AccueilInfosOn en parle

14 juillet 2019.

Pollution plastique : le Léman comme les océans

Elles commencent à s’accumuler, les études (et les alertes) (...)

Elles commencent à s’accumuler, les études (et les alertes) concernant la pollution du Léman par des matières plastiques. Après celles publiées notamment l’an dernier par des chercheurs des universités de Genève et de Plymouth et par l’Association pour la Sauvegarde du Léman (ASL) [1], c’est au tour de l’association genevoise Oceaneye [2] de révéler les résultats préliminaires d’une série de mesures indiquant que les eaux du lac présentent un niveau de pollution plastique identique à la moyenne mondiale des océans.

Sur les 14 échantillons prélevés et répartis sur l’ensemble du lac, la concentration moyenne de microplastiques (de 1 à 5 mm) et de mésoplastiques (de 5 à 200 mm) atteint 129 grammes au kilomètre carré. Il se pourrait donc que quelque 14 millions de particules dans cette gamme de dimensions flottent aujourd’hui à la surface du Léman. Ce degré de pollution équivaudrait alors à celui de la pollution mondiale moyenne des océans (estimée à 160 gr/km2 par certains experts).

"Nous nous sommes ici concentrés sur l’évaluation de pollution plastique de surface pour des particules de plus d’un millimètre, commente le directeur d’Oceaneye, Pascal Hagmann. Bien qu’elles ne représentent certainement pas le principal gisement de déchets plastiques dans le lac, c’est un indicateur très utile (…) Selon notre expérience dans l’environnement marin, nous nous attendons à une pollution du même ordre de grandeur pour des particules de plus petites dimensions."

Il apparaît aussi qu’une part importante des plastiques flottants dans le lac sont évacués par le Rhône et que les eaux du fleuve en charrient plusieurs tonnes chaque année : sur les 8 échantillons prélevés entre Genève et la Camargue la concentration moyenne de particules plastiques entre 1 et 200 mm a été mesurée à 2,12 milligrammes par mètre cube.

Au vu de ces résultats, Oceaneye prévoit de mener deux nouvelles campagnes d’échantillonnage dans le lac et de s’intéresser aussi de plus près aux sources de cette pollution plastique. L’organisation souhaite pour cela collaborer avec les communes riveraines de manière à évaluer le rôle que tiennent les cours d’eau et les eaux pluviales dans cette forme d’atteinte à l’environnement aquatique.

- En savoir plus sur le site web de Oceaneye




Notes

[1Voir les articles aqueduc.info : Les dégâts de « l’ère plastique » se reflètent aussi dans le Léman du 16 avril 2018 et Du plastique partout dans le Léman du 18 décembre 2018.

[2L’association genevoise Oceaneye a été fondée en 2010 pour, d’une part, sensibiliser l’opinion publique aux problèmes de la pollution des eaux par les plastiques et pour contribuer à la recherche scientifique par le biais de collectes et d’analyses d’échantillons d’eau de surface des océans.

Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


Contact Lettre d'information