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28 avril 2004.

Procurer de l’eau aux plus pauvres offre aussi des avantages économiques

Investir chaque année 11,3 milliards de dollars supplémentaires (...)

Investir chaque année 11,3 milliards de dollars supplémentaires pour l’accès des plus pauvres à l’eau potable et à des installations d’assainissement de base pourrait améliorer leurs résultats économiques de quelque 84 milliards de dollars, soit 7 fois plus que le montant déboursé. Cette évaluation résulte d’une recherche menée par l’Institut tropical suisse à la demande de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Faut-il le rappeler ? les Nations Unies estiment à 1,1 milliard le nombre de personnes privées d’accès à une eau de boisson saine, et à 2,4 milliards celles qui sont dépourvues de services d’assainissement de base.

On sait aussi que l’ONU, dans ses objectifs dits du Millénaire pour le développement et dans les promesses faites lors du Sommet de la Terre à Johannesburg, s’est donné jusqu’à 2015 pour réduire ces deux chiffres de moitié. Ce qui implique évidemment un effort financier particulier de la part des nations les plus riches.

À quel prix ?

À ce propos, on a régulièrement droit à toutes sortes d’estimations du coût des investissements nécessaires à la concrétisation de ces objectifs. Mais les montants avancés varient beaucoup de l’un à l’autre, ce qui s’explique notamment par la diversité des technologies proposées pour les réseaux d’eau et d’assainissement.

L’Institut tropical suisse, mandaté par l’OMS, a imaginé plusieurs scénarios. Aux deux objectifs onusiens, il a ajouté trois options : accès à l’eau et mesures d’assainissement pour tous, accès de tous à une eau de meilleure qualité grâce à des traitements de base, distribution d’eau et installations sanitaires de base à domicile pour tous.

Le montant annuel des investissements supplémentaires qu’impliquent ces choix varie de 1,7 milliards de dollars pour l’option la moins ambitieuse à 136,5 milliards pour la plus haute. Le surcoût (par rapport aux investissements actuels) de la réalisation du double objectif de l’ONU est estimé à 11,3 milliards de dollars par an.

Bénéfices sanitaires, mais pas seulement

Selon l’OMS, 1,6 million de personnes meurent chaque année du fait de l’insalubrité de l’eau et de l’absence de moyens d’assainissement élémentaires. D’autres maladies associées à l’eau, en particulier le paludisme et la filariose, constituent également des charges importantes : à lui seul le paludisme serait à l’origine de plus d’un million de décès annuels.

Il ne suffit toutefois pas d’affirmer que les personnes qui pourraient profiter d’un meilleur accès à des moyens d’approvisionnement en eau et d’assainissement plus sûrs, plus propres et plus sains seraient moins souvent malades. Ce qui, en soi, constituerait déjà un immense progrès vers une vie meilleure et plus conforme à la dignité due à tout être humain.

Mais, du même coup, elles dépenseraient aussi moins d’argent en médicaments et passeraient moins de temps à se soigner ou à vaquer à des corvées d’eau. En meilleure santé, leur travail s’en trouverait d’autant plus efficace et rentable. Avec pour conséquence directe une augmentation potentielle de leurs revenus.

Les chercheurs estiment ainsi qu’un investissement supplémentaire de 11,3 milliards de dollars par an pourrait globalement améliorer les résultats économiques des populations concernées d’un montant annuel équivalant à 84 milliards de dollars. Chaque dollar investi rapporterait, selon les régions, entre 3 et 34 dollars.

Selon le rapport de l’Institut tropical suisse, cette "fourchette" des retombées économiques positives s’établirait entre 5 et 60 dollars si, notamment par des procédés de désinfection au niveau des ménages, on investissait encore davantage pour contrer les risques d’exposition à des eaux contaminées. (Source : OMS)

Organisation mondiale de la santé (OMS), thème : eau




Mots-clés

Mot d’eau

  • Entre la ressource et la source, comment dire l’eau avec justesse ?

    " Entre l’expérimentation du chimiste qui dit clairement la composition de l’eau mais en oublie l’usage, et l’expérience des usagers qui en vivent les troubles, les dangers et les surprises, y a-t-il une place pour une épreuve de soi et du monde qui dise l’eau au lieu de ne faire qu’en parler ? " (Jean-Philippe Pierron, "La Poétique de l’eau")

Glossaire

  • Pompage-turbinage

    C’est un type de centrale hydroélectrique qui permet de stocker de l’énergie électrique potentielle par le biais de deux bassins d’accumulation situés à des altitudes différentes. L’eau du réservoir supérieur, qui sert à produire de l’électricité par turbinage, se déverse dans le réservoir inférieur. Et lorsque la demande d’énergie électrique est faible, cette eau est pompée vers le bassin du haut pour y être stockée et plus tard turbinée à nouveau. Il est ainsi possible d’établir un équilibre entre l’offre et la demande sur le marché de l’électricité.


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