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27 février 2003.

"Un sauveur de rivières" à l’honneur

Bernard Lachat, biologiste du Jura suisse et fondateur d’un bureau (...)

Bernard Lachat, biologiste du Jura suisse et fondateur d’un bureau de biologie appliquée, s’est vu attribuer le Prix Interjurassien pour l’ensemble de ses travaux en faveur de la nature, et en particulier pour la sauvegarde des cours d’eau.

La passion de Bernard Lachat, c’est l’écologie végétale, le génie végétal en écologie appliquée. Son mémoire de licence, alors qu’il étudiait à l’Université de Neuchâtel, portait sur "La stabilisation des rives par la végétation - étude de la rivière du Doubs". Plus tard, il poursuivra ses recherches dans cette direction.

Son credo, c’est l’utilisation de techniques végétales pour résoudre des problèmes d’érosion : "Fichez la paix aux rivières, laissez-leur de l’espace pour divaguer dans le paysage, entre les arbres", confie-t-il au journal Le Temps.

En 1980, à Vicques (canton du Jura), il fonde un bureau de biologie appliquée : aujourd’hui, Biotec occupe 3 biologistes, 2 ingénieurs ruraux, un ingénieur agronome, 3 secrétaires et un dessinateur. Des bureaux Biotec ont également été créés en France, à Bourgoin-Jallieu et Lyon.

Bernard Lachat est l’auteur de nombreuses publications, dont deux en tout cas constituent de véritables ouvrages de référence :

- "Le cours d’eau - conservation, entretien et aménagement", publié en français et en anglais en 1991 par le Conseil de l’Europe à Strasbourg (réédité en 1994), et
- "Le guide de protection des berges de cours d’eau en techniques végétales", publié par le Ministère français de l’aménagement du territoire et de l’environnement en 1994 (réédité en 1999). (bw)

Le site de Biotec




Infos complémentaires

Les avantages du génie végétal, selon Bernard Lachat

Recourir à des plantes vivantes plutôt qu’à des matériaux de construction inertes, comme des enrochements, pour stabiliser les rives d’un cours d’eau offre toute une série d’avantages. Dans son "Guide de protection des berges de cours d’eau en techniques végétales", Bernard Lachat en énumère quelques-uns :

- les techniques végétales acquièrent une efficacité de stabilisation croissante, au fur et à mesure du développement des plantes car elle sont vivantes. Leur résistance aux forces d’arrachement est comparable, voir supérieure aux techniques minérales habituelles ;
- elles opposent une résistance souple aux forces du courant, permettant de mieux dissiper l’énergie ;
- elles sont également souples dans leur application, car leur grande diversité, les possibilités de les combiner ou de la joindre à des matériaux auxiliaires (bois, géotextile, etc) leur confèrent une grande capacité d’adaptation, répondant aux besoins de chaque cas particulier ;
- elles favorisent l’autoépuration du cours d’eau au niveau des racines ;
- elles ne perturbent pas les relations entre les cours d’eau et les nappes phréatiques ;
- elles contribuent à maintenir à restaurer une grande diversité botanique et faunistique par la variété des supports et d’habitats qu’elles offrent du lit jusqu’aux rives ;
- elles fournissent l’ombre nécessaire à maintenir la fraîcheur de l’eau et à limiter la croissance de plantes aquatiques envahissantes telles que les algues filamenteuses ;
- elles contribuent à conserver ou à restaurer le patrimoine paysager et génétique d’une région ;
- elles sont peu coûteuses en fourniture, car les matériaux de base peuvent souvent être prélevés sur place ;
- les ouvrages eux-mêmes sont susceptibles de fournir le matériel végétal (branches, baguettes, pieux, boutures) pour d’autres ouvrages après quelques années de croissance.

Source : "Le guide de protection des berges de cours d’eau en techniques végétales", publié par le Ministère français de l’aménagement du territoire et de l’environnement (1994).

Mots-clés

À paraître

Glossaire

  • Débâcle

    Dislocation soudaine de la couverture de glace d’un cours d’eau dont les blocs sont alors emportés rapidement par le courant. Lorsqu’il s’agit de la rupture d’une barrière naturelle de glace formant une retenue d’eau, on parle alors de vidange brutale de lac glaciaire (connue sous l’acronyme anglais de GLOF, “Glacial lake outburst flood”). Dans les deux cas, ce phénomène peut entraîner de graves inondations, voire des catastrophes.

Mot d’eau

  • « Et tous ces gens
    dans l’eau ... »

    “Je pense toujours à cette rivière quelque part, avec cette eau qui coule vraiment vite. Et tous ces gens dans l’eau, qui essaient de se raccrocher les uns aux autres, qui s’accrochent aussi fort qu’ils peuvent, mais à la fin c’est trop difficile. Le courant est trop puissant. Ils doivent lâcher prise, se laisser emporter chacun de son côté. Je pense que c’est ce qui nous arrive, à nous.” (Kazuo Ishiguro, "Auprès de moi toujours", 2005)


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