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6 avril 2016.

"Les modèles climatiques surestiment les extrêmes humides et secs"

Des chercheurs se basent sur un large faisceau d’indices

Une étude menée conjointement par des chercheurs suédois, allemands et suisses remet en question les modèles climatiques. Malgré la hausse des températures, le 20e siècle a enregistré moins de changements en termes de disponibilité en eau qu’au cours des douze derniers siècles. Les résultats obtenus devraient contribuer à améliorer la prévision des événements extrêmes humides et secs.

Les résultats de cette étude publiée dans la revue Nature sont surprenants, indique l’Institut fédéral suisse de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) qui a participé à cette recherche. Car la plupart des modèles climatiques montrent que la disponibilité en eau fluctue plus fortement avec l’augmentation des températures au 20e siècle.

Les précipitations sont mesurées depuis moins de 200 ans et jusqu’à ce jour d’importantes données faisaient défaut. Le mérite des auteurs de cette nouvelle étude – Suédois, Allemands et Suisses – est d’avoir rassemblé un large faisceau d’indices - précipitations, niveau des lacs, humidité des sols, débit des cours d’eau - sur les fluctuations de l’hydroclimat au cours des douze derniers siècles et dans tout l’hémisphère nord (Europe, Asie et Amérique du Nord). Ces données proviennent d’archives climatiques naturelles tels les anneaux de croissance annuels des arbres, les dépôts minéraux de cavités souterraines et les sédiments lacustres, ainsi que de manuscrits historiques.

Les indices tirés des archives climatiques naturelles sont essentiels pour tester les modèles qui prévoient le futur climat, explique David Frank du WSL, coauteur de l’étude : "les modèles actuels semblent bien simuler les modifications des précipitations au cours de la période préindustrielle, mais ils ne reflètent pas aussi bien les changements anthropogènes plus récents du système climatique".

Les scientifiques ont comparé les variations hydroclimatiques qu’ils ont pu reconstituer avec une courbe des températures qu’ils ont également élaborée : seules quelques régions ont présenté des corrélations nettes entre les changements de température et l’hydroclimat, et les sécheresses ont été les plus fréquentes à la fois au 12e siècle, relativement chaud, et au 15e siècle, relativement froid. Reste toutefois que les époques plus froides sont aussi plus humides et que le 20e siècle aura été le plus chaud du millénaire écoulé.

Mais, précise le suédois Fredrik Charpentier Ljungqvist, auteur principal de l’étude, cela ne signifie pas nécessairement que les mécanismes qui génèrent les changements hydroclimatiques dans les modèles sont faux : "il se peut que le réchauffement ne soit pas encore assez fort pour déclencher les changements de répartition des précipitations que simulent les modèles climatiques". (Source : WSL)


- Fredrik Charpentier Ljungqvist, Paul J. Krusic, Hanna S. Sundqvist, Eduardo Zorita, Gudrun Brattström & David Frank, "Northern Hemisphere hydroclimate variability over the past twelve centuries", Nature, vol. 532, pp. 94–98
- Site du WSL




Infos complémentaires

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Une nouvelle étude a reconstitué les périodes sèches et humides des douze derniers siècles. Celles-ci ont connu davantage d’extrêmes qu’au 20e siècle, pourtant plus chaud. Cette étude remet donc en question les modèles climatiques actuels qui montrent davantage de fortes fluctuations au siècle dernier.
(Photo : M.Bolliger/WSL)

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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