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novembre 2010.

Un espace culturel à la pointe de la Jonction

Revivifier la confluence du Rhône et de l’Arve : une manière de ne (...)

Revivifier la confluence du Rhône et de l’Arve : une manière de ne pas laisser la culture en périphérie.

Depuis la fermeture de plusieurs squats et la destruction du site d’Artamis - une ancienne friche industrielle du quartier de la Jonction occupée par des ateliers d’artistes, des bars et salles de concerts - la Ville et le Canton de Genève font face à une pénurie de lieux à vocation culturelle accessibles à tous, tant pour les activités diurnes que nocturnes.

Le projet que nous avons étudié après avoir pris connaissance de la disponibilité et de l’affectation des terrains urbanisables dans le Plan directeur cantonal, prévoit le développement, sur les parcelles de l’extrême pointe de la Jonction, d’un espace culturel polyvalent, fondé sur une accessibilité à tous les publics, en relation avec le milieu naturel, et en toute saison.

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Jonction : un autre mot pour dire, à Genève,
la confluence du Rhône (à gauche) et de l’Arve
(photo : étudiants MUSE)

Emblématique et cosmopolite

La Jonction est un lieu emblématique de Genève. Non seulement par sa dimension symbolique liée à la confluence du Rhône et de l’Arve dont il tire son nom, mais aussi par son histoire : jadis faubourg fier de ses jardins, plus tard quartier ouvrier abritant d’importantes activités industrielles aujourd’hui délaissées, la Jonction, avec ses quelque 14’000 habitants, fait désormais figure d’espace jeune et cosmopolite.

Compte tenu de sa situation entre deux eaux et des espaces naturels environnants, de la superficie du site, de sa position urbaine centrale et de sa future desserte par une ligne de tramway, il nous a semblé que ce lieu devait être rendu à la population genevoise, qu’il offrait une configuration idéale pour l’implantation d’équipements publics et qu’il offrait un potentiel naturel pouvant être valorisé dans une démarche cohérente de développement urbain durable

Ce site, dont l’aménagement est convoité par plusieurs acteurs publics et privés, a certes fait l’objet de plusieurs concours d’architecture sans toutefois trouver de destin. Il offre pourtant des opportunités de réaménagement intéressantes dans un futur proche du fait du déplacement annoncé du dépôt des Transports Publics Genevois.

Une triple exigence

De cette vision globale nous avons dégagé trois axes de travail qui se retrouvent dans les différents volets du projet, à savoir : l’accès à tous, la polyvalence et l’intégration au milieu naturel. Concrètement, cela se traduit par un aménagement qui laisse une large place aux espaces verts, grâce à un parc, des terrasses, un cordon boisé et protégé le long des berges du Rhône et de l’Arve et une plateforme permettant un accès privilégié au fleuve pour la desserte en bateaux-bus (mouettes genevoises) et la création d’une plage.

Notre projet est fortement axé sur une vision large de la culture comprenant ce qui relève des arts musicaux ou plastiques en passant par la relève des savoir-faire. La nature en fait également partie intégrante puisqu’elle s’inscrit dans le mouvement créatif de toute identité culturelle. Dans la mesure où la culture concerne tous les citoyens de manière égale, le projet se doit aussi de répondre aux besoins multiples des différents groupes de population quels qu’ils soient.

La Jonction doit donc devenir un espace de vie où se croisent ces différentes trames. Deux espaces sont dédiés à l’accueil de manifestations culturelles, concerts et expositions, tant à l’intérieur – dans un bâtiment central – qu’à l’extérieur par le biais de la construction d’une scène permanente. Les infrastructures envisagées sont modulables : elles permettent un changement d’affectation en fonction des moments de la journée, des saisons et des divers types de manifestation.

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Plan d’aménagement pour un espace public :
périmètre d’implantation (violet), places/terrasses (bleu),
zones naturelles protégées (vert), site pollué (jaune)
(extrait du document de travail MUSE/SITG)

La prise en compte des contraintes d’aménagement, celles liées notamment à la conservation des écosystèmes naturels et aux nuisances sonores, a pu se faire grâce à l’élaboration d’un diagnostic précis du site, de ses caractéristiques environnementales, de ses atouts en termes de mobilité et des règles d’affectation des parcelles.

Le plan d’ensemble du pôle culturel esquisse le contour des équipements qui pourront s’intégrer dans le cadre naturel et bâti ainsi que dans le quartier voisin de la Jonction. À l’image des deux cours d’eau qui se rejoignent et se mêlent, notre projet culturel se veut comme une invitation à la jonction de publics de tous horizons, de jour et de nuit, qu’ils soient en quête d’espace naturel ou d’activité culturelle.

Insa Dieme
Damien Regenass
Ginger Rossel
Rafaël Schütz
Alejandra Veliz

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- Document de travail à télécharger :
Un projet urbain à la pointe de la Jonction, 37 pages

PDF - 2 Mo
Projet Jonction MUSE 2010








Infos complémentaires

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© 2010 swisstopo

:: La Jonction,
un espace convoité

Dans la perspective du déplacement du dépôt des Transports Publics Genevois, de premiers projets ont émergé depuis le début de l’année 2010 à la pointe de la Jonction dont le principal est celui d’un centre de recherche sur le cerveau et les neurosciences, le projet “Bluebrain”, en collaboration entre l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne et les universités lémaniques. Ce projet fait encore l’objet d’importants débats au sein même de l’exécutif cantonal, puisque des options alternatives sont citées dont la création d’un pôle sur les arts visuels. En tout état de cause, ces controverses autorisent à s’interroger sur la faisabilité de ce projet.

De leur côté, les étudiants ont proposé une alternative forte et crédible à ce projet Bluebrain en imaginant un pôle culturel. En effet, depuis près de dix ans, les demandes de lieux culturels pour cette agglomération genevoise de 450’000 habitants ne cessent de s’accentuer, venant d’acteurs associatifs et d’élus de tous bords.

En octobre 2010, des jeunes libéraux et radicaux ont lancé une initiative demandant la création d’espaces culturels et de vie nocturne à proximité des zones industrielles ou de friches, plus distantes de l’habitat et limitant les nuisances. Le projet de pôle culturel de la Jonction répond à cette demande unanime et propose en complément un projet mixte et intergénérationnel qui se veut intégrateur pour la vie culturelle cantonale. (gp)

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Le Rhône, à la Jonction, face au viaduc du même nom
© aqueduc.info

:: Risques de crues
et urbanisation

L’aménagement du site de la Jonction est étroitement lié à la régulation des débits du Rhône et de l’Arve grâce au barrage de Verbois en aval. A l’heure actuelle, la prévention contre les inondations de la pointe de la jonction est prise en charge par la concession du barrage de Verbois. Ceci permet d’urbaniser la Jonction moyennant des aménagements veillant aux hauteurs minimales des rez-de-chaussée et en assurant le relai de dispositifs d’alerte en cas de crues.

Cependant, le risque de crues dans cette partie du territoire demeure à l’heure actuelle très limité, d’une fréquence centennale et ne constitue pas un frein à l’aménagement urbain. A l’avenir, les projets de renaturation du cours de l’Arve en amont et le débat autour du désensablement et des chasses du barrage de Verbois, ainsi que l’élévation possible de la fréquence des crues impliqueront néanmoins de reposer la question de la régulation du niveau du Rhône en amont du barrage. (gp)

Mots-clés

Mot d’eau

  • Nous n’avons pas de fleuves

    "Nous n’avons pas de fleuves, nous n’avons pas de puits, nous n’avons pas de sources ; seules quelques citernes, vides elles aussi, résonnent, et nous les adorons." (Georges Séféris, "Mythologies", 1935)

Glossaire

  • Piézomètre

    En hydrologie, un piézomètre est un dispositif qui permet, à partir du sol, d’avoir un accès direct à une nappe d’eau souterraine. Il s’agit d’un tube de forage par lequel on peut non seulement déterminer le niveau d’eau de la nappe et la réserve disponible, mais aussi prélever de l’eau pour analyser ses qualités physiques, chimique et biologiques. Ces différentes mesures, nécessaires pour exploiter un aquifère de manière durable, sont faites manuellement ou à l’aide de sondes automatiques.


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