En Afrique australe, indique la FAO, deux saisons consécutives de sécheresse – 2016 aura été la pire depuis 35 ans - ont particulièrement touché les familles vulnérables en zones rurales. Le dernier phénomène El Niño, l’un des plus puissants jamais enregistrés par les spécialistes du climat, avec son alternance de sécheresses et de déluges, a dévasté les récoltes, épuisé les réserves et entraîné une hausse des prix des produits alimentaires de base. Tous les pays de la région, y compris Madagascar, sont concernés. Et le pire est encore peut-être à venir au printemps 2017 au moment crucial de la soudure.
Près de 23 millions de personnes ont besoin d’une aide urgente pour produire suffisamment de nourriture afin de se nourrir et d’éviter d’être dépendants de l’aide humanitaire durant les deux années à venir. Au siège de la FAO, on rappelle que "le principal moyen pour les populations de se procurer de la nourriture est de la produire elles-mêmes" et qu’il est absolument urgent et nécessaire d’aider les agriculteurs pour qu’ils soient prêts à planter d’ici au mois d’octobre lorsque reviendra la pluie. À plus long terme, il s’agit aussi de faire en sorte qu’ils puissent produire des semences et du fourrage résistants à la sécheresse, développer une agriculture de conservation et ainsi renforcer la résilience face aux futurs chocs climatiques.
Il faudra aussi faire face aux effets inverses de La Niña qui devraient se faire sentir dans les prochains mois. Elle pourrait apporter des pluies favorables à l’agriculture, mais la FAO préconise des mesures pour diminuer les risques d’inondations qui pourraient détruire les cultures sur pied et menacer le bétail. Cela implique entre autres de consolider les rives des cours d’eau et de construire de petits barrages pour empêcher la propagation des crues soudaines.
Inondations catastrophiques au Soudan
Depuis la mi-juillet, des pluies torrentielles ont entraîné des inondations qui ont déjà fait des dizaines de victimes, détruit des milliers d’habitations et contraint leurs habitants à fuir les contrées dévastées. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), les régions les plus touchées sont le Kassala, le Sannar, le Kordofan du Sud, le Kordofan de l’Ouest et le Darfour du Nord. Des témoignages font état de villageois errant dans les rues, de l’eau jusqu’aux hanches, en quête de nourriture, d’eau potable et de médicaments, et d’enfants buvant de l’eau de pluie dans des flaques boueuses.
L’appel d’urgence de Caritas Suisse pour l’Éthiopie
Caritas Suisse, à l’instar d’autres organisations de la société civile de par le monde, a de son côté décidé d’accroître son aide d’urgence en Éthiopie. Le gouvernement éthiopien a certes dégagé des montants importants pour l’importation de denrées alimentaires mais cela s’avère largement insuffisant.
Depuis le début de la sécheresse l’automne dernier, l’œuvre d’entraide suisse distribue aux écoliers dénutris des compléments alimentaires, et aux paysans comme aux pasteurs les semences et le fourrage dont ils ont un urgent besoin ; elle s’efforce d’améliorer l’approvisionnement en eau potable en fournissant des produits de traitement de l’eau, en restaurant les systèmes d’eau endommagés et en informant les populations quant aux meilleurs comportements en matière d’hygiène.
Risques d’épidémies
L’UNICEF elle aussi tire la sonnette d’alarme et insiste sur le fait que, dans de nombreux pays, El Niño a entravé l’accès à une eau salubre et favorisé la propagation de maladies comme la fièvre dengue, la diarrhée et le choléra, parmi les maladies les plus meurtrières pour les enfants. L’organisation se dit également préoccupée par la multiplication des cas de transmission du sida : le manque de nourriture a un effet négatif sur l’usage des thérapies antirétrovirales car de nombreux malades préfèrent utiliser leurs ressources limitées pour se nourrir plutôt que pour se rendre à un dispensaire.
(Sources : FAO, OCHA, UNICEF, Caritas Suisse)