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9 février 2007.

"La Suisse laisse ses marais s’assécher"

Vingt ans après l’adoption de l’Initiative de Rothenturm en 1987, un (...)

Vingt ans après l’adoption de l’Initiative de Rothenturm en 1987, un nombre croissant de marais s’assèchent et se recouvrent de buissons et d’arbres. Photos à l’appui, l’organisation écologiste suisse Pro Natura s’en inquiète et réclame de la part de la Confédération et des cantons davantage d’investissements dans la revitalisation de ces sites marécageux précieux et uniques.

Comme le phénomène échappe généralement à l’oeil nu, Pro Natura a mandaté Christa Dähler, ingénieure forestière, pour photographier des marais et comparer ces images avec des photographies des mêmes endroits prises dans les années 1980. Conclusion : plus d’un marais est difficile à reconnaître. À la place d’un site marécageux ouvert et dépouillé, on voit une végétation dense et abondante, conséquence des interventions destructrices faites par le passé en vue d’assécher les marais.

C’est une évolution insidieuse, imperceptible et néanmoins dramatique, estime Pro Natura : les sites marécageux de Suisse, pourtant protégés par la Constitution, menacent de s’assécher complètement. Selon les statistiques suisses, quelque 10 km carrés de marais ont déjà été envahis par la végétation de 1983 à 1995, ce qui correspond à la surface d’environ 1600 terrains de football.

Il y a vingt ans, les citoyens suisses avaient décidé, avec l’Initiative dite de Rothenturm, de protéger les plus beaux marais et sites marécageux d’importance nationale. Les cantons ont donc pour tâche de préserver intégralement les marais et d’encourager, à chaque fois que l’occasion se présente, la régénération des zones marécageuses altérées. Quelques mesures ont certes été prises depuis lors, mais elles ne sont de loin pas suffisantes : de nombreux marais en Suisse s’assèchent et s’embroussaillent pratiquement sans qu’on s’en inquiète vraiment. Des paysages et des associations végétales uniques disparaissent.

Exemple d’assèchement : le marais des Ponts-de-Martel, dans le canton de Neuchâtel © Daniel Weber/Pro Natura

« Comme les canaux de drainage continuent d’évacuer l’eau des marais, ceux-ci se détruisent eux-mêmes avec le temps. Les couches supérieures de tourbe se dessèchent et libèrent des éléments nutritifs. Ces éléments nutritifs permettent à des arbustes nains, comme les fausses bruyères ou les myrtilles, puis à des bouleaux, à des pins et à des épicéas de s’implanter dans le marais. Les arbres extraient davantage d’eau du marais par évaporation, ce qui libère encore plus d’éléments nutritifs. La destruction du marais se fait toujours plus rapide, l’association végétale du haut-marais se dessèche et étouffe dans ses propres éléments nutritifs. » (Source : communiqué Pro Natura)

Le site de Pro Natura : www.pronatura.ch




Mots-clés

Glossaire

  • Ablution

    Dans le vocabulaire des religions, l’ablution est un rite de purification du corps, par immersion totale ou par aspersion, pratiqué individuellement ou collectivement dans des situations particulières, notamment après un contact avec des choses jugées impures ou avant un acte religieux comme la prière. Fréquente dans le judaïsme et l’Islam, mais aussi dans le bouddhisme, l’hindouisme et le shintoïsme, l’ablution rituelle a pratiquement disparu de la liturgie chrétienne.

Mot d’eau

  • Longer les fleuves

    « J’aimais les chemins en bordure des fleuves. Aller avec le courant de leur eau et sentir leur respiration au gré de la marche. Les fleuves vivaient. Ils avaient fait les villes. Au cours des dizaines de milliers d’années, ils avaient usé les montagnes, transporté les terres, comblé les mers, puis fait pousser les arbres. Depuis le début des temps, les villes leur appartenaient, et sans doute ne cesseront-elles jamais de leur appartenir. » (Haruki Murakami, "La course au mouton sauvage", 1982)


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