AccueilInfosAnnées précédentesAnnée 2014

8 juillet 2014.

Un modèle de gestion durable de l’eau : les canaux d’irrigation

Un projet de recherche, mené sous la direction de la Fondation (...)

Un projet de recherche, mené sous la direction de la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage, démontre les avantages des canaux d’irrigation pour la biodiversité et recommande le renforcement des systèmes d’entretien et de gestion.

Avec le réchauffement du climat, l’irrigation des terres agricoles par ruissellement prend de plus en plus d’importance. En Suisse, cela se vérifie dans les régions qui enregistrent peu de précipitations (500 à 700 mm/an) par comparaison avec les moyennes nationales, en particulier en Valais central, où la gestion des bisses fait partie d’un patrimoine plusieurs fois séculaire, et en Basse-Engadine, dans les Grisons, où certains auals ont été et sont encore en partie réactivés.

Le projet « Canaux d‘irrigation », mené dans le cadre du programme de recherche du Fonds national sur la gestion durable de l’eau (PNR 61), a étudié les effets des canaux à ciel ouvert et de l’irrigation sur la biodiversité des prairies, de la forêt et des espèces d’oiseaux. Par ailleurs, les organismes de gestion anciens et actuels des canaux d’irrigation et leur capacité d’adaptation ont été évalués sur la base d’études de cas.

JPEG - 60.1 ko
Surfaces irriguées et non irriguées
du côté d’Ausserberg, en Valais
(Photo : Karina Liechti)

Des résultats de ces recherches qui feront l’objet d’une publication ultérieure, on peut d’ores et déjà retenir quelques brefs enseignements :

- L’irrigation, en périodes normales, couvre tout juste les besoins en eau des prairies, mais elle ne parvient pas à compenser l’évaporation lors des périodes sèches ;

- Le remplacement de l’irrigation traditionnelle par ruissellement par des systèmes d’aspersion automatiques (sprinklers) n’a apparemment pas d’impact - à intensité et fréquence égales - sur le nombre d’espèces de plantes et de gastéropodes présentes dans les prairies de fauche. Mais cette pratique amène cependant une part plus importante de graminées, ce qui est moins intéressant pour les insectes et les oiseaux. Ce genre d’installation a pour autre conséquence d’homogénéiser les structures paysagères.

- L’arrosage par aspersion de prairies qui n’étaient pas irriguées auparavant entraîne une intensification de l’exploitation (fauche plus précoce, augmentation du nombre de coupes) et provoque le recul d’espèces d’oiseaux nichant dans les prairies, comme l’alouette des champs ou le tarier des prés.

- En forêt, l’irrigation passive (par infiltration) en provenance des canaux à ciel ouvert stimule la croissance et la vitalité des pins sylvestres sensibles à la sécheresse et améliore les propriétés des sols forestiers.

Mieux intégrer les différents acteurs

Menée par la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage (SL-FP), avec la participation des universités de Bâle et de Lausanne, de l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage, et de la Station ornithologique suisse, cette étude propose de renforcer les organismes de gestion des canaux d’irrigation (consortages notamment) et leurs modes d’entretien (travaux communautaires). Elle encourage une meilleure collaboration entre agriculteurs, autorités communales, offices du tourisme, organisations de protection de la nature, etc., ainsi qu’entre les gestionnaires de canaux d’irrigation appartenant à un même bassin versant.

L’étude suggère également que la mosaïque de petites parcelles de prairies –arrosées par ruissellement ou par aspersion, ou non irriguées - soit soutenue par le biais de contributions à la qualité paysagère. En revanche, la disparition de l’irrigation traditionnelle en tant qu’élément central du paysage signifierait aussi la perte d’un précieux bien culturel. (Source : SL-FP)




Mots-clés

Glossaire

  • Ablution

    Dans le vocabulaire des religions, l’ablution est un rite de purification du corps, par immersion totale ou par aspersion, pratiqué individuellement ou collectivement dans des situations particulières, notamment après un contact avec des choses jugées impures ou avant un acte religieux comme la prière. Fréquente dans le judaïsme et l’Islam, mais aussi dans le bouddhisme, l’hindouisme et le shintoïsme, l’ablution rituelle a pratiquement disparu de la liturgie chrétienne.

Mot d’eau

  • Longer les fleuves

    « J’aimais les chemins en bordure des fleuves. Aller avec le courant de leur eau et sentir leur respiration au gré de la marche. Les fleuves vivaient. Ils avaient fait les villes. Au cours des dizaines de milliers d’années, ils avaient usé les montagnes, transporté les terres, comblé les mers, puis fait pousser les arbres. Depuis le début des temps, les villes leur appartenaient, et sans doute ne cesseront-elles jamais de leur appartenir. » (Haruki Murakami, "La course au mouton sauvage", 1982)


Contact Lettre d'information