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14 septembre 2009.

Menaces sur les ressources en eau de la Bande de Gaza

Selon un rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement

Selon un rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), les réserves d’eau souterraine de la Bande de Gaza, dont dépend la subsistance d’un million et demi de Palestiniens, risquent de s’effondrer assez rapidement. À cela deux raisons essentielles : d’une part, des prélèvements excessifs menés durant de nombreuses années ; d’autre part, la pollution des nappes souterraines aggravée par les hostilités de décembre 2008 et janvier 2009. Les experts avancent deux solutions : laisser ‘reposer’ la nappe phréatique et trouver des sources alternatives d’eau.

En février dernier, le Conseil d’administration du PNUE avait demandé un rapport sur les impacts directs du conflit dans la Bande de Gaza. Une équipe multidisciplinaire d’experts a alors entrepris l’inspection de nombreux sites pour y évaluer les dommages causés à l’environnement et le coût de sa réhabilitation. Leur rapport, qui vient d’être publié, montre comment les hostilités ont contribué à aggraver des problèmes environnementaux déjà existants.

Le rapport indique que « à moins que la tendance ne soit inversée immédiatement, les dégâts pourraient être ressentis pendant des siècles. La nappe phréatique étant un continuum avec l’Egypte et Israël, toute action doit être coordonnée avec ces deux pays ».

Le taux de prélèvement dépasse largement le taux de recharge naturelle

La Bande de Gaza reçoit en moyenne 300 mm de pluie par année, soit 45 millions de mètres cube, dont 46 pour cent servent à recharger la nappe phréatique. Mais le taux d’extraction annuel de quelque 160 millions de mètres cube dépasse depuis de nombreuses années le taux de recharge naturelle.

L’une des conséquences de ces prélèvements excessifs est l’immixtion d’eau de mer salée dans les réserves d’eau douce. Dans la plus grande partie de la Bande de Gaza, le taux de salinité outrepasse largement la limite de 250 milligrammes par litre établie par l’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS).

À cela s’ajoute le fait que la nature des sols de la Bande de Gaza facilite l’infiltration des eaux usées et des écoulements en provenance de décharges surchargées ou non-protégées jusque dans la nappe phréatique. Des tests effectués dans neuf puits privés ont démontré que la concentration de nitrates dans plusieurs d’entre eux excédait la limite de 50 milligrammes par litre fixée par l’OMS. Autrement dit, les taux de pollution aux nitrates sont tels qu’ils font peser de grands risques d’empoisonnement aux nourrissons.

Le PNUE estime le coût du rétablissement de la nappe phréatique et l’installation d’usines de désalinisation à plus d’un milliard et demi de dollars sur 20 ans. (Source : PNUE)


- Le rapport « Environmental Assessment of the Gaza Strip following the escalation of hostilities in December 2008-January 2009 » est disponible, en anglais,
sur le site du PNUE




Infos complémentaires

Enfant palestinien attendant son tour dans un centre de distribution d’eau dans le sud de la Bande de Gaza (Photo Hatem Omar/IMEU.net)

De quelques recommandations

Le rapport du PNUE avance plusieurs recommandations, entre autres :

- le rétablissement complet du réseau actuel d’approvisionnement en eau, afin de réduire les pertes dues aux fuites, qui représentent plus de 40 pour cent de l’eau pompée

- l’amélioration des mesures de contrôle des sources de contamination de la nappe phréatique

- le développement de sources alternatives d’eau via la désalinisation de l’eau de mer

- l’installation d’une ou deux stations d’épuration modernes ayant la capacité de traiter les nitrates (tant que cela ne sera pas fait, toutes les eaux usées devraient être déversées en mer, à une profondeur et à une distance appropriées).

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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