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6 août 2019.

Un quart de la population mondiale vit sous la grave menace de pénuries d’eau

Les réservoirs de l’une des plus grandes villes de l’Inde, Chennai, (...)

Les réservoirs de l’une des plus grandes villes de l’Inde, Chennai, sont à sec. L’an dernier, les habitants du Cap en Afrique du Sud ont de peu échappé à une journée sans eau. Et l’année précédente, c’est Rome qui était contrainte de rationner l’accès à cette ressource absolument vitale. Pour les auteurs du dernier rapport en date du World Resources Institute [1], qui constatent que 17 pays de par le monde doivent désormais faire face à un stress hydrique extrêmement élevé, il ne fait aucun doute que "pareilles crises de l’eau jadis impensables sont en train de devenir aujourd’hui monnaie courante".

On parle de stress hydrique lorsque les quantités d’eau disponibles dans un pays ou une collectivité, et sur une période donnée, ne suffisent pas à répondre aux besoins humains et environnementaux. À partir du moment où l’on constate – ce que fait le WRI - que les prélèvements en eau ont plus que doublé en un demi-siècle et qu’ils ne montrent aucun signe de ralentissement, il faut se rendre à l’évidence que "les raisons de ces crises sont bien plus profondes que la sécheresse".

Selon les données récoltées par le WRI, 17 pays [2], où vit un quart de la population mondiale, sont confrontés à des niveaux de stress hydrique "extrêmement élevés" du fait qu’ils prélèvent chaque année plus de 80% des ressources en eau disponibles. Une marge aussi étroite entre l’offre et la demande les rend très vulnérables compte tenu d’autres facteurs comme la croissance démographique, l’urbanisation, le changement climatique, etc., et fait peser de graves menaces sur la santé et les moyens de subsistance des populations et sur leurs capacités de développement socioéconomique.

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Carte mondiale du stress hydrique proposée par le WRI
(pour plus de détails, consulter le site www.wri.org/aqueduct)

Dans leur analyse, les experts du WRI constatent entre autres que
- 12 de ces 17 pays les plus menacés par le stress hydrique se trouvent au Moyen-Orient et en Afrique du Nord en raison d’une demande en eau toujours plus forte,
- en Inde les ressources en eaux souterraines sont gravement surexploitées, principalement pour l’irrigation, et le niveau de certains aquifères est en baisse continuelle depuis plusieurs années,
- des poches de stress hydrique extrême existent même dans les pays à faible stress hydrique où les populations concernées parviennent néanmoins à (sur)vivre,
- le stress hydrique n’est qu’un aspect de la sécurité de l’eau : des pays où la menace de pénurie est grande arrivent à économiser leurs ressources en eau grâce par exemple à une gestion adéquate, à des incitations au non gaspillage ou à la transformation d’eaux usées en eau potable.

Comment réduire le stress hydrique ?

Il existe pour cela d’innombrables solutions, note le rapport du WRI qui en met trois exemples en évidence :
- Augmenter l’efficacité agricole : cela postule que les producteurs utilisent des semences nécessitant moins d’eau et améliorent leurs techniques d’irrigation, mais aussi que les consommateurs réduisent les gaspillages de nourriture qui représentent un quart de toute l’eau utilisée pour la production agricole.
- Investir dans les infrastructures grises et vertes : s’équiper de canalisations et d’usines de traitement performantes et promouvoir une meilleure gestion des zones humides et des bassins versants permettent de résoudre bien des problèmes d’approvisionnement en eau et de qualité de l’eau.
- Traiter, réutiliser et recycler : il importe d’une part de cesser de considérer les eaux usées comme de simples déchets et d’autre part de valoriser les sous-produits de leur traitement riches en énergie et en nutriments. (Informations WRI)




Notes

[1Le World Resources Institute (WRI - Institut des ressources mondiales) est une organisation de recherche fondée en 1982, basée à Washington (USA) et rassemblant plus de 700 experts et collaborateurs disséminés dans une cinquantaine de pays. Ses travaux portent principalement sur des problématiques touchant à l’interdépendance des intérêts du développement humain et de la préservation de l’environnement : le climat, l’énergie, l’alimentation, les forêts, l’eau, les villes et les transports. L’information à laquelle il est fait ici référence et publiée le 6 août 2019 a pour titre "17 Countries, Home to One-Quarter of the World’s Population, Face Extremely High Water Stress".

[2Liste des 17 pays caractérisés par un "stress hydrique très élevé" : Qatar, Israël, Liban, Iran, Jordanie, Libye, Koweït, Arabie saoudite, Erythrée, Emirats arabes unis, Saint-Marin, Bahreïn, Inde, Pakistan, Turkménistan, Oman et Botswana.
Plusieurs pays européens (notamment l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Grèce, mais aussi la Belgique) apparaissent dans la liste des 27 pays présentant une "pénurie hydrique élevée". La France et l’Allemagne figurent dans celle des pays à "pénurie hydrique moyennement élevée" et la Suisse dans celle des 64 pays affichant le risque de pénurie hydrique le plus bas.

Mots-clés

Mot d’eau

  • Eurêka !

    Comment mieux exprimer l’ivresse dont la raison, heureuse, fait flotter dans l’eau et l’intuition, bienheureuse, léviter dans l’air ? Archimède sentit le mouvement et se leva de l’émotion de ces deux éléments, comme s’il entendait le murmure des ondes et la vibration du vent. Et j’entends eurêka comme ce triple écho et du corps et de l’air et de l’eau. (Michel Serres [décédé le 1er juin 2019], "Biogée", 2010)

Glossaire

  • Karst

    Ce mot, dérivé du nom d’un haut-plateau des Balkans, s’applique à un relief ou à un massif dont les roches calcaires ont été fortement érodées par l’eau, en surface (dolines, emposieux, lapiaz, etc.) et en profondeur (cavernes, grottes, gouffres, etc.), ce qui se traduit aussi au fil des infiltrations en sous-sol par des structures très complexes de circulation d’eau et de résurgences. Ces formes géologiques portent ici et là différents noms, telles les "causses" dans le Massif central français.


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