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27 février 2012.

Naissance d’un "Partenariat suisse pour l‘eau"

À l’instar de ce qui se fait déjà dans plusieurs autres pays (...)

À l’instar de ce qui se fait déjà dans plusieurs autres pays européens, la Suisse s’est dotée d’un "Partenariat pour l’eau" regroupant, au départ, une bonne quarantaine d’institutions. Toutes bénéficient de connaissances et de compétences qui pourraient être mises en œuvre dans les actions menées au niveau mondial pour améliorer la gestion des ressources hydriques. Ce "Swiss Water Partnership" se donne pour ambition de promouvoir les synergies possibles entre ces institutions et renforcer ainsi la visibilité du secteur suisse de l’eau au niveau international.

Pas moins de 45 institutions étaient représentées à Berne le 27 février 2012 lors de l’assemblée générale constitutive qui a formellement donné naissance à ce nouveau Partenariat suisse pour l’eau. Elles ont adopté des statuts discutés lors de deux séances préparatoires en automne 2011. Des statuts qui, selon Martin Dahinden, directeur de la Direction du développement et de la coopération, "postulent la solidarité avec les plus pauvres et les nécessiteux" et, dans le même temps, "considèrent qu’il est légitime de renforcer la position économique de la Suisse et des entreprises suisses dans le secteur de l’eau".

Cette plateforme, qui reste ouverte à l’adhésion d’autres partenaires, regroupe au départ des services de l’administration fédérale, des instituts universitaires, des bureaux d’ingénieurs, des entreprises, des groupements professionnels, des organisations d’entraide, etc. pouvant témoigner de compétences reconnues et d’expériences diverses dans le secteur de l’eau et de l’assainissement.

Tous ces partenaires ont conscience que la Suisse est un pays qui bénéficie d’importantes ressources en eau du fait de sa configuration géographique au cœur des Alpes. Mais, comme le souligne un récent rapport sur sa politique environnementale internationale, c’est hors de ses frontières - souvent dans des pays en développement voire dans des régions semi-arides - que nombre des biens et services consommés à l’interne sont produits grâce au prélèvement d’énormes quantités d’eau (les 80% de la consommation cumulée d’eau virtuelle en Suisse sont importés). Il est donc dans l’intérêt national de la Suisse, dit-on au sein de ce nouveau partenariat, et c’est même pour elle une véritable obligation morale, que d’offrir ses services aux pays qui sont confrontés à des problèmes de pénurie d’eau.

Il est notoire que la Suisse dispose d’excellents arguments dans ce secteur, entre autres une très bonne qualité de ses services publics de distribution de l’eau et de l’assainissement, des universités et des instituts de recherche technologique de très haut niveau, des sociétés d’ingénierie performantes et des organismes de coopération internationale forts d’une longue expérience de terrain.

D’où l’idée, qui a convaincu les responsables du ministère fédéral des affaires étrangères et plus particulièrement de sa direction du développement et de la coopération, de lancer un Partenariat suisse de l’eau qui offre la possibilité de mieux coordonner les initiatives helvétiques en la matière (plutôt que de les mettre en concurrence) et de tirer profit des connaissances et des compétences de ses partenaires pour formuler des politiques adéquates et des programmes efficients dans le secteur de l’eau.

L’accent sera mis en particulier sur l’utilisation durable et équitable des ressources en eau, l’accès de tous à l’eau potable et l’assainissement, la gestion durable et équitable des écosystèmes, la prévention des risques naturels et la mise en œuvre des savoir-faire suisses dans ces différents domaines.

C’est une ONG, HELVETAS Swiss Intercooperation, qui a été mandatée pour assumer les tâches de secrétariat du Partenariat suisse pour l‘eau et qui sera donc chargée notamment d’organiser les échanges d’informations entre ses membres, de coordonner leur présence dans les événements internationaux (tel le Forum mondial de l’eau à Marseille en mars prochain) et d’élaborer un programme de travail annuel. (bw)

- Site du Swiss Water Partnership
(pour l’instant en anglais seulement)




Infos complémentaires

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Par intérêt et par obligation de solidarité, la Suisse se doit de venir en aide aux pays confrontés à des pénuries d’eau.

Mots-clés

Glossaire

  • Débit résiduel

    Volume d’écoulement qui subsiste après un prélèvement dans un cours d’eau (par exemple pour des besoins d’irrigation ou de production d’énergie). Maintenir un minimum de débit et de profondeur d’eau en aval d’une installation est absolument indispensable pour préserver la qualité de l’eau, assurer la recharge des nappes souterraines, protéger la faune et la flore et offrir des possibilités de loisirs. En Suisse, le débit résiduel minimal à garantir dans les cours d’eau à débit permanents est défini par la législation fédérale.

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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