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19 juin 2018.

Naïa et
« les mystères de l’eau »

Un récit signé Blaise Hofmann

C’est l’histoire d’une écolière de 12 ans qui, comme devoir de vacances, a hérité du thème de l’eau. Le hasard – mais rien n’arrive par hasard, n’est-ce pas ? – veut qu’elle voie au téléjournal le "Professeur Dubrochet" (chacun aura compris qu’il s’agit bel et bien de Jacques Dubochet, lauréat en 2017 du Prix Nobel de chimie) rappelant que "nous sommes tous faits de flotte" mais aussi qu’il y a deux espèces de poissons : les poissons morts qui vont avec le courant, et les poissons vivants qui vont à contre-courant !

Naïa, qui tient désormais son sujet de recherche, décide alors de remonter la Chamberonne, sa petite rivière, qui traverse le campus de l’Université de Lausanne. Elle se dit que pour elle c’est l’occasion ou jamais de réaliser le rêve de tout écolier et de tout étudiant : "suivre son cours sans quitter son lit" !

Au fil de ses rencontres avec une brochette d’éminents professeurs, tous bien réels et vite identifiés malgré leurs amusants pseudonymes, elle découvre entre autres que les vapeurs d’eau ne se perdent jamais dans l’univers ; qu’on peut mettre des notes aux rivières, de très mauvaises à excellentes ; qu’une rivière, c’est souvent un obstacle, mais parfois un trait d’union entre deux rives ; qu’on ne se baigne jamais deux fois dans la même rivière, si l’on en croit un vieux philosophe ; que l’eau est un bien de consommation et une ressource commune, mais aussi un droit humain. Et bien d’autres choses encore.

Hélas, son exposé à la rentrée scolaire ne convainc guère sa maîtresse. Se sentant incomprise, pour ne pas dire révoltée, Naïa écrit au Professeur Dubrochet pour lui demander à quoi servent toutes ces connaissances. Lequel, par retour du courrier, lui expliquera que "l’étendue bleue qui recouvre les deux tiers de notre planète reste l’une des plus grandes énigmes de l’univers". Et qu’il faut donc "continuer à s’émerveiller" ! (bw)


Blaise Hofmann
Les Mystères de l’eau
Illustré par Rémi Farnos.
Éditions La Joie de lire,
Genève, 2018, 128 pp.



Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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