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27 septembre 2005.

« Libérons-les de la corvée eau ! »

À Rabat (Maroc), du 17 au 24 septembre 2005, près d’une centaine de (...)

À Rabat (Maroc), du 17 au 24 septembre 2005, près d’une centaine de jeunes de 15 à 20 ans, dont quelques dizaines venus de pays européens, ont participé à une « Rencontre Jeunesse » placée sous le thème de la problématique de l’eau potable, en particulier de la situation des jeunes filles porteuses d’eau privées de la sorte d’un accès régulier à la scolarisation. D’où le titre de ce congrès inédit : "Libérons-les de la corvée eau !".

Cette Rencontre internationale était organisée à l’initiative conjointe de l’Office national marocain de l’eau potable et de l’association GREEN Belgium (Global Rivers Environmental Education Network), en partenariat avec l’Observatoire national marocains des droits de l’enfant et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Le Maroc, rappelle le communiqué annonçant la manifestation, s’est lancé dans un ambitieux programme d’approvisionnement en eau potable. Aujourd’hui 40% de la population rurale marocaine n’y a pas encore accès. Le gouvernement s’est fixé pour objectif de couvrir 90% des besoins d’ici 2007.

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© Green Belgium

De nombreux enfants, des filles surtout, ne fréquentent pas l’école tout simplement parce qu’ils doivent aller chercher l’eau nécessaire à couvrir les besoins de leur famille. Bien que depuis l’année 2000 l’obligation de fréquenter l’école soit fixée à 16 ans, ils sont de la sorte privés de toute chance de formation et de développement personnel. Cette rencontre se voulait donc en quelque sorte l’expression du sentiment de solidarité qu’éprouvent les jeunes. Solidarité entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest, mais aussi entre jeunes marocains des villes et du monde rural. Une douzaine de jeunes, eux-mêmes porteurs et porteuses d’eau, ont participé au Congrès de Rabat, quittant ainsi leur village pour la première fois et servant de guides lors des « journées d’immersion » dans leurs douars (hameaux).

"Se mettre dans la peau des porteurs et porteuses d’eau"

Les jeunes venus d’Europe ont quant à eux expérimenté concrètement ce que représente, pour les enfants et les jeunes ruraux, la tâche d’aller plusieurs fois par jour chercher l’eau nécessaire à la vie de leur famille. En petits groupes, il se sont mis dans la peau de jeunes porteurs et porteuses d’eau et vécu une journée dans un hameau non desservi en eau potable. Ils se sont également préparés à leur rôle d’ambassadeurs pour que, de retour dans leurs pays, ils puissent animer des projets de solidarité dans les domaines de l’approvisionnement en eau potable et du développement durable.

Lors de la séance de clôture du Congrès, les jeunes ont émis des idées et propositions visant toutes à alléger le fardeau de la collecte d¹eau subi par les jeunes filles en milieu rural pour les encourager à suivre une scolarité régulière. Ils ont appelé à une forte mobilisation pour la défense des droits fondamentaux des enfants, en particulier celui de l¹accès à l¹eau potable et donc du droit à la vie. (Sources : communiqué et presse marocaine ’Le Matin’, ’Al Bavane’, ’L’Opinion’).

Site de l’Association Green Belgium




Mots-clés

Glossaire

  • Débit résiduel

    Volume d’écoulement qui subsiste après un prélèvement dans un cours d’eau (par exemple pour des besoins d’irrigation ou de production d’énergie). Maintenir un minimum de débit et de profondeur d’eau en aval d’une installation est absolument indispensable pour préserver la qualité de l’eau, assurer la recharge des nappes souterraines, protéger la faune et la flore et offrir des possibilités de loisirs. En Suisse, le débit résiduel minimal à garantir dans les cours d’eau à débit permanents est défini par la législation fédérale.

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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