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6 janvier 2021.

On l’appelait « le peintre de la goutte d’eau »

Kim Tschang-yeul, l’un des plus grands artistes sud-coréens et en (...)

Kim Tschang-yeul, l’un des plus grands artistes sud-coréens et en tout cas l’un des plus connus à l’étranger, est mort le 5 janvier à Séoul, à l’âge de 91 ans. Né dans ce qui est aujourd’hui la Corée du Nord, réfugié au Sud puis enrôlé malgré lui dans une guerre dont il gardera toujours les pires horreurs en mémoire, il s’installe en France, en région parisienne, à l’orée des années 1970, après être passé par New York où il avait poursuivi sa formation artistique grâce à une bourse de la Fondation Rockefeller.

Pendant quasiment un demi-siècle, Kim Tschang-yeul s’attellera alors à une œuvre quasi obsessionnelle autour d’un thème, la goutte d’eau, qui devient pour ainsi dire son unique signature. Ce motif, écrit le critique d’art Philippe Dagen dans une chronique du journal Le Monde (6 janvier 2021), « il l’a pris et repris inlassablement, dans des formats réduits ou monumentaux, une goutte unique ou des nuées, sur toile, papier journal ou bois, sur des fonds monochromes lisses ou rugueux ou sur des écritures en caractères chinois, coréens ou latins. Elles sourdent ou dégoulinent, coulant dans un apparent désordre ou selon une géométrie étrangement régulière. Il lui faut d’abord connaître le motif, par la photographie, en variant les lumières et les directions. Ainsi atteint-il bientôt une maîtrise parfaite de la transparence et des reflets, de la fluidité et du volume. »

Dans une interview qu’il avait accordée il y a quelques années à l’agence de presse sud-coréenne Yonhap, Kim Tschang-yeul avait expliqué que, pour lui. « penser à des gouttes d’eau transparentes est un acte visant à faire disparaître les mauvaises choses. J’ai dissous et effacé d’horribles souvenirs en les peignant d’innombrables fois ... Je suis presque guéri, je pense. »

Les gouttes d’eau de Kim Tschang-yeul ont été présentées dans d’innombrables expositions à travers le monde et figurent dans les catalogues en ligne de plusieurs expositions privées. On en trouve notamment un bref mais intéressant aperçu sur le site du magazine « Cahier de Séoul », dédié à la culture coréenne, sous le titre « Les récurrences de Kim Tschang Yeul ». (bw)



Mots-clés

Glossaire

  • Ablution

    Dans le vocabulaire des religions, l’ablution est un rite de purification du corps, par immersion totale ou par aspersion, pratiqué individuellement ou collectivement dans des situations particulières, notamment après un contact avec des choses jugées impures ou avant un acte religieux comme la prière. Fréquente dans le judaïsme et l’Islam, mais aussi dans le bouddhisme, l’hindouisme et le shintoïsme, l’ablution rituelle a pratiquement disparu de la liturgie chrétienne.

Mot d’eau

  • Longer les fleuves

    « J’aimais les chemins en bordure des fleuves. Aller avec le courant de leur eau et sentir leur respiration au gré de la marche. Les fleuves vivaient. Ils avaient fait les villes. Au cours des dizaines de milliers d’années, ils avaient usé les montagnes, transporté les terres, comblé les mers, puis fait pousser les arbres. Depuis le début des temps, les villes leur appartenaient, et sans doute ne cesseront-elles jamais de leur appartenir. » (Haruki Murakami, "La course au mouton sauvage", 1982)


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