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2005.

"l’eau à la bouche", une expo et un livre

Du 11 mars 2005 au 8 janvier 2006, Alimentarium - Musée de (...)

Du 11 mars 2005 au 8 janvier 2006, Alimentarium - Musée de l’Alimentation de Vevey propose une exposition placée sous le titre : « l’eau à la bouche ». Cet itinéraire à travers les goûts, formes, couleurs et autres perceptions et pratiques de l’eau à boire s’accompagne d’une passionnante publication regroupant une bonne trentaine de points de vue souvent inattendus sur différents thèmes liés à la consommation de cet élément vital. Avec la très aimable autorisation du Musée, aqueduc.info vous invite à la lecture de quelques « bonnes feuilles » extraites de cet ouvrage et portant sur l’une ou l’autre de ses approches à caractère plutôt sociologique ou ethnographique. À votre bonne santé !

« Boire de l’eau n’est pas aussi simple qu’on peut le croire. L’eau n’est pas toujours bonne à avaler et elle est loin d’être universellement appréciée comme boisson. L’eau est indispensable, certes, mais elle peut être aussi menaçante. Souvent insaisissable, elle s’avère toujours ambivalente. Une même eau relie tous les êtres vivants et les eaux les plus diverses s’inscrivent chacune dans un lieu, avec des qualités propres et des vertus contrastées. »

L’exposition « l’eau à la bouche » et le livre qui l’accompagne s’articulent autour de quelques idées-clefs :

  • l’eau réputée inodore et incolore se goûte et se déguste
  • l’eau que nous consommons est souvent déguisée, elle se cache aussi dans les aliments et à l’intérieur de notre corps
  • l’eau, toujours ambivalente, suscite la méfiance ou se pare de vertus
  • visible ou invisible, l’eau a des pouvoirs
  • l’eau rare ou abondante est diversement utilisée au quotidien
  • l’eau circule, dans le corps, dans la ville et dans l’imaginaire.

Un litre à lire… par le petit bout de la paille

« L’eau à l’état liquide prend la forme du récipient qu’on lui consacre ». Les auteurs du livre de l’exposition « l’eau à la bouche » l’ont donc imaginé comme un emballage de boisson, et son volume (aux deux sens du mot) fait près d’un litre. Et la paille qui est astucieusement insérée dans ses pages est une claire invitation à le déguster « à petits traits ».

À propos de paille – celle qui fait la trame de l’affiche de l’exposition et qui traduit bien son propos – il est intéressant de noter que son histoire est intimement liée à celle des boissons : « En Asie du Sud-Est depuis fort longtemps, de longues tiges creuses permettent d’aspirer la bière traditionnelle du fond des jarres de riz fermenté. Au 19ème siècle, dans certaines villes d’eaux européennes, de précieux tubes en verre ou en argent sont utilisés par les curistes pour éviter que les minéraux ne tachent leurs dents. Vers 1920, les bars et les fabricants de boissons commencent à utiliser le chalumeau comme support publicitaire. Le tube en carton spiralé venu des États-Unis et la tige naturelle de seigle sont définitivement remplacés par le plastique vers 1960, la paille se joint dès lors à l’emballage de toutes sortes de boissons conditionnées en portions. Elle confère un côté ludique et gai à un jus comme à un cocktail et une paille colorée rend le sirop plus attractif aux yeux des enfants. »

« Même si la paille n’est pas très utilisée pour l’eau, elle exprime néanmoins parfaitement les points essentiels de l’exposition : l’eau que l’on porte effectivement à sa bouche pour l’ingérer, l’eau comme élément précieux et ludique, enfin, l’individualisme du consommateur moderne suçotant les boissons de son choix. »

Citations extraites de l’introduction de « l’eau à la bouche »,
Fondation Alimentarium, Vevey, 2005, pp. 17-20.




Infos complémentaires

Remerciements
tout particuliers à Mmes Isabelle Raboud-Schüle et Nicole Stäuble Tercier, conservatrices à l’Alimentarium et commissaires de l’exposition "l’eau à la bouche".

Les images (aqueduc.info et © Alimentarium) de ce dossier n’ont pas principalement pour but d’illustrer les "bonnes feuilles" où elles sont insérées mais d’offrir en contrepoint quelques impressions visuelles recueillies en cours de visite.

Documents et liens

"l’eau à la bouche" ,
livre de l’exposition publié sous la direction de Isabelle Raboud-Schüle et Nicole Stäuble Tercier
368 pages, Alimentarium, Vevey, 2005.

- Le site de l’Alimentarium - Musée de l’Alimentation à Vevey

- Les pages de l’exposition "l’eau à la bouche" sur le site de l’Alimentarium

Glossaire

  • Éclusée

    Littéralement, c’est le volume d’eau qui s’écoule d’une écluse entre le moment où on l’ouvre et celui où on la referme. Appliqué à un barrage, le mot désigne l’opération qui consiste à relâcher une grande quantité d’eau dans une rivière en particulier lors des turbinages hydroélectriques. Ces opérations fréquentes se traduisent en aval par de soudaines et dangereuses crues artificielles et perturbent gravement les écosystèmes des cours d’eau d’aval. D’où l’importance des réglementations qui visent à en maîtriser les impacts.

Mot d’eau

  • Trop soif

    "Je suis un peu dans la situation d’un homme qui tire de l’eau goutte à goutte parce qu’il a trop soif pour attendre que le puits se remplisse" (F. Scott Fitzgerald, Lettre à H. Ober, 1936)


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