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16 novembre 2016.

Eau et énergie vont de pair, plus que jamais

Les besoins en eau pour l’énergie ne cessent d’augmenter, mais aussi (...)

Les besoins en eau pour l’énergie ne cessent d’augmenter, mais aussi les besoins en énergie pour l’eau. Cela signifie que les interdépendances entre l’énergie et l’eau devraient elles aussi se renforcer au fil des ans et qu’il est donc impératif de les gérer le mieux possible si l’on veut faire face aux différents défis en matière de développement économique et d’adaptation aux changements climatiques.

Dans l’édition 2016 du rapport World Energy Outlook qu’elle consacre chaque année aux perspectives énergétiques mondiales à l’horizon 2040, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) réserve une place spéciale aux interactions entre l’eau et l’énergie et met en évidence les points de tension qui affectent les rapports entre ces deux secteurs.

Sans eau, pas d’énergie

400 milliards de mètres cubes : c’est la quantité d’eau, estimée par les experts de l’AIE, utilisée chaque année dans le monde pour produire de l’énergie. Au total, le secteur de l’énergie utilise 10% de tous les prélèvements d’eau. Non seulement pour faire tourner les turbines des centrales hydroélectriques, mais aussi pour extraire des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), produire des hydrocarbures, assurer le refroidissement des usines thermiques et des centrales nucléaires, fabriquer des cellules photovoltaïques, sans oublier les 2% de l’eau du secteur agricole qui servent à irriguer les cultures de biocarburants.

Ces besoins en ressources hydriques vont continuer d’augmenter, et une part de plus en plus grande de ces prélèvements ne sera pas reversée dans le milieu naturel mais sera effectivement consommée. Le rapport de l’AIE note par exemple que certaines technologies de pointe dans le secteur de l’électricité prélèvent moins d’eau mais en consomment davantage, et que la construction de nouvelles centrales nucléaires se traduira par une augmentation à la fois du niveau de prélèvement et de consommation d’eau.

Sans énergie, pas d’eau

Dans le sens inverse de l’équation énergie-eau, le rapport de l’AIE avance pour la première fois des estimations quant à la quantité d’énergie utilisée pour l’approvisionnement en eau des usagers. En 2014, 4 % environ de la consommation mondiale d’électricité a été utilisée pour extraire, distribuer et traiter l’eau et les eaux usées. À quoi il faut ajouter 50 millions de tonnes d’équivalent pétrole (quelque 580 milliards de kWh) d’énergie thermique, principalement du diesel consommé par des pompes d’irrigation, et du gaz dans les installations de dessalement d’eau de mer. D’ici 2040, la quantité d’énergie utilisée pour l’eau va probablement plus que doubler du fait de l’augmentation des capacités de dessalement de par le monde et de la demande énergétique pour le traitement des eaux usées, en particulier dans les économies émergentes.

Si l’on veut relever efficacement les défis actuels et futurs en matière de développement économique et d’adaptation aux changements climatiques, la bonne gestion des liens entre l’énergie et l’eau est quelque chose d’absolument fondamental, souligne l’AIE. Cela suppose par exemple de prendre en compte plus particulièrement deux des nouveaux Objectifs de développement durable des Nations Unies, celui sur l’eau propre et l’assainissement (Objectif 6) et celui sur l’énergie propre et d’un coût abordable (Objectif 7). Mais aussi de saisir les opportunités viables et durables d’économies d’énergie et d’eau et de les mettre en œuvre d’une façon intégrée pour atténuer les tensions qui ne manqueront pas de surgir entre les deux systèmes compte tenu des impacts des changements climatiques. (Source : AIE)

- International Energy Agency, World Energy Outlook 2016.
Résumé en français disponible sur le site de l’AIE




Mots-clés

Mot d’eau

  • Eurêka !

    Comment mieux exprimer l’ivresse dont la raison, heureuse, fait flotter dans l’eau et l’intuition, bienheureuse, léviter dans l’air ? Archimède sentit le mouvement et se leva de l’émotion de ces deux éléments, comme s’il entendait le murmure des ondes et la vibration du vent. Et j’entends eurêka comme ce triple écho et du corps et de l’air et de l’eau. (Michel Serres [décédé le 1er juin 2019], "Biogée", 2010)

Glossaire

  • Karst

    Ce mot, dérivé du nom d’un haut-plateau des Balkans, s’applique à un relief ou à un massif dont les roches calcaires ont été fortement érodées par l’eau, en surface (dolines, emposieux, lapiaz, etc.) et en profondeur (cavernes, grottes, gouffres, etc.), ce qui se traduit aussi au fil des infiltrations en sous-sol par des structures très complexes de circulation d’eau et de résurgences. Ces formes géologiques portent ici et là différents noms, telles les "causses" dans le Massif central français.


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