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19 mars 2020.

« Sur le Rhône »

Les navigations buissonnières
de Jean-Louis Michelot

Jean-Louis Michelot est géographe et naturaliste. Auteur d’une thèse de doctorat dédiée aux espaces naturels de la vallée du Rhône, il se spécialise ensuite dans la protection et la restauration des écosystèmes, et anime une association (L’Atelier des Confins) proposant une approche sensible de l’environnement dans laquelle se croisent démarches scientifiques, découvertes physiques, activités artistiques et autres.

Dans la clinique où il séjourne et s’apprête à vivre une longue convalescence, il a directement vue sur le Rhône. "Peu à peu, dit-il, de jour comme de nuit, je ressens une grande présence à mes côtés, qui me veille et me raconte mille histoires…". Des histoires vraies et des légendes, des réminiscences littéraires et des souvenirs personnels qu’il se met alors à raconter, se remémorant des explorations passées et s’inventant des balades à venir.

Il prend d’abord bien soin de dessiner le cadre dans lequel s’inscrira le récit de son voyage au fil de l’eau. Son propos - cela lui tient à cœur - s’articule autour des différentes visions que l’on peut avoir des espaces fluviaux. Perpendiculaire : "on vient sur la rive, puis on fait demi-tour". Transversale : "franchir le Rhône semble une formalité aujourd’hui, mais l’histoire nous rappelle qu’il n’y a là aucune évidence". Longitudinale : "un fleuve n’est pas un trait sur une carte. C’est un axe de vie, au sein d’un monde d’interactions". Verticale : "qu’y a-t-il sous la surface des eaux ?". Et temporelle : "le fleuve n’a pas toujours coulé sur son tracé actuel … de quoi seront faits les lendemains du Rhône ?".

Après quoi Jean-Louis Michelot se jette à l’eau, "au propre comme au figuré, pour faire corps avec le Rhône". Là où c’est possible, dès que le Rhône passe la frontière franco-suisse, c’est dans un canoë-kayak qu’il se laissera entraîner jusque vers la Méditerranée : "c’est un merveilleux véhicule pour coller au plus près du fleuve, en ressentir toutes les dimensions et en particulier sa continuité … mais c’est aussi le meilleur moyen d’en découvrir les discontinuités". Entre autres lorsqu’il lui faudra s’adonner à de laborieux portages pour franchir l’un ou l’autre des nombreux barrages aménagés sur le fleuve.

Nul doute pour Jean-Louis Michelot qu’il existe plusieurs Rhône : celui du glacier, "la source du Rhône se mérite, tous les Rhodaniens de l’aval devraient, au moins une fois dans leur vie, venir ici, remonter à leur source" ; celui du Bas-Valais, "celui qui a sa source au bois de Finges", (peut-être sa plus belle rive) ; et celui qui renaît à Genève "comme une résurgence gigantesque en plein jour" et s’en va jusqu’en Camargue, "un univers créé par le fleuve, et pourtant, pas fluvial pour deux sous".

Et au final ce constat que malgré toutes les transformations que l’homme a fait subir au Rhône depuis pas mal de temps déjà, ses forces sont encore à l’œuvre : "permanence des eaux courantes, lente descente des sédiments vers la mer, mouvance des berges, arrivées et départs des plantes et des bêtes. Ce n’est plus le fleuve d’il y a un siècle, mais c’est un fleuve tout de même, dans toute sa beauté."

Bernard Weissbrodt


Jean-Louis Michelot
Sur le Rhône
Navigations buissonnières et autres explorations sensibles

Éditions du Rouergue, Arles, 2020, 288 pages.

* Cet ouvrage existe aussi en formats numériques PDF et EPUB



Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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