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6 juin 2014.

Les pêcheurs suisses réclament l’assainissement des éclusées

Chaque jour, en aval d’une centaine de centrales hydroélectriques (...)

Chaque jour, en aval d’une centaine de centrales hydroélectriques suisses, des cours d’eau connaissent de véritables "tsunamis" qui nuisent à la faune et à la flore aquatiques et représentent un danger pour les riverains. Vu que la législation prévoit qu’il soit mis un terme aux situations les plus graves, la Fédération suisse de pêche demande que des mesures claires et un calendrier d’application de la loi soient imposés aux installations concernées, voire sans délai à celles qui causent des dommages extrêmes.

Grâce à leurs barrages et à leurs bassins d’accumulation, les centrales hydroélectriques peuvent aisément moduler leur production de courant en fonction de la demande. Chaque jour, voire plusieurs fois par jour, les turbines peuvent ainsi être actionnées de manière quasi instantanée, ce qui à l’aval entraîne d’importantes fluctuations artificielles du niveau des cours d’eau. Ces débits élevés provoqués par le turbinage portent le nom technique d’éclusées qui se traduisent par des flux qui parfois peuvent être jusqu’à 40 fois supérieurs aux flux minimaux. En Suisse, quelque 140 centrales de différentes tailles sont exploitées de cette manière.


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Variation des débits de l’Aar dans l’Oberhasli (Oberland bernois) en aval des installations hydroélectriques du Grimsel et du Susten. À gauche, débit d‘éclusée 60 m3/s. À droite, débit plancher de 3 m3/s.
(Photos extraites du dossier de la FSP)


Ces grandes variations de débit peuvent se révéler extrêmement dommageables à l’environnement et à l’ensemble de la biodiversité des milieux aquatiques : à grandes eaux, les poissons de petite taille et toutes sortes de microorganismes sont violemment emportés vers l’aval alors qu’à basses eaux ils se retrouvent piégés dans des zones qui s’assèchent rapidement et périssent asphyxiés. Ce type de gestion des centrales provoque également de brusques variations de la température de l’eau elles aussi gravement nuisibles à la faune et à la flore aquatiques. Ajoutez à cela que les éclusées présentent aussi de gros dangers pour ceux qui s’aventurent dans le lit des rivières en aval des barrages.

Depuis la révision de la loi sur la protection des eaux, les cantons ont l’obligation dans un délai de 20 ans de remédier aux impacts d’éclusées et, au plus tard à la fin de 2014, de planifier les assainissements nécessaires, sous forme par exemple de bassins de compensation n’entravant pas la production d’électricité. Les normes légales parlent d’atteinte grave à l’environnement lorsque le débit d’éclusée d’un cours d’eau est au moins une fois et demie supérieur à son débit plancher et que l’on constate une modification des caractéristiques des écosystèmes aquatiques. L’Office fédéral de l’environnement a d’ores et déjà inventorié 110 centrales hydroélectriques susceptibles de pratiquer des éclusées importantes.

La Fédération suisse de pêche, qui craint – exemples à l’appui - que certains cantons "traînent les pieds", exige plus particulièrement
- que soit publiée, au plus tard à mi-2015, la liste des installations nécessitant un assainissement
- que les cantons imposent des mesures claires, un calendrier et un suivi de contrôle aux opérateurs des centrales hydroélectriques présentant des déficits d‘éclusées
- que ceux-ci assainissent sans délai les installations qui posent des problèmes d‘éclusées extrêmes
- et que les nouvelles concessions (ou leur renouvellement) d’exploitation d’installations hydroélectriques ne soient accordées que si leurs débits d’éclusées ne sont pas plus de 5 fois supérieurs à leurs débits plancher. (Source : FSP)


- Site de la Fédération suisse de pêche (FSP)
- Prise de position de la FSP : "Tsunami quotidien dans les cours d’eau suisses". Voir >
- Articles aqueduc.info où il est aussi question d’éclusées. Voir >




Mots-clés

Glossaire

  • Aquaponie

    Mode de production alimentaire qui conjugue la culture de plantes (hors-sol) et celle d’animaux aquatiques (aquaculture) dans un système de recirculation. Cette méthode, économe en eau, utilise les déchets de poissons comme solution nutritive organique pour cultiver des légumes. L’aquaponie permet de produire des aliments riches en protéines. Elle peut être pratiquée dans de petites unités domestiques comme dans de grandes surfaces à but commercial, en eaux douces comme en eaux saumâtres (Source : FAO).

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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