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octobre 2007.

La nature de l’eau

YANN OLIVAUX Des connaissances savamment organisées, un savoir (...)

YANN OLIVAUX
Des connaissances savamment organisées, un savoir innovant et documenté

Yann Olivaux a de la patience et de l’ambition. Il en fallait en tout cas une bonne dose pour mener à terme le pari qu’il s’était donné, il y a quelque temps déjà, de faire en quelque sorte l’inventaire des différentes problématiques de l’eau, « innombrables, quasi inépuisables, à l’image de la ressource elle-même ».

D’autres, avant lui, avec plus ou moins de bonheur et de force de conviction, ont déjà tenté de dresser le décor général des défis de l’eau et de sa gestion. Mais leurs écrits relèvent la plupart du temps d’une démarche encyclopédique.

Yann Olivaux propose quant à lui un renversement de perspective et s’efforce de faire passer l’eau « d’un statut d’objet à celui de sujet vivant ». L’eau est bien trop « complexe » pour qu’on puisse l’enfermer dans des modèles définitifs : en raison de sa nature même, elle est « étrangère à toute tentative de confinement », matériel, théorique, idéologique, voir spirituel.

L’auteur, dans sa méthode, se veut résolument interdisciplinaire, car l’eau invite constamment « à jeter des passerelles d’un domaine à l’autre », sans oublier que les savoirs acquis ne sont pas éternels, et que les certitudes du moment seront peut-être contredites demain. Ce qui fait de l’eau un sujet de dialogue (parfois de disputes) à la fois universel et sans cesse renouvelé, ce qui est aussi de la nature de la ressource.

Si les deux premières parties de l’ouvrage, à l’écriture dense, explorent des territoires plus ou moins connus, il n’en va pas de même à l’abord du chapitre consacré à la qualité des eaux alimentaires. La langue et les références s’y font plus pointues, scientifiquement parlant. Mais on aurait tort de ne pas s’y aventurer. Avec, à la clef, deux « découvertes ».

À commencer par le concept d’eau « biocompatible ». Une chose est de consommer une eau dont la potabilité réponde au plus près aux normes alimentaires légales, une autre de boire une eau dont la pureté préserve et entretient véritablement la santé. Etant entendu, à en croire les experts en bioélectronique, que « la consommation d’eaux pures conditionne un bon état de santé, car l’eau vaut davantage par ce qu’elle emporte que par ce qu’elle apporte ». Ce qui est une façon claire de poser notamment la question de l’impact sanitaire des eaux en bouteille fortement minéralisées.

En plus de la potabilité et de la pureté, Yann Olivaux développe (sur plus d’une centaine de pages pour lesquelles mieux vaut être équipé d’un bon bagage scientifique) un troisième critère de biocompatibilité de l’eau, à savoir la structure de l’eau. Entendez par là que les scientifiques ont aujourd’hui, comme dans d’autres domaines de la biotechnologie, les moyens de modifier la structure et les propriétés physiques et chimiques des molécules d’eau. Notre auteur a ainsi recensé quelque 180 procédés différents pour produire des eaux modifiées.

Avec quelles conséquences pour la santé ? La recherche, semble-t-il, n’en est encore qu’au stade des balbutiements. Il serait ainsi fort présomptueux et risqué d’avancer quelque réponse définitive, tant le champ d’investigation paraît complexe et controversé. N’empêche. De larges pistes s’ouvrent aujourd’hui à la réflexion. Ce n’est pas le moindre mérite de Yann Olivaux que de faire part de ces thèmes et de ces questions à un plus large public.

Bernard Weissbrodt


SOMMAIRE

  • L’eau et l’homme
    • Mythologies et symbolique de l’eau
    • L’hydrologie terrestre
    • L’eau, défi et enjeux planétaires
  • L’eau et la science
    • L’eau et les sciences
    • L’eau physico-chimique
    • L’eau biologique
  • L’eau et la santé
    • Quelle quantité et quand boire ?
    • Que boire ?
    • La qualité des eaux alimentaires


Infos complémentaires

Yann Olivaux,
« La nature de l’eau »

Editions Marco Pietteur
Embourg (Belgique)
Collection Résurgence
570 pages, ISBN 2-87434-038-3

Yann Olivaux, biophysicien de formation, est auteur et conférencier. Enseignant et formateur en biologie pendant une douzaine d’années, l’auteur explore, depuis, les différentes facettes des « mondes de l’eau » : scientifique, économique, écologique, sanitaire.

Mots-clés

Mot d’eau

  • L’eau de Lao-Tseu

    Parmi toutes les choses du monde, il n’en est point de plus molle et de plus faible que l’eau, et cependant, pour briser ce qui est dur et fort, rien ne peut l’emporter sur elle. Pour cela rien ne peut remplacer l’eau. Ce qui est faible triomphe de ce qui est fort ; ce qui est mou triomphe de ce qui est dur. Dans le monde il n’y a personne qui ne connaisse [cette vérité], mais personne ne peut la mettre en pratique. (Lao-Tseu, "Tao Te King", LXXVIII.)

Glossaire

  • Source « améliorée »

    Cette notion est utilisée par l’OMS pour désigner une installation d’approvisionnement en eau qui, de par la nature de sa construction, protège l’eau de façon satisfaisante de toute contamination extérieure, en particulier des matières fécales. Les sources améliorées incluent : l’eau courante sous canalisation alimentant le domicile, les forages ou puits tubulaires, les puits creusés protégés, les sources protégées et les citernes d’eau de pluie. L’eau en bouteille ne figure pas dans cette liste car la quantité d’eau ainsi fournie est limitée.


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