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17 juin 2020.

Feu vert valaisan au barrage de Massongex-Bex sur le Rhône

Le Parlement valaisan a décidé à la quasi unanimité d’accorder à la (...)

Le Parlement valaisan a décidé à la quasi unanimité d’accorder à la société MBR SA une concession pour la construction dans le Chablais d’un barrage hydroélectrique au fil du Rhône. Avant d’être mis à l’enquête publique pour obtenir une autorisation de construire, ce projet a encore besoin du feu vert du Canton de Vaud qui est lui aussi riverain du périmètre de ce futur aménagement. Dans le meilleur des cas, la réalisation de ce barrage pourrait débuter en 2022 avec une mise en service agendée pour 2025.

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Ce projet de centrale hydroélectrique
prévoit une hauteur de chute d’environ 7,5 m
et un débit maximum de 220 m3/s
(Image virtuelle : MBR SA)
.

L’idée de mettre en valeur la déclivité du Rhône jusqu’au Léman pour produire de l’électricité remonte aux années 1980. À l’époque, la société Hydro-Rhône SA avait imaginé pouvoir construire dix barrages au fil du fleuve entre Chippis et le Bouveret. Il ne reste aujourd’hui de ce vaste programme qualifié parfois de pharaonique que le projet d’un seul et unique "palier" situé à la hauteur de Massongex (Valais) et de Bex (Vaud), légèrement en aval du défilé de Saint-Maurice. Cet endroit, selon les experts, présente les conditions de réalisation les plus favorables. En 2008, les Forces Motrices Valaisannes (FMV), la société Romande Energie et les Services industriels de Lausanne ont alors décidé de soutenir ce projet en partenariat et de le coordonner avec celui de la 3e correction du Rhône.

Compte tenu de la situation hydrographique de ce palier Massongex-Bex-Rhône (MBR), il sera possible d’utiliser une seconde fois l’eau déjà turbinée dans les grands aménagements hydroélectriques valaisans et rejetée ensuite dans le Rhône. Le turbinage de l’eau de ce barrage au fil de l’eau se faisant surtout durant l’hiver, c’est durant cette saison-là qu’il devrait produire environ 40% de son énergie. Son potentiel de production annuelle est estimé à quelque 80 millions de kilowattheures, soit la consommation annuelle d’électricité d’environ 20’000 ménages. On évalue à quelque 158 millions de francs suisses l’investissement total nécessaire à sa réalisation.

Au moment de la demande d’octroi de la concession en 2016, plusieurs associations écologistes avaient émis des avis négatifs et pointé du doigt par exemple le problème du charriage des graviers qui arrivent dans le delta du Rhône. Mais, de leur côté, les promoteurs du barrage ont prévu différents aménagements pour minimiser ses impacts négatifs, entre autres des mesures de reconstitution et de compensation sous forme de renaturations et de corridors biologiques ainsi que la création d’une passe à poissons. (Sources : État du Valais, MBR SA)

- En savoir plus sur le site du projet MBR.
- Lire aussi : L’exploitation hydroélectrique du Rhône, une histoire valaisanne méconnue, aqueduc.info, 6 décembre 2019.




Infos complémentaires

Le 30 avril 2021, l’École polytechnique fédérale de Lausanne a annoncé la fin des tests de validation de ce futur barrage menés dans sa halle hydraulique. Il s’agissait d’évaluer l’efficacité énergétique de la future centrale hydroélectrique et de s’assurer qu’elle préservera l’écosystème naturel du fleuve tout en bénéficiant de son potentiel hydroélectrique. Une modélisation hybride numérique-physique a permis d’affiner les détails de l’aménagement. (Information EPFL)

Mots-clés

Glossaire

  • Ablution

    Dans le vocabulaire des religions, l’ablution est un rite de purification du corps, par immersion totale ou par aspersion, pratiqué individuellement ou collectivement dans des situations particulières, notamment après un contact avec des choses jugées impures ou avant un acte religieux comme la prière. Fréquente dans le judaïsme et l’Islam, mais aussi dans le bouddhisme, l’hindouisme et le shintoïsme, l’ablution rituelle a pratiquement disparu de la liturgie chrétienne.

Mot d’eau

  • Longer les fleuves

    « J’aimais les chemins en bordure des fleuves. Aller avec le courant de leur eau et sentir leur respiration au gré de la marche. Les fleuves vivaient. Ils avaient fait les villes. Au cours des dizaines de milliers d’années, ils avaient usé les montagnes, transporté les terres, comblé les mers, puis fait pousser les arbres. Depuis le début des temps, les villes leur appartenaient, et sans doute ne cesseront-elles jamais de leur appartenir. » (Haruki Murakami, "La course au mouton sauvage", 1982)


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