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9 juillet 2010.

"Sion-sur-Rhône", ou comment amener la ville au fleuve

Faut-il, en Valais, saisir l’occasion de la 3e correction du Rhône (...)

Faut-il, en Valais, saisir l’occasion de la 3e correction du Rhône pour réconcilier la capitale et son fleuve relégué dans son arrière-décor ? La question est posée, de belle manière et simultanément, par une exposition et une publication qui ont pour ambition de démontrer qu’une reconfiguration du cours d’eau pourrait générer un cadre de vie plus sûr et un espace public attractif.

L’exposition itinérante, inaugurée à Sion, et la publication d’une cinquantaine de pages qui l’accompagne sont en fait le résultat tangible d’une recherche menée durant toute une année par des étudiants de l’École Polytechnique Fédérale de Zürich, sous la direction de Christophe Girot, professeur à la Chaire d’architecture du paysage.

Un premier atelier mené au printemps 2009 a posé les bases de la recherche. 17 étudiants en architecture ont élaboré pas moins de neuf maquettes redessinant le paysage rhodanien aux abords de la ville de Sion, en intégrant à la fois les problématiques de la protection contre les crues et le redéploiement de l’espace urbain le long du fleuve. Tous ont été frappés, nous dit-on, par le manque actuel de liens physiques et visuels entre la ville et l’eau.

D’octobre 2009 à janvier 2010, un atelier séminaire a permis d’élaborer un projet de synthèse qui, selon Christophe Girot, mêle "la précision topologique de l’ingénieur à la créativité visionnaire de l’architecte paysagiste". D’un côté, l’approche proposée respecte les contraintes hydrauliques de la correction du Rhône, et de l’autre, "ouvre de multiples possibilités de développement durable pour la ville et ses abords".

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Carte postale fictive extraite de « Sion-sur-Rhône.
Un nouveau paysage pour la vallée du Rhône à Sion »

Concrètement, trois dispositifs sont imaginés pour que cette approche puisse être réalisée, à savoir :


- Le creusement d’un second bras du fleuve qui décharge le cours principal, notamment en cas de crue exceptionnelle
- La création entre les deux bras du Rhône d’une île fluviale et d’un nouveau quartier urbain
- L’abaissement du lit du bras principal, ainsi que le renforcement et l’aménagement des berges de la rive droite.

Tony Arborino, chef du Projet de 3e correction du Rhône et Nicolas Mettan, responsable de l’aménagement du territoire au sein de ce projet, saluent pour ainsi dire "la créativité et l’audace" dont ont fait preuve les étudiants de l’EPFZ. Selon eux, la faisabilité de ces propositions reste à vérifier et appelle de toute façon des analyses plus fines. Mais le travail prospectif dont les résultats sont désormais publics est une invitation faite aux autorités et aux habitants de la capitale valaisanne de lancer le débat sur la manière dont ils entendent développer et remodeler leur paysage urbain. Le projet de correction du Rhône est une occasion qui sans aucun doute ne se représentera pas de sitôt. (bw)


Pour en savoir plus

- « Sion-sur-Rhône. Un nouveau paysage pour la vallée du Rhône à Sion », sous la direction du Prof. Christophe Girot, édition bilingue français-allemand aux éditions gta Verlag
- Site officiel du projet de 3e correction du Rhône (État du Valais)
- Voir aussi la vidéo « 3e correction du Rhône », sur le site de l’État du Valais




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Glossaire

  • Eau de Javel

    Appellation populaire, du nom d’un quartier parisien, d’une solution aqueuse d’hypochlorite de sodium, de couleur jaunâtre et à forte odeur de chlore, souvent employée, diluée dans l’eau, comme désinfectant, détachant ou décolorant. De nombreux produits ménagers de nettoyage, de lessive et de vaisselle en contiennent à des concentrations variables. Elle est également utilisée pour la potabilisation de l’eau, dans les piscines, dans les stations d’épuration et dans l’industrie, notamment dans les papeteries.

Mot d’eau

  • La communauté, nappe souterraine

    “La communauté est une nappe affective souterraine et chacun boit la même eau à cette source et à ce puits qu’il est lui-même – mais sans le savoir, sans se distinguer de lui-même, de l’autre ni du Fond.” (Michel Henry, "Phénoménologie matérielle", 1990)


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