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13 décembre 2005.

Accéder à l’eau change la vie

"Water for Life - Making it Happen" : une nouvelle publication (...)

"Water for Life - Making it Happen" : une nouvelle publication conjointe de l’OMS et de l’UNICEF - en anglais uniquement (du moins pour le moment) - invite à réfléchir sur les répercussions positives que des investissements relativement modestes et de simples améliorations de l’approvisionnement en eau et des services d’assainissement peuvent avoir sur la qualité de vie des gens, sur leur santé et sur leurs perspectives économiques.

Chaque jour, des maladies diarrhéiques dues à la mauvaise qualité de l’eau et facilement évitables constituent la principale cause de décès de quelque 5’000 personnes, dont une grande majorité d’enfants en bas âge. Il suffirait pourtant qu’elles puissent bénéficier d’eau potable en quantité suffisante et de meilleure qualité, ainsi qu’à un minimum de services d’assainissement, pour inverser radicalement cet état de choses et sauver ainsi de très nombreuses vies.

Alors que la Décennie Internationale pour « L’eau, source de vie » (2005-2015) clôt déjà sa première année, ce nouveau rapport a pour ambition déclarée de faire comprendre que la mise en œuvre des objectifs du Millénaire des Nations Unies pour l’accès à l’eau potable et l’assainissement de base peut rapporter en retour un réel bénéfice humain, en termes de santé et de dignité, valant plusieurs fois les investissements consentis. Les arguments humanitaires sont évidents, les arguments économiques ne le sont pas moins : il suffirait d’un peu plus de 11 milliards de dollars US par an pour réaliser les promesses faites et fournir de l’eau potable à la moitié des populations qui n’y ont pas accès.

Des besoins qui varient avec l’âge

Santé, éducation, espérance de vie, bien-être et développement social fournissent la trame de la première partie du document. Sur la base de statistiques et de diverses expertises, on y compare entre autres les besoins en eau dans les différentes tranches d’âge des populations les plus nécessiteuses.

- De 0 à 4 ans, un cruel tribut à la mortalité infantile : plus de 90 % des décès dus à des maladies diarrhéiques dans le tiers-monde frappent des enfants de moins de cinq ans ; la réduction de ce fléau passe principalement par l’amélioration des comportements des mamans en matière d’hygiène.
- De 5 à 14 ans, la scolarité perdue comme une condamnation à perpétuité : les enfants, les filles en particulier, surtout en Afrique et en Asie, manquent l’école faute d’eau potable à la maison ; les maladies, les travaux du ménage et le manque d’équipements sanitaires à l’école font chuter les taux de scolarisation et privent les enfants de toute perspective d’avenir.
- De 15 à 59 ans, il faut gagner davantage pour payer des services améliorés : des centaines de millions de familles africaines, latino-américaines et asiatiques connaissent chaque jour un important manque à gagner du fait qu’elles manquent d’accès à l’eau potable et à des services d’assainissement, une situation qui touche davantage les femmes que les hommes. La bonne nouvelle est que des projets communautaires se mettent en place et génèrent des profits économiques bien plus grands que leurs investissements en capital et en frais d’entretiens.
- Au-delà de 60 ans, les gens vivent plus longtemps : les personnes âgées sont cependant plus vulnérables que les autres adultes aux maladies hydriques ; leur nombre est en augmentation, d’ où la nécessité de mieux prendre en compte leurs besoins particuliers dans les programmes d’assainissement et d’eau potable.

Passer à l’action

Améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement : oui, mais comment ? La seconde partie du document conjoint de l’OMS et de l’UNICEF fait le point sur cinq types d’interventions complémentaires qui demandent à être mises en œuvre par les différents acteurs du développement :

- répondre aux demandes d’assainissement de base : si l’on veut atteindre les objectifs ambitieux du Millénaire, il est absolument nécessaire d’augmenter le volume des investissements et leur efficacité dans le domaine des infrastructures. Il y a certes des progrès, mais ils sont trop lents et insuffisants.
- augmenter de manière significative l’accès à l’eau potable : les investissements pour l’eau potable, la cuisine et l’hygiène domestique de base ne représentent qu’un montant relativement faible comparé aux sommes dépensées dans d’autres domaines.
- insister sur les changements de comportement en matière d’hygiène : des campagnes ont été lancées afin de promouvoir l’usage du savon quand on se lave les mains et pour la fabrication de petit mobilier adéquat pour les petits enfants. Ce sont là des préventions efficaces qu’il faut poursuivre.
- promouvoir le traitement de l’eau et son stockage en sécurité : beaucoup de vies ont pu être sauvées grâce à de simples techniques de désinfection de l’eau potable. On a calculé que pour un dollar investi dans ce domaine les « bénéfices » retirés pouvaient aller jusqu’à 60 dollars.
- de l’argent qui rapporte davantage à la santé : des investissements dans le domaine de l’eau et de l’assainissement peuvent se révéler financièrement intéressants et fournir de multiples avantages aux communautés. Il faut analyser cette rentabilité de manière à choisir des actions qui vont dans le sens d’un plus grand bénéfice sanitaire à des coûts inférieurs.


Informations sur le site de l’OMS (en anglais)
Le document OMS/UNICEF à télécharger (en anglais)




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Glossaire

  • Crue, inondation

    La crue est un phénomène caractérisé par la montée plus ou moins forte du niveau d’un cours d’eau et par une nette augmentation de son débit. Elle ne se traduit pas forcément par un débordement de son lit habituel. On parle d’inondation lorsqu’une crue entraîne la submersion par un cours d’eau de son espace d’expansion naturelle (lit majeur) ou aménagé dans ce but, mais aussi des terres cultivées et des zones habitées, mettant alors en danger les riverains et pouvant causer d’importants dommages à leurs biens.

Mot d’eau

  • “Quel épouvantable désastre !”

    “Près de deux mille maisons écroulées ; sept cents morts ; tous les ponts emportés ; un quartier rasé, noyé sous la boue ; des drames atroces ; vingt mille misérables demi-nus et crevant la faim ; la ville empestée par les cadavres, terrifiée par la crainte du typhus ; le deuil partout, les rues pleines de convois funèbres, les aumônes impuissantes à panser les plaies. Mais je marchais sans rien voir, au milieu de ces ruines. J’avais mes ruines, j’avais mes morts, qui m’écrasaient.” (Émile Zola, "L’inondation", 1883.)


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