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5 avril 2019.

La FAO veut doter le Sahel d’un million de nouvelles citernes

Promouvoir et faciliter l’installation de systèmes simples et (...)

Promouvoir et faciliter l’installation de systèmes simples et économiques de collecte et de stockage d’eau de pluie pour les communautés les plus vulnérables dans six pays de l’Ouest de l’Afrique : c’est l’ambition du programme « 1 million de citernes pour le Sahel » lancé pour une durée de trois ans par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Il s’agit concrètement de permettre à ces populations d’avoir accès plus facilement à de l’eau potable et de disposer de suffisamment d’eau pour la production agricole et l’amélioration de leur sécurité alimentaire. [1]

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Au Sénégal, quelque 10’000 femmes ont été identifiées comme des personnes vulnérables. Elles ont obtenu
leurs droits fonciers pour la première fois et pourront, comme ici Mboya Ka à Douli, bénéficier d’une citerne
pour recueillir et stocker de l’eau de pluie (© FAO/Benedicte Kurzen/NOOR) - Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Cette initiative s’inspire d’un programme assez similaire que l’actuel directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, avait personnellement initié au Brésil lorsqu’il était ministre du développement social et du Combat contre la faim. C’est que les populations sahéliennes, les petites communautés paysannes en particulier, ne sont pas à l’abri des aléas climatiques. Dans ce contexte, l’irrigation à petite échelle et, de manière plus générale, la gestion de l’eau agricole sont aujourd’hui des questions vitales.

La solution soutenue par la FAO consiste dans la construction de citernes familiales, d’une quinzaine de mètres cubes, permettant de collecter et de stocker de l’eau pendant la saison des pluies pour couvrir les besoins en eau potable des ménages pendant toute la saison sèche et pour le micro-jardinage. Le projet prévoit également l’installation de citernes communautaires de quelque 50 m3 pour l’amélioration de la production agricole en périodes sèches.

Le programme de la FAO se veut résolument social et vise en priorité les populations qui ont le plus besoin de protection avec une attention toute particulière à la situation des femmes. En étant formées à la construction, à l’utilisation et à la maintenance des citernes, et en participant à leur mise en place par le biais d’activités « argent contre travail », les communautés pourront acquérir de nouvelles compétences pour améliorer notamment leurs revenus et leurs conditions de logement. Elles bénéficieront d’intrants agricoles adaptés aux conditions locales et seront aussi initiées aux bonnes pratiques en matière de gestion de l’eau et d’adaptation aux changements climatiques.

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Travaux dans la pépinière créée dans le village sénégalais de Mboula pour constituer une réserve naturelle communautaire dans le cadre de l’Initiative Grande Muraille Verte pour le Sahara et le Sahel
(© FAO/Benedicte Kurzen/NOOR) - Cliquer sur l’image pour l’agrandir

"Nous travaillons avec des partenaires, explique dans une vidéo de l’organisation Mme Coumba Sow, coordinatrice œuvrant au sein de la FAO pour la résilience en Afrique de l’Ouest : avec des partenaires nationaux comme des ONG locales très proches de la population et qui peuvent nous aider à faire le relais pour la construction des citernes, pour en prendre soin et pour être formés dans la production agricole (…) Mais la FAO n’a pas vocation à construire un million de citernes, l’engagement fort des gouvernements est important."

C’est déjà le cas depuis l’an passé avec des projets-pilotes lancés au Sénégal et au Niger et la construction d’une vingtaine de citernes familiales et d’une dizaine de citernes communautaires pour un total de plus de 850 bénéficiaires. Au cours des trois prochaines années, le programme de la FAO devrait toucher quelque 10’000 femmes de plus au Sénégal, 5’000 au Niger et 5’000 au Burkina Faso. Il est prévu d’y intégrer également trois autres pays : le Tchad, la Gambie et le Cap Vert. (Source : Informations FAO)



Notes

[1Télécharger le document de présentation (PDF, 2 pages) de ce Programme
sur le site de la FAO.

Mots-clés

Glossaire

  • Débit résiduel

    Volume d’écoulement qui subsiste après un prélèvement dans un cours d’eau (par exemple pour des besoins d’irrigation ou de production d’énergie). Maintenir un minimum de débit et de profondeur d’eau en aval d’une installation est absolument indispensable pour préserver la qualité de l’eau, assurer la recharge des nappes souterraines, protéger la faune et la flore et offrir des possibilités de loisirs. En Suisse, le débit résiduel minimal à garantir dans les cours d’eau à débit permanents est défini par la législation fédérale.

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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