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4 avril 2017.

C’est peu visible, mais les ruisseaux n’échappent pas à la pollution

Selon une étude réalisée sur mandat de l’Office fédéral de (...)

Selon une étude réalisée sur mandat de l’Office fédéral de l’environnement, les petits cours d’eau sont en Suisse encore et toujours pollués par une multitude d’herbicides, de fongicides et d’insecticides. Les normes de qualité de l’eau sont loin d’y être respectées et les concentrations de polluants, parfois très toxiques, représentent une vraie menace pour les organismes aquatiques. Un « Plan d’action visant à la réduction des risques et à l’utilisation durable des produits phytosanitaires » est actuellement en cours d’élaboration sous la direction de l’Office fédéral de l’agriculture.

Les trois quarts du réseau hydrographique suisse sont constitués de 45’000 kilomètres de petits, voire très petits cours d’eau qui ne sont pas équipés de stations permanentes de mesure de qualité. La crainte qu’ils soient fortement pollués par des produits phytosanitaires est aujourd’hui confirmée par une étude réalisée dans cinq cantons par l’Institut fédéral de recherche de l’eau (Eawag) et le Centre Ecotox sur mandat de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV).

De mars à août 2015, les chercheurs ont prélevé près de 1800 échantillons d’eau dans cinq ruisseaux de bassins versants typiques des régions fortement agricoles. Ils y ont trouvé pas moins de 128 substances différentes - 61 herbicides, 45 fongicides et 22 insecticides - utilisées dans les cultures de plein champ, les cultures fruitières et légumières et les vignes. Plus grave encore : certaines de ces substances dépassaient souvent les normes maximales autorisées de 0,1 microgramme par litre. Et il est probable, dit-on à l’Eawag, que les moyennes relevées cachent des pics de pollution élevés.

En affinant leurs analyses, les chercheurs ont également mis en évidence que chaque échantillon prélevé ne renfermait pas qu’un seul pesticide mais entre 20 et 40 en moyenne et que la toxicité constatée n’est pas seulement aiguë mais également chronique. Au final, les résultats sont sans équivoque et sur toutes les stations de mesure la qualité de l’eau a été classée dans les catégories « médiocre » et « mauvaise ».

Du côté de l’Office fédéral de l’environnement, on estime que cette étude confirme que les produits phytosanitaires issus de l’agriculture représentent actuellement, avec les micropolluants transitant par les stations d’épuration, la principale source de pollution chimique des eaux de surface suisses et des petits ruisseaux. Ceux-ci méritent une attention particulière car ils jouent un rôle écologique important, notamment pour les poissons : ils servent de « pépinières » pour les juvéniles et de refuge pour les adultes. (Source : Information Eawag)

- En savoir plus sur le Plan d’action des produits phytosanitaires




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Mot d’eau

  • Le Lac

    “Si près qu’ils approchent du lac, les hommes n’en deviennent pas pour ça grenouilles ou brochets. Ils bâtissent leurs villas tout autour, se mettent à l’eau constamment, deviennent nudistes… N’importe. L’eau traîtresse et irrespirable à l’homme, fidèle et nourrissante aux poissons, continue à traiter les hommes en hommes et les poissons en poissons. Et jusqu’à présent aucun sportif ne peut se vanter d’avoir été traité différemment”. (Henri Michaux, "La nuit remue", 1935)

Glossaire

  • Limnologie

    Père de la limnologie (du grec "limné", lac, étang), le savant suisse François-Alphonse Forel (1841-1912) parlait d’elle comme de "l’océanographie des lacs". Il la définissait comme la "science des eaux continentales, des eaux stagnantes réunies dans des bassins limités et profonds, qui ne sont ni des fleuves ou rivières, ni des marais ou étangs, ni des eaux souterraines". Aujourd’hui, cette discipline a pris le sens plus large d’étude de tous les aspects écosystémiques des lacs et des grands réservoirs naturels d’eau douce à ciel ouvert.


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