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mars 2010.

Le Programme national suisse de recherche sur la gestion durable de l’eau est opérationnel

En chantier dès 2008, le Programme national de recherche "Gestion (...)

En chantier dès 2008, le Programme national de recherche "Gestion durable de l’eau" (PNR 61) a officiellement démarré ses travaux. Les scientifiques qui participent aux seize projets retenus ont quatre ans devant eux pour mener à bien leurs études et pour proposer des réponses concrètes aux questions qui leur sont posées sur l’évolution des cycles hydrologiques naturels et sur la gestion des ressources en eau. Le Programme dispose pour cela d’un budget de 12 millions de francs suisses.

Gérer durablement les ressources en eau est un impératif prioritaire partout dans le monde. Tous les peuples en dépendent pour leur survie quotidienne comme pour toutes sortes d’activités. Mais, que ce soit en termes d’évolution climatique ou de changements socioéconomiques, la pression sur ces ressources se fait aujourd’hui de plus en plus forte, avec pour conséquences la mise en péril des écosystèmes aquatiques et l’émergence de concurrences toujours plus vives entre les divers usages de l’eau (eau potable, agriculture, production énergétique, loisirs, etc.)

La sécheresse de 2003, lit-on dans le ‘Portrait du Programme national de recherche PNR 61’ édité par le Fonds national suisse, a montré que dans ce pays aussi, “les différentes exigences face à l’eau peuvent s’affronter. Afin d’éviter des goulots d’étranglement et des conflits, de nouvelles stratégies basées sur un cycle de l’eau le plus naturel possible et sur une gestion durable de l’eau sont donc nécessaires”. Si la recherche hydrologique suisse dispose d’un grand potentiel, elle est toutefois confrontée aujourd’hui à toute une série de problèmes complexes.

Le PNR 61 a précisément pour ambition “d’élaborer des bases, méthodes et stratégies scientifiquement éprouvées, à même d’apporter des solutions aux défis à venir dans le domaine de l’exploitation des ressources en eau”. Il s’intéressera autant aux effets des changements climatiques et socioéconomiques sur les ressources hydrologiques qu’à la gestion des risques et aux conflits d’utilisation.

Une approche transdisciplinaire

Deux axes de recherche ont été définis. D’un côté. le système naturel, avec les changements du cycle et des régimes hydrologiques, de la qualité de l’eau et des écosystèmes aquatiques, en raison du réchauffement climatique, de modifications dans l’occupation du territoire ou d’activités humaines inappropriées. De l’autre, le système social, avec les changements survenus dans le domaine socioéconomique et les stratégies globales en matière de gestion durable de l’eau. Mais, vu que ces thématiques ne sont pas étanches et qu’elles interagissent entre elles, il est prévu que le PNR 61 favorise la recherche transdisciplinaire à travers une structure ad hoc d’encadrement et de coordination.

L’exemple de Crans-Montana-Sierre

L’un des projets du PNR 61 - piloté par une équipe regroupant des chercheurs des universités de Berne, Fribourg et Lausanne - concerne une dizaine de communes de la région de Sierre, en Valais, sur la rive droite du Rhône. Baptisé ‘Aqua Montana’, le projet devrait faire un état des lieux actuel et prévisionnel des ressources hydriques de ce territoire, identifier les forces et faiblesses de sa gestion actuelle de l’eau et fournir des propositions pour une organisation juridique et pratique de la gestion de l’eau et de sa distribution.

La région de Crans-Montana-Sierre est assez emblématique des régions arides de la chaîne des Alpes. Le changement climatique et les développements socio-économiques vont de toute évidence modifier l’offre et la consommation d’eau. Ce qui posera de nombreux défis, compte tenu des situations potentielles de conflits entre les usagers et leurs différents secteurs d’activités (agricoles, touristiques, sportifs, écologiques, et autres). Passer d’une gestion de l’eau basée d’abord sur l’offre et non plus sur la demande, comme c’était le cas jusqu’à présent, n’est pas une mince affaire. (bw)




Infos complémentaires

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:: L’agenda du Programme PNR 61

2007 : mandat du Conseil fédéral au Fonds national suisse

2008 : Mise au concours publique du PNR 61

2009 : Analyse et choix des projets (16 propositions retenues sur 70)

2010 : Début des travaux de recherche (jusqu’en 2013)

2014 : Clôture du PNR 61


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:: Quelques-unes des questions posées aux chercheurs

- Les glaciers reculent : restera-t-il assez d’eau pour la production d’énergie ?
- Faut-il s’attendre à une pénurie d’eau souterraine due au changement climatique ?
- À quels événements extrêmes, inondations et sécheresses, faut-il s’attendre ?
- L’eau potable en provenance des rivières est-elle encore suffisamment propre ?
- Comment l’agriculture peut-elle s’adapter à de nouvelles conditions générales ?
- Comment éviter les conflits d’intérêts et comment gérer ceux qui sont inévitables ?
- Comment planifier à long terme le renouvellement des infrastructures de distribution et de traitement de l’eau ?


:: Liens

- Le site web du Programme national de recherche PNR 61 : www.pnr61.ch
- Présentation détaillé du Programme, à télécharger sur le site du PNR 61

Mots-clés

À paraître

Glossaire

  • Débâcle

    Dislocation soudaine de la couverture de glace d’un cours d’eau dont les blocs sont alors emportés rapidement par le courant. Lorsqu’il s’agit de la rupture d’une barrière naturelle de glace formant une retenue d’eau, on parle alors de vidange brutale de lac glaciaire (connue sous l’acronyme anglais de GLOF, “Glacial lake outburst flood”). Dans les deux cas, ce phénomène peut entraîner de graves inondations, voire des catastrophes.

Mot d’eau

  • « Et tous ces gens
    dans l’eau ... »

    “Je pense toujours à cette rivière quelque part, avec cette eau qui coule vraiment vite. Et tous ces gens dans l’eau, qui essaient de se raccrocher les uns aux autres, qui s’accrochent aussi fort qu’ils peuvent, mais à la fin c’est trop difficile. Le courant est trop puissant. Ils doivent lâcher prise, se laisser emporter chacun de son côté. Je pense que c’est ce qui nous arrive, à nous.” (Kazuo Ishiguro, "Auprès de moi toujours", 2005)


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