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25 novembre 2010.

Nouveau plan décennal pour améliorer la qualité des eaux du Léman

"Préserver le Léman, ses rives et ses rivières aujourd’hui et (...)

"Préserver le Léman, ses rives et ses rivières aujourd’hui et demain" : c’est l’objectif du nouveau plan d’action pour les années 2011-2020 adopté par l’assemblée plénière de la CIPEL, Commission internationale pour la protection des eaux du Léman. Ses principales priorités portent sur la réduction des micropolluants, la renaturation des rives et l’adaptation aux changements climatiques. Même si certains des objectifs du plan décennal précédent, de 2001 à 2010, n’ont pu être atteints, son bilan d’ensemble est toutefois jugé positif.

Pour la CIPEL, il est indéniable que les actions menées entre 2001 et 2010 dans le bassin versant du Léman ont été bénéfiques pour la qualité des eaux du lac et de ses affluents, qu’il s’agisse d’assainissement domestique, de pratiques agricoles ou d’actions relatives aux activités industrielles. Un certain nombre de progrès significatifs sont à mettre en évidence, notamment la diminution de la concentration en phosphore (baisse de 33 % en dix ans, 22 microgrammes par litre d’eau en 2009) et la bonne qualité bactériologique des eaux sur les plages (leur proportion est passée de 52 à 79 % entre 2002 et 2009).

Par contre, des efforts doivent être absolument poursuivis en ce qui concerne la qualité biologique du lac et des cours d’eau : les actions de renaturation menées sur les rives du lac et des rivières du bassin versant, comme cela a pu être fait dans le cadre de contrats de rivières transfrontaliers, sont encore isolées et mériteraient d’être développées de manière significative.

Les obstacles artificiels à la migration des poissons également restent une préoccupation importante de la CIPEL : seuls 219 des 370 km que la truite lacustre pourrait parcourir (sur un total de quelque 3’500 km de cours d’eau) sont effectivement utilisables pour son déplacement optimal. De plus, on retrouve dans l’eau, mais aussi dans la chair des poissons, des substances indésirables et parfois non biodégradables, tels des micropolluants, pesticides et résidus médicamenteux, présentant un danger potentiel pour l’environnement et pour l’homme.

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Le Léman, du côté de St-Prex

Quatre grandes orientations

Le Plan d’action 2011-2020, intitulé « Préserver le Léman, ses rives et ses rivières aujourd’hui et demain », se structure autour de quatre grandes orientations - bon état, eau potable, cadre de vie, et changement climatique - déclinées en une série d’objectifs ciblés :

- réduire la concentration en micropolluants dans les eaux du lac et des rivières ;
- poursuivre la réduction de la quantité de phosphore présente dans le lac ;
- garantir l’usage de l’eau du lac pour la production d’eau potable, mais également comme eau de baignade, et comme zone de loisirs ;
- augmenter la part des rives naturelles du lac et des rivières ;
- améliorer et maintenir la qualité biologique des eaux du lac et des rivières ;
- maintenir le bon état de la ressource piscicole ;
- limiter l’arrivée des espèces végétales et animales exogènes invasives ;
- évaluer l’impact du réchauffement climatique sur les eaux du bassin versant et envisager des adaptations des usages. (Source : CIPEL)


- P.S. Si l’on en croit une information publiée le 17 décembre 2010 par La Tribune de Genève et 24 Heures, l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne serait en train de préparer un ambitieux programme de recherche et d’exploration du lac Léman en collaboration avec notamment un institut russe de recherches océanographiques. Le projet, qui jusqu’à présent n’a fait l’objet d’aucune communication officielle, impliquerait l’utilisation de deux sous-marins de poche de type Mir. Les deux quotidiens rappellent à ce sujet que le Léman, qui est aussi la plus grande réserve d’eau d’Europe occidentale, est l’un des lacs les plus étudiés du monde. Pour mémoire, le professeur Jacques Piccard avait en 1978 conçu un sous-marin spécial, le FA-Forel, précisément destiné à l’étude des eaux lémaniques, mais qui n’a plus été utilisé depuis 2005, faute de moyens financiers appropriés. (bw)




Infos complémentaires

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Photos aqueduc.info

:: La qualité de l’eau, affaire de tous

La CIPEL appelle les habitants du bassin versant du Léman, ainsi que ses visiteurs occasionnels, à contribuer à la préservation de la ressource en eau en adoptant au quotidien quelques gestes simples, tels que :

- apporter à la déchetterie les produits dangereux et ne pas les déverser dans une grille d’eau claire, un lavabo ou des WC ;
- idem pour les médicaments dont il convient de faire un usage raisonné et le cas échéant les rapporter dans une pharmacie ;
- choisir ses produits détergents parmi les plus biodégradables ;
- acheter des produits issus de l’agriculture biologique ;
- jardiner au naturel, sans recourir aux herbicides, fongicides, insecticides ou autres biocides.

:: La CIPEL en bref

La Commission Internationale pour la Protection des Eaux du Léman a été fondée en 1963 pour surveiller les eaux du lac et de son bassin versant. Elle est composée d’élus et de hauts fonctionnaires suisses et français.

Chaque année, la CIPEL édicte des recommandations d’actions qu’elle adresse aux gouvernements de la Suisse, de la France ainsi qu’aux entités qui la forment (cantons de Vaud, Valais et Genève, région Rhône-Alpes, départements de l’Ain et de la Haute-Savoie).

En 48 ans d’activité, la CIPEL a notamment contribué à la réduction d’une pollution inquiétante du Léman liée à un surplus de phosphore qui a culminé en 1979. Elle a demandé la construction de stations d’épuration (il y a actuellement 222 STEP répertoriées sur le bassin versant), préconisé l’interdiction du phosphate dans les produits lessiviels (1986 en Suisse et 2007 en France) et favorisé une optimisation des épandages d’engrais agricoles.

- Site de la CIPEL

Mots-clés

Agenda

Glossaire

  • Correction de cours d’eau

    Se protéger contre les crues est un souci de tout riverain. Depuis le 18e s., de vastes travaux ont été menés pour "corriger" certains grands cours d’eau (Kander, Linth, Aar, Rhône, etc.) et gagner des terres cultivables. Changement d’approche dès 1991 avec la loi sur l’aménagement des cours d’eau qui stipule que "leur tracé naturel doit être autant que possible respecté ou, à défaut, reconstitué". Il s’agit non plus de les corriger mais de les "renaturer" ou, quand la restauration n’est que partielle, de les "revitaliser".

Mot d’eau

  • “Enfant, j’ai connu
    le Rhône sauvage ...”

    “ ... À leur tour, les enfants d’aujourd’hui se souviendront de leur Rhône. L’essentiel n’est-il pas de garder vivace le lien qui nous unit à la nature ? Elle est notre véritable identité. L’écouter, c’est apprendre à se connaître.” (Pierrette Micheloud)


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