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31 août 2018.

Sécheresse : l’armée a livré par hélico 1,3 million de litres d’eau aux alpages suisses

La pénurie d’eau qui durant l’été 2018 a gravement affecté les alpages (...)

La pénurie d’eau qui durant l’été 2018 a gravement affecté les alpages a contraint plusieurs cantons suisses à faire appel à l’armée pour effectuer des livraisons d’eau en altitude. Entre le 20 juillet et le 30 août, des hélicoptères ont ainsi acheminé en montagne 1343 tonnes d’eau, dont plus des deux tiers dans les cantons de Vaud et de Fribourg.

En période normale, les alpages sont approvisionnés par les eaux de fonte et de pluies récupérées dans des citernes souterraines ou des réservoirs alimentés par des sources. Le cas échéant, les alpagistes suppléent eux-mêmes aux pénuries ponctuelles avec leurs propres citernes mobiles. Mais si la sécheresse perdure, il arrive un moment où ils doivent faire appel aux pouvoirs publics, faute de quoi ils n’ont pas d’autre choix que de redescendre leurs troupeaux en plaine.

Les autorités déploient alors des dispositifs d’aide en cas de catastrophe et organisent des transports d’eau avec le concours d’entreprises privées. Lorsque cela se révèle insuffisant, comme cela s’est déjà produit en 2015 [1], les gouvernements cantonaux demandent l’intervention de l’armée qui peut mettre des hélicoptères Super Puma à leur disposition.

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Le 3 août, deux hélicoptères Super Puma ont acheminé plus de 20’000 litres d’eau jusque vers deux alpages
de la commune de Schänis (canton de St-Gall), situés à quelque 1500 m d’altitude. Le transport de l’eau
puisée dans le lac de Walenstadt s’est fait au moyen de "bambi buckets", sortes de sacs pouvant contenir
jusqu’à 2500 litres et utilisés surtout dans la lutte contre les incendies de forêts. (© VBS/DDPS, Comm D)

Sept cantons concernés

Cette année, sept cantons ont bénéficié de l’assistance militaire : Vaud, Fribourg, Berne, St-Gall, Appenzell Rhodes-Intérieures, Glaris et Lucerne. Quelque 540 rotations d’hélicoptères ont permis de livrer au total 1343 tonnes d’eau, dont plus des deux tiers pour les seuls cantons de Vaud (586) et de Fribourg (349).

Par ailleurs, l’armée a héliporté plus de 18 tonnes de matériel (pompes, bassins, tuyaux, etc.). Et des troupes d’intervention d’aide en cas de catastrophe ont également été engagées ici ou là pour monter et démonter les bassins d’eau, voire les faire fonctionner. Malgré tout, une partie des troupeaux de vaches laitières a dû être ramenée en plaine.

Dans leur bilan des opérations, les autorités vaudoises notent qu’aucun incident n’a été déploré et que le dispositif mis en place a été jugé positif par les différents partenaires engagés. On notera que si les cantons prennent à leur compte les transports terrestres, les coûts des prestations militaires sont à la charge de la Confédération via le budget ordinaire du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS).

Vu qu’à l’avenir ces épisodes caniculaires risquent de se multiplier, le gouvernement vaudois s’est par exemple engagé de son côté à subventionner la réalisation d’infrastructures d’adduction d’eau, l’objectif étant de créer des étangs ou des réservoirs de rétention d’eau, voire des raccordements à des réseaux d’eau existants. (Informations DDPS / Canton de Vaud)




Notes

[1Voir : L’armée suisse porteuse d’eau vers les alpages touchés par la canicule (article aqueduc.info du 17 juillet 2015).

Mots-clés

À paraître

Glossaire

  • Bédières et moulins

    Une bédière est un torrent d’eaux de fonte ou de pluie qui s’écoulent à la surface d’un glacier et qui au fil du temps finissent par creuser des moulins, sortes de gouffres qui eux-mêmes débouchent sur des réseaux de galeries à l’intérieur ou sous le glacier et jusqu’à sa partie frontale. C’est en quelque sorte un système hydrologique qui ressemble, à certains égards, à celui que l’on trouve dans des massifs karstiques où par érosion l’eau forme toutes sortes de cavités souterraines.

Mot d’eau

  • L’eau fugitive

    On entendait à peine au fond de la baignoire / Glisser l’eau fugitive, et d’instant en instant / Les robinets d’airain chanter en s’égouttant. (A. de Musset, Premières poésies, « Namouna », viii.)


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