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26 mai 2014.

La précarité de l’eau, préoccupation permanente

Le département des Collines, au centre du Bénin, est sans doute (...)

Le département des Collines, au centre du Bénin, est sans doute celui où l’eau reste le plus problématique des problèmes. L’eau tirée des nappes souterraines se caractérise par sa dureté et les eaux de surface subissent l’invasion des jacinthes d’eau. Voilà un territoire et un gros demi-million d’habitants qui ne manquent pas d’atouts, agricoles et touristiques. Mais de quoi donc sera fait leur avenir si l’eau leur fait défaut ?

Pendant l’hivernage de mai et juin, les pluies torrentielles annoncent la fin des pénuries subies pendant plusieurs mois. Les gens des villes recueillent de l‘eau dans les citernes et les puits domestiques, les forages disposent enfin d’une ressource de qualité acceptable. En milieu rural, les familles s’approvisionnent dans les eaux de surface - sources, rivières, marigots, retenues de toutes sortes - grossies par les eaux de ruissellement.

Mais cela ne dure que quelques semaines. Quand revient la saison sèche, par contre, le manque d’eau se fait à nouveau sentir de manière durable. Difficile, dans ces conditions, de répondre aux besoins domestiques quotidiens qui sont loin d’être satisfaits. Quelques trop rares forages pérennes font exception à la règle du tarissement généralisé, mais l’eau qu’on y trouve porte la trace fortement minéralisée des sols qu’elle a traversés. Cette eau dure n’est pas des plus agréables à boire et ne fait pas mousser le savon.

Quand la fourniture d’eau potable par le service public devient aléatoire et que le niveau des rivières et des plans d’eau est à la baisse, la quête d’eau pour la consommation quotidienne des ménages devient un véritable casse-tête. Temps mort, dirait-on au jeu. Cette période est pour les enfants synonyme de recrudescence des maladies hydriques, les animaux meurent de soif, les paysans changent d’activité, les jeunes s’en vont vers les grandes villes ou s’exilent dans les pays voisins. No water, no job, disent nos voisins anglophones. Sans eau, pas d’emploi.

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Le charbon de bois, source d’énergie domestique à la portée de toutes les bourses. Tout le monde y trouve son compte : fabricants, consommateurs urbains et garde-forestier. Mais la forêt, la biodiversité, le climat ... et l’eau ?

Dans le département des Collines, comme si cela ne suffisait pas, à la précarité de l’eau s’ajoutent d’autres menaces, la coupe massive d’arbres pour la fabrication de charbon de bois, l’érosion prononcée des sols en raison du relief et des terrains dénudés, l’usage abusif d’intrants agricoles ou encore la mauvaise gestion des ordures ménagères.

Pour remédier aux pénuries d’eau, les pouvoirs publics se sont fixé un objectif : un forage pour 250 personnes. Dans la plupart des cas, ces forages sont de faible débit et l’eau y est fortement nitratée. On ne pourra pas faire l’économie de forages à grand débit. Mais il faut aussi mettre à contribution les eaux de pluie, les recueillir, les stocker, les traiter, plutôt que de les laisser s’évaporer ou grossir les rivières. Sans oublier de lutter contre toutes les formes de pollutions et de dresser des périmètres de protection autour des sources d’eau potables fiables.

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Jacinthes d’eau sur le fleuve Agbado à Savalou : royales sur les plans d’eau douce pendant l’étiage, elles semblent faire oublier leur impact nuisible sur la qualité de l’eau.

Reste cet autre fléau qu’est la jacinthe d’eau qui règne en impératrice sur la presque totalité des plans d’eau douce. Elle semble avoir été oubliée, mais de façon pernicieuse et certaine elle continue de dégrader la qualité des ressources en eau douce dont le traitement va donc coûter de plus en plus cher. Bref, on aura compris que dans ce département sis au cœur du Bénin l’avenir se conjugue avec une meilleure maîtrise de l’eau et qu’il n’y a pas d’autre alternative.

Texte et photos :
Bernard Capo-Chichi,
Porto-Novo, Bénin



Infos complémentaires

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Au Bénin, le département des Collines, d’une superficie d’un peu plus de 13’500 km2 pour quelque 600’000 habitants, jouit d’un climat de transition entre le climat subéquatorial de la côte et le climat tropical humide soudano-guinéen du Nord-Bénin.

Ce climat est caractérisé schématiquement par quatre saisons (deux pluvieuses et deux sèches). Ce rythme permet d’enregistrer une pluviométrie annuelle variant entre 900 et 1’200 mm d’eau. Les pluies de l’année entière tombent en l’espace de trois mois (juin, juillet, septembre).

Les ressources hydrauliques sont réparties dans les aquifères du socle cristallin où les nappes sont difficiles à exploiter. Les puits sont peu propices aux forages et ils atteignent le plus souvent des profondeurs supérieures à 40 mètres. La plupart tarissent en saison sèche. Le manque d’eau, on l’aura compris, est ce qui, mieux que toute autre chose, caractérise ce département des Collines.

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Lettres du Bénin
de Bernard Capo-Chichi

Mots-clés

Mot d’eau

  • Eau de dents

    "À Suse, qui est une capitale perse, il est une toute petite source qui fait perdre les dents à ceux qui s’y sont abreuvés. On y a pareillement gravé une épigramme qui exprime l’idée suivante : cette eau est excellente pour se laver, mais de la boire ébranle les dents jusque dans leurs racines et les fait tomber." (Vitruve, architecte romain, 1er s. av. J.-C.).

Glossaire

  • Hydrolienne

    Turbine hydraulique mise en mouvement par un courant d’eau fluvial ou marin (marée) permettant de transformer son énergie cinétique en énergie mécanique puis électrique par le biais d’un alternateur. Installée sous la surface de l’eau ou posée dans le lit d’un cours d’eau ou sur un fonds marin, l’hydrolienne offre un potentiel énergétique supérieur à celui d’une éolienne.


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