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10 novembre 2008.

PHEDRE, le moulin perso pour mettre un peu de "jus" chez soi

Les petits projets hydroélectriques ont de l’avenir. Et en Valais, (...)

Les petits projets hydroélectriques ont de l’avenir. Et en Valais, les ingénieurs de la Haute Ecole Spécialisée en sont convaincus. À preuve le prototype de micro centrale autonome qu’ils ont mis au point il y a quelque temps déjà, avec l’idée d’en transférer ensuite la technologie à un partenaire industriel. Le Groupement des équipementiers valaisans s’y intéresse et pourrait prochainement produire et commercialiser cette « picocentrale hydroélectrique développée à partir d’une roue à eau ». En abrégé : PHEDRE. La simplicité de son mécanisme, son faible coût de fabrication et de maintenance, de même que son label développement durable pourraient lui ouvrir un marché intéressant, y compris dans certains pays en développement.

Le moulin fait partie du patrimoine hydraulique valaisan (voir l’album photo des moulins du Val d’Anniviers). Et comme les ingénieurs de la Haute Ecole Spécialisée installée à Sion (HES-SO Valais) s’intéressent à ce domaine depuis une bonne décennie, c’est somme toute assez logiquement qu’ils en ont imaginé une application hydroélectrique à petite échelle.

Le prototype ainsi mis au point et présenté en 2006 déjà à la Foire Swisstech de Bâle mesure un mètre de diamètre sur 30 centimètres de large. La roue, en tôle d’acier inoxydable soudée, est montée sur roulements à billes. À l’intérieur de la roue, une génératrice qui, avec un débit de 8 à 10 litres d’eau par seconde, produit une quarantaine de watts. Il suffit alors de la connecter à une batterie, ce qui pourra alimenter en électricité une habitation située hors réseau et répondra aux besoins de base, entre autres pour l’éclairage. À condition bien entendu de ne pas être trop éloigné du moulin et du flux d’eau qui l’alimente. Comparée à du captage solaire, ce genre d’installation a l’avantage de pouvoir fonctionner en permanence. Et son coût devrait tourner aux alentours des 2 à 3’000 francs suisses (1’300 à 2’000 euros).

Imaginer est une chose. Produire et commercialiser en sont une autre. La balle est maintenant dans le camp du Groupement des équipementiers valaisans qui devrait prochainement fixer ses premiers objectifs. En Valais, un certain nombre de propriétaires d’habitations de montagne, loin de tout réseau électrique, ont déjà manifesté de l’intérêt. Au-delà de ce marché qui reste de toute évidence microscopique, PHEDRE– au même titre que des panneaux solaires - pourrait rendre de précieux services dans des pays en développement ou dans des régions particulièrement démunies en énergie électrique de base mais possédant de bonnes ressources en eaux courantes.

De tels projets, pouvait-on lire dans le 2e Rapport mondial sur les ressources en eau (2006) « sont particulièrement adaptés pour fournir une électrification hors réseau aux populations des zones rurales isolées, leur impact sur l’environnement local est limité. Le recours et l’encouragement à ces projets peuvent contribuer à l’élimination de la pauvreté grâce à un développement socio-économique durable. »

« Small is beautiful », écrivait il y 35 ans déjà l’économiste E.F.Schumacher, pionnier des technologies appropriées. Appliqué au domaine de la production d’énergie, ce concept a tout de même pris pas mal de temps à se concrétiser. Mais, à l’heure où la pérennité des ressources énergétiques devient une priorité, les petits projets hydroélectriques commencent à être pris au sérieux. PHEDRE arrive donc au bon moment. (Source : HES-SO Valais)




Infos complémentaires

:: Données techniques

Dimensions
Diamètre 1 m
Largeur 0.3 m

Electricité
Puissance 40 W
Tension 12 VDC
Stockage batterie 12V
Conversion onduleur 230 VAC

Alimentation en eau
Chute 1 m
Débit 8 litres/sec

Construction
Matière acier inox soudé
Paliers roulements à billes étanches
Support pied réglable


:: Flyer à télécharger

PDF - 366 ko
PHEDRE - flyer

Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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