lorsque s’écroula l’Empire romain d’Occident.

Photos © aqueduc.info




Infos complémentaires

Le Pont du Gard
vu par Jean-Jacques Rousseau

“On m’avait dit d’aller voir le pont du Gard ; je n’y manquai pas. Après un déjeuner d’excellentes figues, je pris un guide, et j’allai voir le pont du Gard. C’était le premier ouvrage des Romains que j’eusse vu. Je m’attendais à voir un monument digne des mains qui l’avaient construit. Pour le coup l’objet passa mon attente, et ce fut la seule fois en ma vie. Il n’appartenait qu’aux Romains de produire cet effet. L’aspect de ce simple et noble ouvrage me frappa d’autant plus qu’il est au milieu d’un désert où le silence et la solitude rendent l’objet plus frappant et l’admiration plus vive, car ce prétendu pont n’était qu’un aqueduc. On se demande quelle force a transporté ces pierres énormes si loin de toute carrière, et a réuni les bras de tant de milliers d’hommes dans un lieu où il n’en habite aucun. Je parcourus les trois étages de ce superbe édifice, que le respect m’empêchait presque d’oser fouler sous mes pieds. Le retentissement de mes pas sous ces immenses voûtes me faisait croire entendre la forte voix de ceux qui les avaient bâties. Je me perdais comme un insecte dans cette immensité. Je sentais, tout en me faisant petit, je ne sais quoi qui m’élevait l’âme ; et je me disais en soupirant : Que ne suis- je né Romain ! Je restai là plusieurs heures dans une contemplation ravissante. Je m’en revins distrait et rêveur, et cette rêverie ne fut pas favorable à madame de Larnage. Elle avait bien songé à me prémunir contre les filles de Montpellier, mais non pas contre le pont du Gard. On ne s’avise jamais de tout.”

Confessions, Livre VI (1765-1770)

Mots-clés

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Glossaire

  • Crue, inondation

    La crue est un phénomène caractérisé par la montée plus ou moins forte du niveau d’un cours d’eau et par une nette augmentation de son débit. Elle ne se traduit pas forcément par un débordement de son lit habituel. On parle d’inondation lorsqu’une crue entraîne la submersion par un cours d’eau de son espace d’expansion naturelle (lit majeur) ou aménagé dans ce but, mais aussi des terres cultivées et des zones habitées, mettant alors en danger les riverains et pouvant causer d’importants dommages à leurs biens.

Mot d’eau

  • “Quel épouvantable désastre !”

    “Près de deux mille maisons écroulées ; sept cents morts ; tous les ponts emportés ; un quartier rasé, noyé sous la boue ; des drames atroces ; vingt mille misérables demi-nus et crevant la faim ; la ville empestée par les cadavres, terrifiée par la crainte du typhus ; le deuil partout, les rues pleines de convois funèbres, les aumônes impuissantes à panser les plaies. Mais je marchais sans rien voir, au milieu de ces ruines. J’avais mes ruines, j’avais mes morts, qui m’écrasaient.” (Émile Zola, "L’inondation", 1883.)


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