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24 avril 2008.

"Protèges la nature, tu auras de l’eau potable"

Au Bénin, c’est un partenariat assez particulier qui vient d’être (...)

Au Bénin, c’est un partenariat assez particulier qui vient d’être passé entre des populations riveraines de massifs forestiers et l’administration nationale des ressources forestières. L’État s’est engagé à construire un certain nombre d’aménagements de base, notamment en matière d’accès à l’eau potable et à l’assainissement. En échange, les populations concernées participeront activement à la lutte contre le braconnage et contre le déboisement sauvage.

Le Bénin a mis en œuvre, au centre du pays, un programme d’aménagement des massifs forestiers d’Agoua, de Wari-Maro et des monts Couffè, dont le financement est assuré conjointement par le gouvernement béninois et la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique.

Ces massifs forestiers, autrefois verdoyants et giboyeux, font depuis peu l’objet d’une exploitation sauvage. Ils abritent le cours moyen de l’Ouémé, le plus grand fleuve du Benin (350km) ainsi que certains de ses plus importants affluents (Zou, Agbado, Okpara). On y trouve des espèces florales et faunistiques endémiques recherchées.

Dans la commune de Tchaourou, l’une des communes riveraines des massifs, les responsables de ce programme d’aménagement ont fait construire des salles de classe, des magasins de stockage de produits agricoles, des forages d’eau et des latrines, et des postes forestiers. Ces infrastructures sociales ont été inaugurées au mois de mars dernier. En contrepartie, les administrateurs du programme attendent des collectivités une participation active à la lutte contre le braconnage et contre le déboisement sauvage dans les massifs.

De l’avis du Directeur général des ressources forestières, présent à l’inauguration de ces infrastructures, le secteur forestier s’inscrit désormais dans une nouvelle dynamique d’un aménagement participatif des forêts classées. Le programme d’aménagement vise en priorité la préservation et l’exploitation durale des ressources naturelles de plus en plus menacées, mais il met également un accent particulier sur le renforcement des capacités des populations proches de ces forêts et sur l’amélioration de leur accès aux services sociaux de base.

Le secteur forestier fait ainsi d’une pierre deux coups : il contribue à sa manière aux objectifs de la stratégie nationale de croissance pour la réduction de la pauvreté et contribue à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement promus par les Nations Unies. D’autres réalisations sociales sont déjà envisagées et inscrites sur des programmes à venir.

Dans le jargon socio-économique, c’est ce qu’on appelle un partenariat gagnant-gagnant : chacun des acteurs du projet a bien compris que protéger les massifs forestiers, c’est aussi préserver l’eau. Et que celui qui préserve l’eau, préserve aussi directement la vie.

Bernard Capo-Chichi
(avec la presse béninoise)




Infos complémentaires

:: "Se laver les mains,"
thème de Journée Nationale

Promouvoir un changement de comportement, individuel et collectif, pour acquérir de bonnes pratiques en matière d’hygiène et d’assainissement, les enseigner et les appliquer partout : tel aura été le thème, au Bénin, de la première Journée Nationale de l’Hygiène et de l’Assainissement célébrée le 15 avril 2008.

Une journée consacrée plus précisément au « Lavage des Mains à l’Eau et au Savon » et qui en fait devait s’étirer jusqu’à la fin avril. Le temps de mener une vaste campagne d’information, d’éducation et de communication dans tous les départements. Avec des opérations de nettoyage des lieux publics. Et des jeux-concours « ville – quartier - maison propres » pour récompenser les communes ayant fait des progrès en matière d’hygiène et d’assainissement.

Conjonctivites, dermatoses, diarrhées, etc. : c’est par les mains que se transmettent les maladies « des mains sales », redoutables bêtes noires des enfants des pays dits en développement puisque chaque jour dans le monde plusieurs milliers d’entre eux y succombent. Se laver les mains à l’eau et au savon de façon régulière permet d’éviter bien des maux : c’est un geste fort simple et salvateur.


:: INF’EAU, nouveau magazine béninois

En cette année 2008 déclarée « Année de l’assainissement » par les Nations Unies, saluons la naissance de INF’EAU, publication mensuelle éditée par un cabinet de conseils en communication regroupant des spécialistes des questions de l’eau et de l’assainissement. INF’EAU a la prétention de venir combler un vide au sein de la presse béninoise. Dans son premier numéro publié au début février 2008 à Cotonou, l’éditorialiste situe l’ambition du magazine, à savoir : offrir à tous les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement « l’espace et la possibilité de publier leurs travaux de recherches, de s’informer, d’échanger leurs expériences et connaissances » et, à travers ses rubriques de conseils et d’éducation, de s’adresser à Monsieur Tout le Monde ». On lui souhaite bien du succès ainsi qu’une longue vie.

Bernard Capo-Chichi
(avec la presse béninoise)


::Proverbes et dictons

- « C’est en saison sèche que l’on reconnaît les vraies rivières »
(proverbe africain)

- « Quand l’eau descend, les fourmis mangent les poissons. Quand l’eau monte, les poissons mangent les fourmis »
(proverbe thaïlandais)

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Glossaire

  • Eau de Javel

    Appellation populaire, du nom d’un quartier parisien, d’une solution aqueuse d’hypochlorite de sodium, de couleur jaunâtre et à forte odeur de chlore, souvent employée, diluée dans l’eau, comme désinfectant, détachant ou décolorant. De nombreux produits ménagers de nettoyage, de lessive et de vaisselle en contiennent à des concentrations variables. Elle est également utilisée pour la potabilisation de l’eau, dans les piscines, dans les stations d’épuration et dans l’industrie, notamment dans les papeteries.

Mot d’eau

  • La communauté, nappe souterraine

    “La communauté est une nappe affective souterraine et chacun boit la même eau à cette source et à ce puits qu’il est lui-même – mais sans le savoir, sans se distinguer de lui-même, de l’autre ni du Fond.” (Michel Henry, "Phénoménologie matérielle", 1990)


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