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Informations en bref et en vrac


Informations en bref et en vrac


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Dec 16

SWOT, un satellite pour mesurer les niveaux d’eau de la planète

Un nouveau satellite - SWOT (Surface Water and Ocean Topography) - destiné à l’étude de la topographie des océans et des eaux de surface continentales, a été lancé et mis en orbite le 16 décembre 2022 par la société SpaceX depuis la base américaine de Vandenberg (Californie). Menée conjointement par la NASA et le Centre national français d’études spatiales (CNES) avec la collaboration des agences spatiales canadienne et britannique, cette mission spatiale est la première à être dédiée à la quasi-totalité des eaux de surface sur la planète.

Les instruments installés sur ce satellite pourront mesurer la hauteur et les variations saisonnières de l’eau des lacs, des rivières, des réservoirs et des océans avec une précision de l’ordre du décimètre pour les fleuves qui ont plus de 100 mètres de large et pour les plans d’eau d’une surface supérieure à 250 m x 250 m (on estime à plus de 30 millions les lacs qui dans le monde ont une superficie supérieure à un hectare).

Les données qui seront ainsi recueillies devraient fournir de nombreuses informations sur le cycle de l’eau, faciliter les décisions en matière de gestion durable des stocks d’eau et permettre de mieux comprendre la montée du niveau des océans ainsi que l’évolution des littoraux maritimes.
(Source : CNES / NASA)


Dec 5

AquaVia : un lac et trois projets

Irriguer les cultures avec de l’eau pompée dans le Lac de Neuchâtel, assurer l’approvisionnement en eau potable et mettre en place une nouvelle infrastructure énergétique : voilà le triple projet que trois partenaires ont décidé de réaliser ensemble, à savoir : l’Association intercommunale pour l’alimentation en eau des communes vaudoises et fribourgeoises de la Broye et du Vully (Arrobroye), la Commune d’Estavayer (FR) et le Groupe E, entreprise énergétique fribourgeoise. Ce projet imaginé en 2020 entre dans sa phase d’étude en vue d’un démarrage des travaux en 2026.

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Image extraite du site aqua-via.ch

Les trois partenaires d’AquaVia ont pour ambition de partager une infrastructure de base commune et nécessaire à tous, en utilisant une même ressource, l’eau du lac de Neuchâtel. Jusqu’à présent, l’eau d’irrigation des principales cultures de la région (pommes de terre, maïs et autres) était pompée en rivière, principalement dans la Broye, avec de fréquentes interdictions ou restrictions de pompage lors des périodes de sécheresse. Avec le projet Arrobroye, la ressource sera pompée dans le lac et permettra de fournir de l’eau à plus de 180 agriculteurs vaudois et fribourgeois exploitant quelque 4200 hectares de terres.

Pour sa part, la commune d’Estavayer entend assurer la sécurité d’approvisionnement en eau potable de ses habitants en doublant la capacité actuelle de ses installations : son réseau sera relié à la nouvelle prise d’eau lacustre, à environ 40 à 50 mètres de profondeur, utilisée par les trois projets. Une partie de cette eau sera traitée puis acheminée vers un réservoir de 2500 m3.

Quant au Groupe E, il utilisera une partie de l’eau brute tirée du lac pour alimenter un nouveau réseau de fourniture de chaleur et de froid pour des quartiers résidentiels et industriels situés aux alentours de la gare d’Estavayer. Cette infrastructure énergétique pourra ainsi fournir quelque 36 GWh d’énergie d’origine renouvelable (27 GWh de chaleur et 9 GWh de froid). Le montant total des investissements prévus pour ces trois projets est de l’ordre de 160 millions de francs.

- En savoir plus sur le site officiel du projet AquaVia : aqua-via.ch


Dec 5

Le radelage reconnu par l’UNESCO

Lors de sa 17e session qui s’est tenue à Rabat, au Maroc, le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO a inscrit sur ses listes le radelage pratiqué en Autriche, en Tchéquie, en Allemagne, en Lettonie, en Pologne et en Espagne.

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Photo UNESCO © Lothar Wagner, 2016

L’histoire de cette technique de transport par flottage de pièces de bois assemblées en radeaux remonte au Moyen Âge. Les radeleurs qui passaient des semaines à travailler ensemble à leur construction et à leur descente en rivière ont au fil des siècles transmis de génération en génération leurs connaissances, leurs savoir-faire et leurs techniques.

Aujourd’hui ces radeaux en bois sont principalement utilisés pour la navigation mais leur mode de construction n’a guère changé : il comprend la sélection du bois, son transport jusqu’à la rivière et l’assemblage des troncs pour former des radeaux. L’Unesco souligne également que "la protection de l’eau et des systèmes écologiques ainsi que l’utilisation durable du bois sont profondément ancrées dans cette pratique, et le partage régulier et animé des expériences enrichit le patrimoine et favorise les valeurs communes et les échanges culturels par-delà les frontières". (Source : UNESCO)

- En savoir plus sur le site du Patrimoine immatériel de l’UNESCO

N.B. Les assemblages de bois flottant figurent également sur la Liste des traditions vivantes en Suisse et sont encore pratiqués sur le lac d’Ägeri, dans le canton de Zoug.


Nov 11

Le projet de 3e correction du Rhône doit-il être revu ?

Des experts indépendants ont été mandatés par l’État du Valais pour étudier si le projet de 3e correction du Rhône, tel qu’il a été conçu, est le plus approprié pour répondre aux défis et besoins actuels. Ce vaste projet vise d’une part à garantir la sécurité des habitants et de leurs biens contre les crues et restaurer la dynamique naturelle du fleuve. Depuis son lancement en 2000 et le début des travaux en 2009, le contexte dans lequel il s’inscrit a fortement évolué. La décision d’analyser l’adéquation du projet à cette évolution fait par ailleurs écho à des questions récemment posées dans ce sens au Parlement cantonal.

Le changement climatique, lit-on dans le communiqué publié par le Département valaisan de la mobilité, du territoire et de l’environnement, "induit une augmentation des dangers et des risques qu’ils génèrent sur un territoire dont l’utilisation est toujours plus dense. Différents enjeux ont également pris de l’importance comme la gestion des sites pollués ou le souhait de mieux assurer à long terme le maintien des terres agricoles, via les surfaces d’assolement."

L’analyse confiée à ce groupe d’experts devra donc porter sur les éventuelles adaptations qui pourraient ou devraient être apportées à ce projet. Il s’agira également de tirer les enseignements des travaux réalisés jusqu’à présent. Les résultats de cette étude sont attendus avant l’été 2023. (Source : État du Valais)

- Voir le site officiel de la 3e correction du Rhône


Oct 10

Ces multiples services que rend le Léman

Le numéro d’automne 2022 de "Lémaniques", le bulletin trimestriel de l’Association pour la sauvegarde du Léman (ASL), fait une large place aux "prestations multiples et inestimables offertes par le Léman". Jean-Marcel Dorioz, chercheur en sciences de l’environnement et vice-président de l’ASL, y propose un rapide mais intéressant inventaire des "services écosystémiques" rendus par le lac. Entendez par là, selon leur définition scientifique, "les utilisations par l’homme des fonctions écologiques de certains écosystèmes, à travers des usages et une réglementation qui encadrent cette utilisation".

Ces services se répartissent en trois catégories : ceux qui servent à l’approvisionnement (l’eau, les poissons, l’énergie hydraulique et thermique, et, dans un tout autre ordre, la navigation) ; ceux qui, immatériels, comprennent les activités culturelles, sportives et récréatives ; et ceux, absolument essentiels, qui permettent l’entretien et la régulation du milieu (telles la décantation et la filtration de particules en suspension, la digestion de matières organiques, etc.).

Certains de ces services sont pour ainsi dire délocalisés : le stock d’eau du Léman, par exemple, contribue à stabiliser l’hydrologie du Rhône à l’aval de Genève et lui fournit une eau d’une qualité relativement bonne. Et le plus petit dénominateur commun de tous ces services, note l’auteur de l’article, "c’est la bonne qualité retrouvée des eaux du lac. Elle permet le bon fonctionnement des services de régulation et d’entretien."

Reste que certaines évolutions du climat et des problèmes comme celui de l’approvisionnement en énergie risquent à l’avenir de bouleverser l’écosystème lémanique. On est pour le moment réduit à faire des hypothèses. La seule quasi-certitude, selon Jean-Marcel Dorioz, c’est que, "face aux contraintes qui s’annoncent massives, une autre relation entre le lac et la société émergera. Les atouts pour réussir cette transition sont la résilience de l’écosystème lacustre et, même au temps des selfies, les dynamiques sociales et culturelles qui rassembleront les gens autour du Léman." (bw)


Lémaniques
Bulletin de l’Association pour la sauvegarde du Léman (ASL)
n° 124 / septembre 2022
disponible sur le site de l’ASL

- Ce thème des services écosystémiques du Léman a également fait l’objet, dans la série des webinaires interactifs de l’ASL, d’une conférence de Jean-Marcel Dorioz qui a repris dans le détail les diverses informations de son article du bulletin Lémaniques. Cette conférence peut être visionnée directement sur youtube (durée : 1:07:34)


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