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20 août 2008.

Les "vrais chiffres" de la consommation d’eau personnelle

Chaque habitant du Royaume-Uni, pour ses besoins domestiques, (...)

Chaque habitant du Royaume-Uni, pour ses besoins domestiques, utilise environ 150 litres d’eau par jour. Mais si l’on prend en compte les quantités d’eau qui ont été prélevées pour produire sa nourriture, ses vêtements et autres biens de consommation courante, ce chiffre doit être multiplié par 30, c’est-à-dire quelque 4’645 litres ! Le WWF (Fonds mondial pour la nature), qui publie ces données à Stockholm dans le cadre de la Semaine internationale de l’eau, a fait les mêmes calculs en Belgique : 120 litres consommés par jour à multiplier par 40, soit 4’800 au total. Autant dire que l’empreinte en eau (*) de nombreux pays industrialisés, dont le niveau de consommation de cette ressource est relativement identique (sinon plus élevé encore, comme aux États-Unis), est la plupart du temps grandement sous-estimée.

Selon le WWF, le Royaume-Uni figure parmi les plus grands pays importateurs d’eau au monde. Seuls 38% de l’eau qu’il utilise proviennent de ses propres cours d’eaux, lacs et nappes souterraines. « Le reste, explique un expert britannique, Stuart Orr, est pris dans de nombreux pays à travers les processus d’irrigation et de production d’aliments, de fibres textiles et autres biens de consommation importés en Grande-Bretagne. Le plus inquiétant, c’est qu’une énorme quantité de ces biens est produite dans des régions qui connaissent des pénuries d’eau ou qui y seront confrontées dans un proche avenir. »

« La plupart des gens, poursuit-il, ne se rendent même pas compte que les aliments et les textiles qu’ils consomment exigent pour leur production d’énormes quantités d’eau comparées à celles qu’ils prélèvent pour boire, se laver ou arroser leur gazon. » Il faut ainsi 13 litres d’eau pour produire une seule tomate marocaine, 140 pour une simple tasse de café kenyan, 2’700 pour un T-shirt en coton cultivé au Pakistan.

Pour le WWF britannique, il est essentiel que le gouvernement et les entreprises identifient sans tarder les zones qui pourraient potentiellement connaître des crises de l’eau et développent des solutions adéquates, de telle manière que les populations et les écosystèmes ne subissent pas les conséquences désastreuses de possibles surexploitations de cette ressource. Personne aujourd’hui n’ignore plus la catastrophe écologique de la Mer d’Aral provoquée précisément par les détournements massifs d’eau nécessaire aux cultures de coton.

Les entreprises doivent être encouragées à évaluer leur empreinte en eau, c’est-à-dire la quantité totale d’eau qu’elles utilisent à travers leurs systèmes d’approvisionnement, de production et de distribution, non seulement là où elles ont leur siège mais là aussi où sont produites et cultivées les matières premières qu’elles transforment.

Les consommateurs ont également un rôle primordial à jouer en réclamant une meilleure gestion de l’eau aux fabricants des produits qu’ils achètent et en faisant pression sur les autorités pour qu’elles fassent de la gestion de l’eau une priorité à tous les niveaux, régional, national et mondial. (Source : WWF)


(*) Mesurer l’empreinte en eau d’un produit (d’un bien, d’une installation, voire d’un service) consiste à calculer la quantité d’eau utilisée directement et indirectement à tous les stades de son processus de production et de distribution. L’empreinte en eau est également appelée « teneur en eau virtuelle ». Lire sur aqueduc.info la fiche eau virtuelle.




Infos complémentaires

UK Water Footprint :
the impact of the UK’s food and fibre consumption on global water resources

Rapport disponible
sur le site WWF-UK


:: L’industrie du plastique
s’intéresse à
son empreinte en eau

Deux entreprises internationales – Borealis, basée à Vienne et spécialisée dans le domaine des plastiques, et Uponor, sise en Finlande, leader de la plomberie et des systèmes de chauffage – ont annoncé, également à Stockholm, qu’elles lançaient une « initiative commune visant à appliquer pour la première fois le concept de l’empreinte en eau (*) aux applications de production de plastique ».

Convaincues par les recherches du professeur anglais John Anthony Allan sur l’empreinte en eau et l’eau virtuelle, les deux entreprises – à l’instar de ce qui se fait déjà dans certaines branches de l’alimentation et des boissons - entendent étudier la consommation d’eau dans l’ensemble de la chaîne de l’industrie du plastique, de l’extraction des matières premières au système complet installé dans les immeubles. Ce qui devrait permettre entre autres d’évaluer la quantité d’eau totale utilisée pour équiper une maison type d’un circuit de plomberie moderne et d’un système de chauffage par le sol.

Liens utiles
Groupe Borealis
Uponor

Mots-clés

Mot d’eau

  • L’eau des Kennedy

    Celui qui pourra résoudre les problèmes de l’eau méritera deux Prix Nobel : un pour la paix et un pour la science. (John F. Kennedy) - Nous sommes témoins de quelque chose d’inédit : l’eau ne coule plus vers l’aval, elle coule vers l’argent. (Robert F. Kennedy)

Glossaire

  • La clepsydre

    C’est, comme le sablier, l’un des plus anciens instruments de mesure du temps qui passe. Il s’agissait le plus souvent d’un vase conique, percé d’un trou à sa base, laissant s’écouler l’eau goutte à goutte. Comme sa face interne comportait des graduations horaires, il suffisait d’observer le niveau de remplissage pour savoir combien d’heures s’étaient écoulées depuis le coucher du soleil.



Philippe Fernandez

Statistiques

Il y a quelques années j’ai lu dans Jeune Afrique une statitisque très intéressante sur la consommation d’une quantité d’eau donnée. C’était quelque chose comme : "mille métres cubes d’eau sont consommés en trois semaines pour le fonctionnement d’un hôtel de classe internationale, en trois mois pour ceci, en six mois pour cela" et la dernière entrée était "en trois ans pour telle superficie vouée à l’agriculture extensive". Cela vous dit-il quelque chose ? et où pourrais-je retrouver cette statisitique. Merci d’avance.



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