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23 mars 2017.

Distinctions pour une rivière renaturée et une centrale au fil de l’eau rénovée

Parmi les huit "réalisations durables et porteuses d’avenir" (...)

Parmi les huit "réalisations durables et porteuses d’avenir" primées le 22 mars 2017 par la Société suisse des ingénieurs et des architectes figurent deux projets liés à l’eau récompensés pour la qualité de leurs aménagements paysagers : la renaturation de la rivière genevoise L’Aire et la rénovation de la centrale hydraulique de Hagneck dans le canton de Berne.

Tous les quatre ans depuis 2007, la Société suisse des ingénieurs et des architectes (SIA) décerne ses distinctions « Umsicht - Regards - Sguardi » à des projets développés par des équipes interdisciplinaires et répondant à des critères de durabilité environnementale, de pertinence sociale et d’efficience économique.

Pour cette quatrième volée de récompenses millésimée 2017, le jury s’est surtout intéressé à des réalisations se distinguant par leur contribution exceptionnelle à l’aménagement durable du cadre de vie en Suisse. Six des 79 dossiers soumis au concours ont été récompensés par une distinction, deux par une mention. Deux des projets ayant obtenu une distinction sont directement liés au domaine de l’eau, l’un à une renaturation de rivière l’autre à la rénovation d’une installation hydraulique.

- Voir les pages « Umsicht - Regards - Sguardi » sur le site de la SIA

La revitalisation de l’Aire (canton de Genève)

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"Le projet de renaturation de l’Aire est l’ossature d’une réorganisation territoriale
et paysagère de toute la plaine de l’Aire"
(photo © Superpositions / Fabio Chironi).

La renaturation de l’Aire, rivière qui prend sa source au pied du Salève, en Haute-Savoie (France), et se jette dans l’Arve en ville de Genève, est l’un des projets-phares du programme cantonal genevois de revalorisation des cours d’eau. Ce projet, commencé en 2002 et réparti sur 4 étapes dont 3 ont déjà été menées à terme, porte sur la réorganisation territoriale et paysagère de la rivière sur plus de quatre kilomètres. Il s’agit aussi de protéger cette plaine contre les inondations et de mieux intégrer ses différentes fonctions environnementales (biodiversité), économiques (production agricole) et sociales (espace de loisirs).

Le jury des distinctions « Regards » a estimé que ce projet "équilibre avec brio les réponses aux besoins du monde agricole et des usagers citadins. Le parti adopté confère au paysage renaturé un caractère architectural affirmé, tout en préservant les fonctions essentielles d’un écosystème artificiellement recréé, selon une approche jusqu’ici inédite tant au niveau national que sur le plan international." En 2012, ce projet avait déjà été récompensé par le Prix Schulthess des jardins de Patrimoine suisse.

Il est vrai que sur le terrain, cette reconfiguration paysagère frappe d’emblée par deux options prises par le collectif d’ingénieurs, de biologistes, d’architectes et autres experts qui l’ont imaginée ensemble : d’une part garder la mémoire de l’ancien canal en le transformant de manière à ce que chacun puisse comparer l’avant et l’après de la renaturation, et d’autre part faire en sorte que la nouvelle rivière, grâce à un aménagement provisoire original, décide elle-même en parallèle de son nouveau tracé.

- Voir sur youtube la présentation du projet de renaturation de l’Aire
- Zoom sur la renaturation de l’Aire, sur le site du Canton de Genève
- Voir le site superpositions.ch, des architectes-paysagistes de l’Atelier Descombes Rampini (Genève)

La rénovation de la centrale hydroélectrique
de Hagneck (canton de Berne)

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Le paysage alluvial exceptionnel qui caractérise les environs de la centrale
est classé zone de protection d’importance nationale.

(photo : Société Centrales électriques du lac de Bienne SA)

Le canal de Hagneck qui détourne les eaux de l’Aar venues des Alpes bernoises vers le lac de Bienne s’inscrit dans le vaste projet historique de la seconde moitié du 19e siècle visant à la correction des eaux du Jura. Plus tard, dans les années 1890, une centrale hydroélectrique fut installée à l’embouchure du canal dans le lac. En 2015 elle a été remplacée par une nouvelle centrale davantage performante, conçue également pour protéger contre les crues et pour satisfaire à des impératifs écologiques comme la migration du poisson ou le développement d’une forêt alluviale.

Pour le jury des distinctions SIA, cette rénovation a valeur de modèle pour la politique énergétique suisse : c’est "un exemple-clé en vue des nombreux renouvellements que les équipements de production d’énergie nécessiteront dans les années qui viennent. L’ensemble patrimonial de valeur que forment la substance historique et les nouvelles constructions est remarquable par l’alliance créative inédite d’éléments de l’histoire industrielle avec les techniques de production les plus récentes, ainsi que par leur parfaite insertion environnementale et paysagère."

Le paysage des infrastructures énergétiques du canal de Hagneck a également été désigné "Paysage de l’année 2017 par la Fondation suisse pour la protection et l`aménagement du paysage.

- En savoir plus sur le site officiel de la
société Centrales électriques du lac de Bienne SA

(avec une brève vidéo de présentation).




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Glossaire

  • Crue, inondation

    La crue est un phénomène caractérisé par la montée plus ou moins forte du niveau d’un cours d’eau et par une nette augmentation de son débit. Elle ne se traduit pas forcément par un débordement de son lit habituel. On parle d’inondation lorsqu’une crue entraîne la submersion par un cours d’eau de son espace d’expansion naturelle (lit majeur) ou aménagé dans ce but, mais aussi des terres cultivées et des zones habitées, mettant alors en danger les riverains et pouvant causer d’importants dommages à leurs biens.

Mot d’eau

  • “Quel épouvantable désastre !”

    “Près de deux mille maisons écroulées ; sept cents morts ; tous les ponts emportés ; un quartier rasé, noyé sous la boue ; des drames atroces ; vingt mille misérables demi-nus et crevant la faim ; la ville empestée par les cadavres, terrifiée par la crainte du typhus ; le deuil partout, les rues pleines de convois funèbres, les aumônes impuissantes à panser les plaies. Mais je marchais sans rien voir, au milieu de ces ruines. J’avais mes ruines, j’avais mes morts, qui m’écrasaient.” (Émile Zola, "L’inondation", 1883.)


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