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17 mai 2018.

L’eau douce d’Aquatis

Inauguré en octobre 2017, l’aquarium-vivarium Aquatis de Lausanne (...)

Inauguré en octobre 2017, l’aquarium-vivarium Aquatis de Lausanne est dédié à l’univers de l’eau douce. La vie des quelque 350 espèces de poissons, de la centaine d’espèces de reptiles et des 400 espèces de plantes qu’il abrite dépend d’abord de la bonne gestion des 2500 mètres cubes d’eau (2,5 millions de litres) que contiennent ses bassins (il y en a une quarantaine, de différentes capacités, mais le grand bassin fait à lui seul 900 mètres cubes).

Mais il y a eau douce et eau douce. Elle n’est pas la même en effet sur tous les continents et maîtriser la qualité de l’eau d’Aquatis signifie que ses gestionnaires doivent fournir à chaque espèce animale et végétale la qualité d’eau dont elle a besoin. À chacune sa biozone. D’un aquarium à un autre, on aura donc par exemple des eaux de températures différentes, de degrés d’acidités variables ou de teneurs plus ou moins riches en minéraux. On mesure d’emblée la complexité de la tâche.

Dans l’espace Aquatis, chaque aquarium, géré de façon indépendante, reçoit de l’eau filtrée par des processus mécaniques (qui retiennent et évacuent les particules présentes dans l’eau) et biologiques (qui transforment les déchets toxiques en composants inoffensifs par le biais de supports bactériens comme les billes d’argile).

Ces processus de filtration ainsi que l’évaporation des bassins imposent de renouveler l’eau du circuit à raison de 50 à 60 mètres cubes par jour. L’ensemble de l’installation, qui assure la circulation de l’eau et qui pour cela comporte quelque 180 pompes et 520 vannes, est alimenté par l’eau du réseau lausannois, dont le très faible taux de chlore ne pose pas problème. Mais aussi par une petite quantité d’eau de pluie filtrée par osmose inverse.

À travers la mise en scène spectaculaire de ces écosystèmes, le message essentiel que Aquatis veut faire passer à ses visiteurs, c’est que les espèces qui vivent dans l’eau douce sont aujourd’hui en danger, peut-être même plus que celles qui vivent dans les mers et les océans, voire dans les écosystèmes terrestres.

"Nous avons encore quelques grandes lacunes dans nos connaissances, mais sur les 5685 espèces de poissons enregistrées sur les listes de l’UICN qui ont été évalués, 36 pour cent d’entre elles sont gravement menacées d’extinction (…) Malheureusement, cela ne va pas s’améliorer : les besoins humains en eau douce, en électricité et en nourriture ne cessent de croître et pour acquérir ces ressources ce sont des environnements d’eau douce que nous exploitons." (William Darwall, directeur de l’Unité Eau douce et Biodiversité, Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), à la conférence annuelle de la Société de pêche des Îles britanniques, Université de Bournemouth, 2011).

- Photos aqueduc.info et informations recueillies
lors d’une visite à Aquatis, mai 2018)



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Glossaire

  • Débâcle

    Dislocation soudaine de la couverture de glace d’un cours d’eau dont les blocs sont alors emportés rapidement par le courant. Lorsqu’il s’agit de la rupture d’une barrière naturelle de glace formant une retenue d’eau, on parle alors de vidange brutale de lac glaciaire (connue sous l’acronyme anglais de GLOF, “Glacial lake outburst flood”). Dans les deux cas, ce phénomène peut entraîner de graves inondations, voire des catastrophes.

Mot d’eau

  • « Et tous ces gens
    dans l’eau ... »

    “Je pense toujours à cette rivière quelque part, avec cette eau qui coule vraiment vite. Et tous ces gens dans l’eau, qui essaient de se raccrocher les uns aux autres, qui s’accrochent aussi fort qu’ils peuvent, mais à la fin c’est trop difficile. Le courant est trop puissant. Ils doivent lâcher prise, se laisser emporter chacun de son côté. Je pense que c’est ce qui nous arrive, à nous.” (Kazuo Ishiguro, "Auprès de moi toujours", 2005)


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