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9 octobre 2019.

Un parc solaire flottant testé dans les Alpes valaisannes

D’ici le début de l’hiver, le projet de démonstration du Lac des (...)

D’ici le début de l’hiver, le projet de démonstration du Lac des Toules, un bassin d’accumulation situé à 1809 mètres d’altitude sur le territoire de la commune de Bourg-Saint-Pierre et à une petite dizaine de kilomètres du Col du Grand-Saint-Bernard, sera mis en service par la société Romande Energie. Celle-ci entend se positionner comme pionnière mondiale dans le développement de parcs solaires flottants en milieu alpin. Elle a d’ailleurs déposé une demande de brevet relatif à la solution technique qu’elle propose.

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Hélitreuillage des premières structures flottantes sur le lac des Toules, le 8 octobre 2019 (© Romande Energie)

Après six années de tests sur une structure pilote de 60 m2, la phase actuelle du projet consiste à installer 35 structures flottantes en alliage d’aluminium et de polyéthylène, supportant chacune 40 panneaux solaires photovoltaïques, soit une surface totale de 2240 m2 pouvant produire quelque 800’000 kWh par an [1]. Un onduleur (convertisseur de courant continu en courant alternatif) et un transformateur seront installés sur la 36ème structure flottante.

Si ce test est techniquement et financièrement concluant, l’installation pourrait être ensuite agrandie d’ici deux à trois ans jusqu’à environ 1000 structures flottantes et 64’000 m2 de panneaux produisant chaque année 22 GWh (l’équivalent de la consommation de plus de 6’100 ménages) pour un investissement total d’une cinquantaine de millions de francs suisses.

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Assemblage des structures flottantes et des panneaux
photovoltaïques à proximité du lac (© Romande Energie)

À cette altitude, ce projet de parc solaire flottant constitue une première mondiale. Il fallait préalablement trouver des réponses à plusieurs contraintes du climat alpin, entre autres : les basses températures hivernales, la neige et la glace, les rafales de vent, mais aussi les variations de niveau du lac artificiel [2]. Toutefois ces défis ont aussi leurs côtés positifs : le froid accroît le rendement des installations, le rayonnement solaire est meilleur en montagne et la neige accroît la réflexion de la lumière. Au final, les experts estiment que les panneaux photovoltaïques bifaciaux peuvent produire jusqu’à 50 % d’énergie supplémentaire en altitude comparés aux installations de plaine. [3] (Informations Romande Énergie)

- En savoir plus sur le site www.solaireflottant-lestoules.ch
- Localiser le Lac des Toules sur openstreetmap.org




Notes

[1La puissance totale de cette installation de démonstration est estimée à 448 kWc (kilowatts-crête), c’est-à-dire la puissance maximale dans des conditions optimales de température (25°) et d’ensoleillement (1000 watts/m²).

[2Aperçu des conditions météorologiques sur le site des Toules :
- Variation du niveau du lac : entre 0 et 50 m
- Neige : jusqu’à 50 cm sur les panneaux avant évacuation
- Glace : jusqu’à 60 cm d’épaisseur sur le lac
- Températures : de -25°C à +30°C
- Vent : jusqu’à 120 km/h.

[3Les tests de production au Lac des Toules ont montré, selon Romande Energie, qu’il est possible de produire annuellement 1800 kWh/kWc par panneau bifacial (1400 par panneau standard) alors que la moyenne suisse est de 1150 kWh/kWc. La production devrait être quasi constante durant sept mois consécutifs et 40 % de la production annuelle seront réalisés en hiver. L’utilisation de panneaux à deux faces permettra d’évacuer la neige sans chauffage d’appoint.

Mots-clés

Glossaire

  • Aquaponie

    Mode de production alimentaire qui conjugue la culture de plantes (hors-sol) et celle d’animaux aquatiques (aquaculture) dans un système de recirculation. Cette méthode, économe en eau, utilise les déchets de poissons comme solution nutritive organique pour cultiver des légumes. L’aquaponie permet de produire des aliments riches en protéines. Elle peut être pratiquée dans de petites unités domestiques comme dans de grandes surfaces à but commercial, en eaux douces comme en eaux saumâtres (Source : FAO).

Mot d’eau

  • Entre la ressource et la source, comment dire l’eau avec justesse ?

    " Entre l’expérimentation du chimiste qui dit clairement la composition de l’eau mais en oublie l’usage, et l’expérience des usagers qui en vivent les troubles, les dangers et les surprises, y a-t-il une place pour une épreuve de soi et du monde qui dise l’eau au lieu de ne faire qu’en parler ? " (Jean-Philippe Pierron, "La Poétique de l’eau")


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