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13 novembre 2020.

« La voix des eaux »

Un livre qui emmène ses lecteurs
des Alpes au Léman

Claude Bernhard est géochimiste de formation, attirée par le monde minéral sous toutes ses formes et spécialisée dans la datation des eaux souterraines, mais également écrivaine et photographe, passionnée de céramique, de sculpture et de gravure : voilà qui explique son approche, on dira pluridisciplinaire, de l’eau, à la fois élément primordial et ressource vitale, plaisir des yeux et source de bien-être, utile et capricieuse, charmeuse et rebelle.

À lire le sous-titre, « Des Alpes au Léman », on se dit que l’ouvrage nous transportera du glacier du Rhône jusqu’à son embouchure lacustre, traversant le Valais de part en part. Ce n’est pas le cas. Claude Bernhard propose un kaléidoscope de paysages séduisants, parfois troublants, ou plutôt, pour faire écho à son titre, à une riche polyphonie de résonances aquatiques. Où l’harmonie des images (le livre en contient plus de 250) s’accompagne d’un texte aux tonalités didactiques.

La photographe scrute le ciel en quête de ces nuages qui, pour celui qui vit loin des océans, marquent le début du cycle de l’eau. Elle pénètre dans les glaciers pour nous faire comprendre que c’est un univers nullement figé et s’enfonce dans les grottes pour nous montrer comment chaque goutte d’eau œuvre à la création de leurs spectaculaires géométries calcaires. Elle traque sources d’eau chaude et gorges profondes, lacs alpins lumineux et biotopes enchanteurs.

Mais, au milieu de cette vertigineuse nature, elle n’oublie pas « le lien intime qu’a tissé l’humain avec son environnement et son rapport à l’eau ». Les fontaines et les bisses témoignent des batailles menées au fil des siècles pour s’approvisionner en eau domestique ou irriguer pâturages et cultures. Les barrages garants d’une énergie renouvelable sont plus que jamais au cœur de l’actualité, et les bains thermaux ont retrouvé une seconde jeunesse. Avec, au revers de la médaille, des pollutions en tous genres, domestiques, agricoles, industrielles. Sans oublier les impacts des changements climatiques.

De par sa position de pays d’amont, le Valais a donc une responsabilité particulière sur la qualité des eaux du Rhône : « il est le reflet des engagements qui doivent être entrepris, tant au niveau local que global. Chaque geste compte. ». Comme dit le poète mexicain Octavio Paz cité à la fin du livre : « L’eau parle sans cesse et jamais ne se répète ». (bw)

Claude Bernhard
La voix des eaux
Des Alpes au Léman
Éditions Slatkine, Genève, 2020, format 30x24 cm, 192 p.
Bilingue français-anglais.



Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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