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16 novembre 2004.

Les glaciers suisses fondent plus vite que prévu

En quinze ans, les glaciers suisses ont perdu un cinquième de leur (...)

En quinze ans, les glaciers suisses ont perdu un cinquième de leur surface. C’est le constat posé par le Département de géographie de l’Université de Zurich dans le nouvel inventaire des glaciers réalisé dans le cadre d’une étude financée par le Fonds national suisse de la recherche scientifique.

Entre 1973 et 1985, les glaciers suisses n’avaient rétréci que de un pour cent. Mais les recherches menées par Frank Paul montrent que de 1985 à 2000, ce chiffre a passé à 18%. Voire à 22% si l’on considère la globalité de l’arc alpin. Ce chiffre est d’autant plus surprenant que les estimations faites jusqu’en 2025 annonçaient un recul de 30%. On n’en est plus très loin, avec 20 ans d’avance !

L’étude zurichoise met en évidence le fait que les petits glaciers ont davantage souffert du réchauffement climatique que les grands. Bien qu’ils ne représentent que 18 % de la couverture glaciaire, leurs diminutions de surface correspondent à 44 % des pertes totales. Certains pensent même que la canicule de 2003 pourrait leur être fatale.

Il faut également se rendre compte que les glaciers non seulement rétrécissent, mais diminuent aussi d’épaisseur. Cet amincissement est important. De plus en plus de rochers affleurent à la surface des glaciers qui ont de plus en plus tendance à se séparer en plusieurs bras. C’est un signe qui ne trompe pas, disent les experts, qui s’attendent à une désintégration continue dans les années à venir.

Analyse via satellite

Pour ses recherches, Frank Paul a recouru pour la première fois à une évaluation fortement automatisée de données satellites (recueillies par Landsat) et à une combinaison des méthodes récentes de traitement numérique des images et de géo-informatique.

Jusqu’ici, la plupart des inventaires de glaciers se basaient sur des photographies aériennes à haute résolution spatiale (un mètre). Mais leur traitement exigeait de laborieuses corrections géométriques. Leur analyse manuelle, s’agissant de grandes surfaces, pouvait prendre plusieurs années.

Mais, depuis une vingtaine d’années, le système de détection Landsat Thematic Mapper (TM) effectue tous les 16 jours des relevés portant sur des bandes de terrain larges de 185 km avec une résolution spatiale de 30 mètres. Ce qui permet l’enregistrement de milliers de glaciers en même temps.

A noter aussi que le travail mené par Frank Paul a valeur d’étude pilote pour le programme international GLIMS (Global Land Ice Measurements from Space), lequel a pour ambition de dresser par satellite le premier inventaire mondial des glaciers de la planète. (bw)


- Université de Zurich, Département de géographie (en anglais)

- Pages "Opération Glaciers" (sur le site du département de Géographie de l’Université de Fribourg)




Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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