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9 octobre 2013.

Pollution aux plastiques : les lacs n’y échappent pas

On sait, depuis un bout de temps déjà, qu’en plein milieu du (...)

On sait, depuis un bout de temps déjà, qu’en plein milieu du Pacifique flotte une épaisse et immense soupe de détritus plastiques charriés par les courants océaniques. Des chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Lausanne ont démontré aussi que le Lac Léman n’échappe pas à cette déferlante de plastiques en tous genres et potentiellement dangereux (*). D’autres chercheurs font aujourd’hui savoir qu’ils ont fait à peu près les mêmes constats en Italie dans un autre grand plan d’eau de l’arc alpin, le Lac de Garde.

La revue scientifique Current Biology se fait l’écho des travaux d’une équipe de chercheurs emmenés par Christian Laforsch, professeur en écologie animale à l’Université de Bayreuth en Allemagne.

Le Lac de Garde a été choisi comme base d’étude de la contamination de l’eau douce par des micro- et macroplastiques car on s’attendait à ce qu’il soit moins pollué en raison de sa situation au pied des Alpes. Mais, surprise ! la quantité de particules microplastiques détectées dans des échantillons de sédiments était assez semblable à celles trouvées dans les études des sédiments de plage marins.

La taille de ces microplastiques suggère qu’ils pourraient s’introduire dans la chaîne alimentaire des organismes vivants dans le lac. Les expériences en laboratoire avec des microplastiques artificiellement fluorés ont en tout cas démontré qu’ils peuvent être ingérés par un large éventail d’invertébrés d’eau douce, des vers aux puces d’eau.

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Même dans les Préalpes, les lacs sont plus qu’on ne l’imagine exposés désormais à la pollution plastique
(© Stéphane Bidouze - Fotolia.com)

Selon Christian Laforsch, et en plus des handicaps "mécaniques" engendrés dans les organismes par ces plastiques ingérés à tort comme une simple nourriture, de nombreuses substances chimiques associées à ces plastiques se sont révélées toxiques, cancérigènes et probablement perturbatrices des systèmes endocriniens. Étant donné que les débris plastiques sont transportables sur de longues distances, ils peuvent polluer des habitats jusque-là préservés et servir de vecteur à des espèces exotiques et à des maladies. Et la simple existence de particules microplastiques dans un environnement subalpin laisse penser que leur nombre est encore plus élevé dans les eaux d’aval et dans des territoires à plus basse altitude. (Source : ScienceDaily, "Plastic waste is a hazard for subalpine lakes, too", 9 oct 2013)


Référence de l’étude
Christian Laforsch and al., "Contamination of beach sediments of a subalpine lake with microplastic particles", Current Biology, Volume 23, Issue 19, 7 October 2013

(*) "Quand toute l’eau sera polluée …", éditorial aqueduc.info, 31 mai 2013 Lire >




Mots-clés

Glossaire

  • Débit résiduel

    Volume d’écoulement qui subsiste après un prélèvement dans un cours d’eau (par exemple pour des besoins d’irrigation ou de production d’énergie). Maintenir un minimum de débit et de profondeur d’eau en aval d’une installation est absolument indispensable pour préserver la qualité de l’eau, assurer la recharge des nappes souterraines, protéger la faune et la flore et offrir des possibilités de loisirs. En Suisse, le débit résiduel minimal à garantir dans les cours d’eau à débit permanents est défini par la législation fédérale.

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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