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Informations en bref et en vrac


Informations en bref et en vrac


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Jul 12

Des traces de chlorothalonil dans de l’eau en bouteilles

La SonntagsZeitung, le plus important des journaux suisses alémaniques du dimanche, a révélé [1] que des chercheurs de l’Institut fédéral des Sciences et technologies de l’eau (Eawag) avaient découvert des traces de chlorothalonil dans une bouteille d’eau minérale de la marque française Evian. La quantité de résidus trouvés (6 nanogrammes par litre) est certes bien inférieure à la limite légale (0,1 microgramme par litre) et n’est pas nuisible à la santé, mais la présence, dans une eau de boisson embouteillée, de ce pesticide interdit depuis peu en Suisse et dans l’Union européenne a néanmoins valeur de signal d’alarme.

Juliane Hollender, l’une des co-auteurs de cette étude [2] citée par le journal zurichois, explique que "jusqu’à présent, les chercheurs supposaient que les résidus de chlorothalonil ne se trouvaient que dans les zones d’agriculture intensive", mais que maintenant et pour la première fois, "des mesures ont également été effectuées dans des endroits où il n’y a pratiquement pas d’agriculture ou seulement des pâturages". Pour le moment, l’origine de ces traces de pesticides n’est pas clairement établie mais cette découverte semble renforcer les soupçons selon lesquels les résidus de chlorothalonil seraient plus répandus qu’on ne le croit. Sans parler des effets inconnus de leur dégradation à plus ou moins long terme.

Si cette information a de quoi surprendre les experts, c’est non seulement parce que l’eau d’Evian est utilisée comme une eau de référence pour le calibrage des instruments de mesure dans les laboratoires, mais aussi parce que l’entreprise Evian, qui appartient au groupe agroalimentaire français Danone, collabore depuis une vingtaine d’années avec des agriculteurs locaux et plusieurs communes de Haute-Savoie afin de prévenir tout risque de pollution sur le territoire qui renferme les sources d’eau minérale naturelle. (bw)


Jul 4

Le Pérou a perdu la moitié de ses glaciers

Selon un rapport de son Autorité nationale de l’eau (ANA), le Pérou a perdu 51% de sa surface glaciaire durant la période 1948-2019 à cause du réchauffement climatique et de la hausse des températures. Le cas le plus spectaculaire est celui du glacier Pastoruri situé au sud de la Cordillère blanche à 5000 mètres d’altitude et considéré comme l’un des sites emblématiques du pays. « Entre 1980 et 2019, disent les experts péruviens, il a reculé de plus de 650 mètres, formant un nouveau lac en contact avec le glacier et qui continue de croître (…) Les glaciers sont des écosystèmes très sensibles au changement climatique. Au cours des dernières décennies, les impacts sur ces réserves d’eau solides ont été plus évidents. Ils entraînent une diminution notable de la masse des glaciers et la formation de nouveaux lacs. » C’est le Pérou qui détient la plus grande chaîne de montagnes tropicales, dans laquelle se trouvent plus des deux tiers des glaciers tropicaux de la planète. Le pays compte actuellement pas moins de 2679 glaciers pour une superficie totale d’environ 2000 kilomètres carrés, ainsi que plus de 8000 lacs de montagne. (Source : Autoridad Nacional del Agua (ANA))


Jun 19

Un MOOC sur l’eau et le climat

Quatre associations de France, du Royaume Uni et de Slovaquie [1], ayant chacune une expertise dans le domaine de l’eau et son lien avec le climat, collaborent depuis 2017 en vue de créer une base de connaissances sur les bonnes pratiques pour la préservation de l’eau et du climat au 21ème siècle. Ce travail a débouché sur un concept d’expertise locale et nationale sur l’eau et le climat à l’échelle européenne, emmené par des scientifiques et des particuliers actifs au niveau local et sur la mise en ligne d’un cours "Eau et Climat", gratuit, et proposé dans les trois langues des pays des associations impliquées dans le projet.

Ce MOOC [2] part de l’idée qu’il est urgent d’adopter une approche plus démocratique de la gestion de l’eau qui permette aux usagers et aux citoyens de jouer un véritable rôle et qui réponde aux besoins et aux nécessités actuelles. Ce cours en ligne Eau et Climat propose quatre modules d’apprentissage :

1. Être sensibilisé aux enjeux de l’eau : ce premier module, pour lequel il n’est pas nécessaire d’avoir des connaissances préliminaires particulières vise à familiariser les participants avec le processus et la science des cycles de l’eau. En explorant les liens entre le climat, les sols, le cycle de l’eau et la forêt, il fournit les bases qui permettront d’aborder les modules suivants davantage orientés vers la pratique.

2. Devenir un praticien de l’eau (sur le terrain) : ce module passe en revue les actions et les méthodes pratiques qui peuvent être prises pour restaurer l’eau et protéger le climat dans différents milieux, à la maison, en ville, sur le bassin d’une rivière, en forêt, etc.

3. Devenir un facilitateur de l’eau (au sein d’une communauté) : ce module explore la manière de mobiliser la population en faveur de pratiques saines pour l’utilisation de l’eau et de faciliter les relations individuelles et collectives des citoyens avec les ressources en eau.

4. Devenir un expert de l’eau (en pratique) : enfin il s’agit pour les participants, par le biais d’un travail de recherche, d’intégrer tous les aspects abordés dans les modules précédents afin d’être capables de concevoir et de mettre en œuvre un projet concret, même de très grande envergure, visant à réintégrer l’eau de pluie dans le cycle de l’eau local.

- Site d’accès au MOOC Eau et Climat : opencourse.waterways.world


Jun 11

Nestlé réorganise son secteur eau

Dans un communiqué publié à son siège de Vevey, en Suisse, la société Nestlé annonce avoir adopté une nouvelle orientation stratégique pour ses activités dans le domaine de l’eau. L’entreprise dit vouloir désormais concentrer ses efforts sur ses marques internationales emblématiques telles Perrier, S.Pellegrino et Acqua Panna. Elle continuera de développer ses marques leaders haut de gamme d’eau minérale partout dans le monde et d’investir dans des produits différenciés vendus sous la marque Nestlé Pure Life.

Concrètement, cela devrait notamment se traduire dès l’an prochain par l’abandon des activités de l’entité Nestlé Waters Amérique du Nord qui "ne relèvent pas de cet objectif", à savoir la production de ses marques régionales d’eau de source, ses activités dans le secteur de l’eau purifiée et son service de distribution de boissons. L’entreprise n’exclut pas la possibilité de vendre la majorité des activités de Nestlé Waters en Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada).

Nestlé entend réaliser ses nouveaux objectifs de durabilité d’ici 2025 et mènera des actions pour atteindre la neutralité carbone, renforcer la bonne gestion de l’eau (elle soutiendra pour cela la durabilité environnementale des bassins versants en reconstituant 100% de l’eau qu’elle utilise) et lutter contre les déchets plastiques (en réduisant de moitié son utilisation de plastique vierge et en utilisant davantage de PET recyclé) (Source : Nestlé SA).


Jun 4

La France prélève 37 milliards de mètres cubes d’eau par an

Les données de base ci-dessous concernant les ressources hydriques et les usages de l’eau en France métropolitaine sont extraites du Rapport de la mission d’information sur la gestion des conflits d’usage en situation de pénurie d’eau présenté le jeudi 4 juin 2020 à la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale française [1] (la plupart des chiffres datent de 2016).

Les ressources hydriques

Pluviométrie annuelle moyenne : 400 milliards de mètres cubes.
Évapotranspiration : 225 milliards de m3 (transférés vers l’atmosphère).

Les 175 milliards de mètres cubes restants constituent la ressource en eau, soit :

- 75 milliards dans les eaux de surface
Réseau des cours d’eau : environ 270 000 kilomètres
Stock des eaux de surface : 109 kilomètres cubes (dont 7,5 milliards de m3 répartis dans 622 barrages hydro-électriques).

- 100 milliards de m3 d’eau stockés dans les aquifères : la réserve d’eau souterraine est constituée de quelque 6500 aquifères dont la contenance est estimée à environ 2000 kilomètres cubes d’eau.

- La ressource souterraine représente les deux tiers de l’alimentation en eau potable et un tiers des prélèvements utilisés pour l’industrie et l’irrigation.

Prélèvements et consommations

Le total des prélèvements d’eau en France est estimé à quelque 37 milliards de mètres cubes d’eau par an, à savoir :
- Usages énergétiques : 20,8 milliards de m3 (dont 75 % sont issus des eaux de surface continentales) sont utilisés pour la production d’énergie hydroélectrique et le refroidissement des centrales thermiques ou nucléaires, puis relâchés dans les rivières ou sous forme de panache de vapeur.
- Usages domestiques : 5,4 milliards de m3, soit 170 litres d’eau par jour par usager.
- Alimentation des canaux : 4,7 milliards de m3.
- Usages agricoles (irrigation)  : 3,2 milliards de m3 (dont 63 % prélevés dans les eaux de surface continentales, avec de fortes disparités à l’échelle régionale).
- Usages industriels : 2,5 milliards de m3.

Après évaluation du volume d’eau consommé (non rejeté après prélèvement) et de l’état et de la qualité de l’eau prélevée finalement rejetée après usage (compte tenu de caractéristiques comme la température, la potabilité, la pollution, etc.), les ordres de grandeur des prélèvements et consommations d’eau par grand secteur sont les suivants :

Prélèvements bruts (34 milliards de mètres cubes)
- Énergie 57 %
Eau potable 18 %
Industrie 10 %
Agriculture 15 %.

Consommations nettes (6 milliards de mètres cubes)
- Énergie 22 %
Eau potable 24 %
Industrie 6 %
Agriculture 48 %.


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