AccueilInfosAnnées précédentesAnnée 2003

20 mars 2003.

"Privatiser la gestion de l’eau en Suisse aurait des conséquences néfastes"

Jusqu’ici le système suisse de gestion publique des eaux dans les (...)

Jusqu’ici le système suisse de gestion publique des eaux dans les zones d’habitation a largement fait la preuve de son efficacité. Le privatiser entraînerait des conséquences négatives en termes de qualité, de fiabilité et de politique des prix du service de l’eau. C’est la principale conclusion d’une étude commandée et publiée par le WWF Suisse.

Dans sa prise de position "pour une gestion durable de l’eau dans les zones habitées de Suisse", l’entité nationale du Fonds mondial pour la nature tire en fait les leçons d’une étude qu’elle avait commandée à un spécialiste allemand sur les conséquences écologiques d’une éventuelle privatisation de l’approvisionnement en eau et de l’évacuation des eaux usées.

La conception du WWF en matière de gestion de l’eau dans les agglomérations repose sur la nécessité de respecter au mieux les écosystèmes aquatiques superficiels et souterrains. Il s’agit, entre autres :

- d’économiser l’eau potable et de réduire les coûts et la consommation d’énergie liée à son traitement
- de protéger toutes les réserves d’eau contre la pollution et de limiter l’utilisation de substances polluantes
- d’entretenir et remplacer régulièrement les réseaux de distribution d’eau et des égouts et de garantir les investissements nécessaires à ces tâches.

Les craintes du WWF

Convaincu que les ressources en eau doivent être considérée comme un élément vital irremplaçable et non pas comme une simple marchandise, le WWF Suisse en déduit que les tâches de gestion de l’eau incombent davantage au service public qu’aux entreprises privées.

Si le feu vert devait être donné en Suisse à la privatisation de la gestion de l’eau, l’organisation écologiste redoute notamment :

- que l’intérêt du secteur privé se porte davantage sur l’augmentation du bénéfice que sur l’entretien des infrastructures
- qu’il se concentre sur l’exploitation des ressources hydriques d’accès facile au détriment des autres réserves qui elles aussi réclament protection
- que les prélèvements d’eau ne cessent d’augmenter puisque "les sociétés privées d’approvisionnement sont peu intéressées par une baisse de la consommation d’eau par les clients"
- que ces mêmes entreprises privées n’assument leur responsabilité que d’une façon réduite et se limitent à satisfaire aux prescriptions légales
- que la privatisation se traduise par une perte du contrôle démocratique légitime des décisions relatives à la gestion de l’eau dans les zones habitées.

Privatisation sans justification

En conclusion, le WWF Suisse estime qu’en termes de qualité, fiabilité, crédibilité des prix, tout comme en matière d’impact environnemental, la situation actuelle de la gestion de l’eau dans les zones d’habitation suisses "satisfait à de très hautes exigences et compte parmi les leaders mondiaux du secteur de l’eau".

"La tendance à une privatisation accrue ne peut donc pas être justifiée par l’intention de remédier, par ce biais, à des insuffisances techniques ou d’exploitation. En fait, la gestion hydrique dans les agglomérations intéresse les investisseurs privés parce qu’elle offre la possibilité de générer des bénéfices substantiels à court et moyen terme."

Selon le WWF Suisse, "la privatisation du secteur de l’eau en Suisse entraînerait une dégradation de la situation dans les domaines de l’environnement et de la santé, (…) les prestations communautaires durables dans le domaine de l’économie des eaux pourront mieux être préservées par le maintien du système de droit public soumis à un contrôle démocratique." (bw)


*L’étude du WWF Suisse n’est disponible qu’en allemand : "Ökologische Konsequenzen einer Privatisierung bzw. Liberalisierung der Schweizer Wasserwirtschaft", Dr. Klaus Lanz, International Water Affairs, Hamburg, Januar 2003

Site internet du WWF Suisse




Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


Contact Lettre d'information