AccueilInfosDossiersLe Rhône de Robert Hainard

juin 2004.

Une vie toute entière consacrée à l’observation de la nature

Au cours de ses périples et de plusieurs milliers de nuits passées (...)

Au cours de ses périples et de plusieurs milliers de nuits passées à l’affût, le plus souvent lors de la pleine lune, Robert Hainard a rassemblé, en soixante-dix ans de travail, un bestiaire unique en son genre : quelque trente-cinq mille dessins, près d’un millier de gravures et des centaines de sculptures, d’aquarelles et de peintures.

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En amont de l’île du Nord,
l’eau plus basse découvre les galets
Aquarelle, 3 octobre 1941


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Derrière le bois dépouillé,
l’eau rare et claire
aux profondeurs d’émeraude,
reflète le bleu du ciel
et l’or des falaises
Aquarelle, 22 octobre 1934


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Clair de lune après la pluie
Gravure, novembre 1937




Infos complémentaires

Robert Hainard est né en 1906 à Genève, fils de deux enseignants d’art plastique et peintres. Sa formation générale et artistique est assurée par son père qui sera également son maître à l’École des arts industriels de Genève, où il entre à l’âge de quinze ans. Et à vingt ans, il y sera son assistant.

Fasciné depuis son enfance par les animaux, Robert Hainard, très vite, s’intéresse aux bêtes sauvages. Au point de consacrer ensuite toute sa vie à la chasse aux images, à guetter le loup, le bison, l’ours, le lynx, le castor, le grand tétras et tant d’autres, jusque dans leurs repaires les plus cachés, parcourant forêts, marais, vallées, montagnes de Scandinavie, d’Espagne, de Roumanie, de Pologne ou de sa Suisse natale.

Il découvre la gravure sur bois en 1924, ébloui par les maîtres de l’estampe japonaise, et met au point une technique particulièrement minutieuse qu’il a inventée : un compromis entre son savoir-faire initial de sculpteur et son amour des couleurs.

Pour les amateurs de nature, il reste l’auteur des Mammifères sauvages d’Europe, un ouvrage où se mêlent des considérations scientifiques et quantité de récits d’affûts savoureux et évocateurs. Cet ouvrage, réédité six fois en un demi-siècle, a suscité nombre de vocations parmi les naturalistes.

Mais son activité ne s’est pas arrêtée à la création artistique et à l’observation de la nature et des bêtes sauvages. C’est aussi un philosophe qui a analysé avec originalité les rapports entre la civilisation occidentale et la nature.

Il y a plus d’un demi-siècle, il posait déjà, avec des décennies d’avance, le problème de l’expansion économique illimitée, cause majeure de la destruction de la nature. Il s’en est allé le lendemain de Noël 1999.

Michèle Martin

Glossaire

  • Éclusée

    Littéralement, c’est le volume d’eau qui s’écoule d’une écluse entre le moment où on l’ouvre et celui où on la referme. Appliqué à un barrage, le mot désigne l’opération qui consiste à relâcher une grande quantité d’eau dans une rivière en particulier lors des turbinages hydroélectriques. Ces opérations fréquentes se traduisent en aval par de soudaines et dangereuses crues artificielles et perturbent gravement les écosystèmes des cours d’eau d’aval. D’où l’importance des réglementations qui visent à en maîtriser les impacts.

Mot d’eau

  • Trop soif

    "Je suis un peu dans la situation d’un homme qui tire de l’eau goutte à goutte parce qu’il a trop soif pour attendre que le puits se remplisse" (F. Scott Fitzgerald, Lettre à H. Ober, 1936)


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