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12 mai 2003.

ONU : l’eau, tête de liste des priorités du développement durable

Pendant deux ans - 2004 et 2005 - c’est l’eau, l’assainissement et (...)

Pendant deux ans - 2004 et 2005 - c’est l’eau, l’assainissement et les ’établissements humains’ qui seront les thèmes prioritaires de la Commission du développement durable (CDD) des Nations Unies. A New York, lors de sa dernière session annuelle, du 28 avril au 9 mai, elle a même défini son nouveau programme de travail jusqu’en… 2017.

La Commission de l’ONU pour le développement durable change son fusil d’épaule. Plutôt que de se disperser au fil des ans sur une multitude de sujets, elle prend l’option de se concentrer désormais sur une série de thèmes-clefs répartis sur des cycles de deux années, la première centrée sur les évaluations, la seconde sur la mise en œuvre des décisions concrètes.

La première "étape" (2004-2005) sera donc consacrée à l’eau. Suivront cinq autres grandes thématiques : l’énergie (développement industriel, changements climatiques,…), l’agriculture (développement rural, désertification,…), les transports (déchets industriels, pollution chimique,…) , les forêts (biodiversité, montagne, …), les mers et océans (ressources marines, États insulaires,…). Le tout s’achevant en 2016-2017 sur deux années de bilan global.

La clé du développement durable

Les divers "débats de haut niveau", tables rondes ou autres "dialogues interactifs" organisés à New York pendant cette session annuelle de la Commission du développement durable ont évidemment livré leur lot de déclarations en tous genres dont on attend qu’elles soient suivies d’effets.

Les communiqués de presse de la Commission ont fait notamment bonne place aux déclarations du Prince héritier Willem Alexander des Pays-Bas pour qui "l’eau est la clé de l’éradication de la pauvreté et du développement durable". Gérer les ressources en eau de manière plus rationnelle est, selon lui, quelque chose d’impératif. Constatant que le monde a atteint les limites de la révolution verte, il recommande donc une "nouvelle révolution agricole" reposant sur l’utilisation de cultures qui nécessitent moins d’eau.

Le ministre de l’environnement du Sénégal, Modou Diagne Fada, va dans le même sens quand il déclare que la disponibilité de l’eau a été identifiée dans son pays comme une question transversale dont la résolution permettra de traiter des autres enjeux majeurs du développement durable.

Le représentant du Mali, pays voisin où la protection des ressources hydriques et la lutte contre la désertification sont essentielles, s’étonne des actions initiées dans les pays riches par des mouvements écologistes qui cherchent à bloquer la construction de barrages, alors qu’à son sens ces infrastructures sont les seules qui puissent assurer un approvisionnement en eau aux populations sahéliennes pendant les périodes de sécheresse.

Le tribut des femmes et des filles

Autre thème soulevé par plusieurs intervenants : les femmes, qui paient un lourd tribut au manque d’eau potable dans les pays en développement, et les filles, privées d’école car elles doivent assumer les tâches domestiques, parmi lesquelles les corvées d’eau.

La promotion de l’accès de toutes les populations à l’eau potable et à l’assainissement signifie aussi qu’il faut intégrer le concept de parité dans les réflexions et les actions sur ces thèmes, dit entre autres Jennifer Francis, secrétaire exécutive de "Gender and Water Alliance".

Sur un thème lui aussi de grande actualité -celui de la privatisation de l’eau - le représentant des organisations syndicales d’Afrique du Sud déclare sans ambiguïté qu’une telle pratique doit être exclue. Il explique que l’eau est une ressource essentielle dont la consommation ne devrait pas être perçue sous le seul angle commercial. D’ailleurs, la majorité des populations du monde sont trop pauvres pour pouvoir entrer dans un tel marché.

200’000 de plus chaque jour

Pour conclure, un chiffre : Nitin Desai, secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales des Nations Unies, a calculé que si la communauté internationale veut atteindre les objectifs qu’elle s’est fixés, il faut que chaque jour 200’000 personnes supplémentaires soient de par le monde assurées d’un approvisionnement régulier en eau potable. Mais en a-t-elle vraiment la volonté, en prend-elle vraiment les moyens ? (bw)

Liens (sites anglophones uniquement) :
- United Nations Division for Sustainable Development
- United Nations Commission on Sustainable Development




Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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