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8 novembre 2004.

L’Arctique se réchauffe plus vite que prévu

Selon la plus vaste étude jamais réalisée sur ce sujet, l’Arctique (...)

Selon la plus vaste étude jamais réalisée sur ce sujet, l’Arctique se réchaufferait deux fois plus vite que le reste de la planète. Et cette tendance devrait s’accélérer à un point tel que sa calotte glaciaire pourrait avoir complètement disparu, en période estivale, d’ici la fin du siècle.

On connaissait déjà les scénarios du Groupe international d’experts sur le climat qui tablent sur une augmentation de température allant de 1,4 à 5,8° degrés centigrades entre 1990 et 2100 pour l’ensemble du globe. Les quelque 300 auteurs de l’Étude internationale sur l’impact des changements climatiques dans l’Arctique (Arctic Climate Impact Assessment, ACIA) qui vient d’être publiée au terme de quatre ans de recherches tirent à leur tour la sonnette d’alarme. Et comme il faudra plusieurs décennies voire des siècles pour inverser la tendance actuelle, certains dommages sont d’ores et déjà prévisibles et, hélas, quasi inévitables.

Selon cette étude, le climat se radoucit au pôle Nord à un rythme presque deux fois plus rapide que dans le reste du monde. En un siècle, les températures de l’Arctique pourraient en effet gagner 4 à 7° C. La glace du pôle Nord pourrait ainsi presque entièrement disparaître en période estivale d’ici 2100. À ce rythme, la calotte glaciaire du Groenland devrait complètement disparaître d’ici un millier d’années, ce qui entraînerait une hausse du niveau global des océans de sept mètres.

Les experts estiment que ce processus de réchauffement ne peut que s’accélérer, ce qui aurait des conséquences graves non seulement pour les ours polaires, les phoques, les caribous et les troupeaux de rennes, mais aussi pour des populations qui comme les Esquimaux ont une alimentation basée sur ces animaux. Certaines espèces menacées d’oiseaux migrateurs devraient également perdre plus de la moitié de leur zone de reproduction.

Les gaz à effet de serre, en fragilisant la couche d’ozone, risquent également d’augmenter le niveau de rayons ultraviolets dans la région. Les jeunes vivant aujourd’hui en Arctique recevront au cours de leur vie une dose d’UV supérieure d’environ 30% à celle que recevaient les générations précédentes, autrement dit des risques de cancers accrus. De quoi perturber également les écosystèmes, le processus photosynthétique des plantes et le développement des jeunes poissons et amphibiens.

Quelques conséquences positives sont évoquées : certaines pêcheries arctiques pourraient par exemple gagner en productivité. La diminution des surfaces marines prises par les glaces permettra à terme d’ouvrir un transit nord pour le trafic maritime entre le Pacifique et l’Atlantique, plus rapide que le passage par le canal de Suez. De quoi réjouir les producteurs de pétrole car la zone arctique recèlerait un quart des ressources planétaires d’hydrocarbures.


Source : Arctic Climate Impact Assessment, ACIA (en anglais)




Infos complémentaires

Quand les changements climatiques ont des répercussions sur la langue inuit...

Le vocabulaire des Inuits est à l’épreuve du changement climatique, écrit Florencio Artigot dans "Le Temps" du 9 décembre 2004 : « Comme la hausse des températures dans le Grand Nord a provoqué une migration d’espèces originaires de contrées plus au sud, le vocabulaire des Inuits peine à s’adapter. Aujourd’hui, les zones polaires commencent à héberger des guêpes et des effraies. Or, les mots n’existent pas encore pour de telles variétés. »

Les Inuits, qui soit dit en passant ont recours à une trentaine de mots différents pour désigner la neige, ont certes « toutes les capacités d’inventer un vocabulaire qui pourra décrire cette migration liée au changement climatique ». Mais, selon un spécialiste danois, Franz Sejersen, cité par "Courrier International", le problème, « c’est qu’ils ignorent quelle influence les nouvelles espèces auront sur l’écosystème arctique, la chasse et la pêche. La présence de ces nouveaux venus laisse présager des bouleversements imprévisibles sur un système dont sont profondément tributaires les êtres humains et les animaux. »

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Glossaire

  • Crue, inondation

    La crue est un phénomène caractérisé par la montée plus ou moins forte du niveau d’un cours d’eau et par une nette augmentation de son débit. Elle ne se traduit pas forcément par un débordement de son lit habituel. On parle d’inondation lorsqu’une crue entraîne la submersion par un cours d’eau de son espace d’expansion naturelle (lit majeur) ou aménagé dans ce but, mais aussi des terres cultivées et des zones habitées, mettant alors en danger les riverains et pouvant causer d’importants dommages à leurs biens.

Mot d’eau

  • “Quel épouvantable désastre !”

    “Près de deux mille maisons écroulées ; sept cents morts ; tous les ponts emportés ; un quartier rasé, noyé sous la boue ; des drames atroces ; vingt mille misérables demi-nus et crevant la faim ; la ville empestée par les cadavres, terrifiée par la crainte du typhus ; le deuil partout, les rues pleines de convois funèbres, les aumônes impuissantes à panser les plaies. Mais je marchais sans rien voir, au milieu de ces ruines. J’avais mes ruines, j’avais mes morts, qui m’écrasaient.” (Émile Zola, "L’inondation", 1883.)


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