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12 mai 2020.

Zermatt, championne suisse de la consommation d’eau ?

Pour leur édition 2020 des « Statistiques des villes suisses » , (...)

Pour leur édition 2020 des « Statistiques des villes suisses »  [1], l’Union des villes suisses et l’Office fédéral de la statistique ont choisi de se focaliser sur les agglomérations, soit 171 villes et communes urbaines de Suisse. Elles présentent principalement des données détaillées sur la population, le travail et l’emploi, la construction et le logement, le tourisme et la mobilité dans les agglomérations.

On y trouve également quelques chiffres sur la distribution d’eau potable : alors que l’on constate une tendance à la baisse de la consommation globale grâce aux efforts entrepris dans l’industrie et l’artisanat, la consommation des ménages est restée relativement stable au cours des vingt dernières années. La plus grande sensibilisation de la population a certes généré des économies de la ressource, mais celles-ci ont été contrebalancées par un nombre croissant de petits ménages dont la consommation d’eau est en moyenne plus élevée.

Au tableau final, c’est l’agglomération de Zermatt, en Valais, qui affiche le plus grand volume de consommation d’eau quotidienne par habitant (802 litres), suivie par Arosa, dans les Grisons (658 litres) et Lugano, au Tessin (616 litres). À l’autre extrémité de ce classement, on trouve trois agglomérations bernoises : Köniz (199 litres), Steffisburg (197 litres) et Worb (173 litres) [2].

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Zermatt, au pied du Cervin
(© Suisse Tourisme/Lorenzo Riva)

Pour mieux comprendre la situation de Zermatt, on relèvera tout d’abord que cette station valaisanne, où demeurent aujourd’hui quelque 5700 résidents permanents, fait partie de ces très rares agglomérations suisses qui comptent moins d’un habitant par hectare. Et ensuite qu’elle figure après Zurich, Genève, Lucerne et Bâle, dans le « top cinq » du palmarès des arrivées touristiques (571 424) et surtout qu’elle est très largement en tête de classement lorsque l’on considère le nombre de nuitées annuelles par habitant (252).

À titre indicatif et sur la base des données fournies par la commune de Zermatt [3], on notera que l’eau y est de très bonne qualité, et pour cause : elle provient de 132 sources qui alimentent quelque 1600 immeubles, 198 hydrantes et 30 fontaines. Son prix pour les usages ordinaires est relativement bon marché (1.22 franc par mètre cube, dont un tiers de taxe de base) à quoi s’ajoutent 118 % taxes pour le financement de l’évacuation des eaux usées et leur épuration.



Notes

[1« Statistiques des villes suisses 2020 : un regard au-delà des villes-centres. »
Voir le site web de l’Union des villes suisses.

[2À titre de comparaison et selon les statistiques officielles des distributeurs (SSIGE), la consommation totale d’eau potable en Suisse par personne et par jour est aujourd’hui de quelque 300 litres. Si l’on ne compte que la consommation des ménages, elle est de 142 litres. Si l’on y ajoute la consommation sur le lieu de travail, dans les loisirs et les vacances, cela représente en moyenne environ 163 litres par personne et par jour. Ce chiffre ne représente toutefois qu’une partie de la quantité totale d’eau nécessaire à la production des biens de consommation et des services utilisés : il faut alors parler de 4’200 litres par habitant et par jour, dont les 82 % sont imputables à des biens et des services importés.

Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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