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31 mars 2005.

Les écosystèmes sont surexploités : graves menaces sur l’eau douce

Le premier des sept grands rapports de synthèse commandés par les (...)

Le premier des sept grands rapports de synthèse commandés par les Nations Unies sur « l’Evaluation des Ecosystèmes pour le Millénaire » a révélé, fin mars, que près de 60 % des services fournis par les écosystèmes et qui permettent la vie sur terre sont dégradés ou surexploités. Ce qui ne fera qu’accroître la probabilité de changements brusques pouvant affecter sérieusement le bien-être des humains. Entre autres exemples : des changements soudains de la qualité des eaux.

Ce rapport, qui résulte d’une étude menée pendant quatre ans par 1300 experts de 95 pays, avertit que les effets négatifs de cette dégradation risquent de s’aggraver de façon significative dans les 50 ans qui viennent. Il avance quatre conclusions majeures :

1. Les humains ont modifié les écosystèmes plus rapidement et profondément au cours des 50 dernières années qu’à tout autre moment de leur histoire. Ils l’ont fait principalement pour répondre à des besoins croissants en nourriture, eau douce, bois, fibres et combustible. La conséquence en est une perte substantielle et largement irréversible de la diversité de la vie sur la Terre.

2. Les changements des écosystèmes ont entraîné des gains nets substantiels en termes de bien-être humain et de développement économique. Mais ils ont été obtenus à un prix de plus en plus élevé en termes de dégradation des autres services. Deux services - la production de ressources halieutiques et la fourniture d’eau douce - sont aujourd’hui rendus à un niveau bien inférieur aux besoins actuels, sans parler des besoins futurs.

3. La dégradation des services fournis par les écosystèmes devrait s’aggraver de façon significative durant la première moitié du siècle. Chacun des quatre scénarios pour le futur explorés par les experts prévoit ainsi que les progrès économiques seront bien trop lents pour réduire de moitié d’ici 2015 le nombre des personnes souffrant de la faim. Par ailleurs, des changements des écosystèmes comme la déforestation ont une influence sur l’abondance des éléments pathogènes qui affectent les humains tels la malaria ou le choléra, sans parler des risques d’émergence de nouvelles maladies.

4. Le défi qui consisterait à renverser la tendance à la dégradation des écosystèmes tout en satisfaisant une demande croissante peut être relevé selon certains scénarios qui impliquent des changements significatifs des politiques et des institutions. Il s’agit cependant de changements importants et les tendances actuelles ne vont pas dans ce sens.

DE QUELQUES SCÉNARIOS

Dans plusieurs pays industrialisés, la consommation d’eau semble à la baisse depuis quelque temps et cette tendance pourrait se poursuivre, compte tenu notamment de la saturation de la demande par habitant et de l’amélioration de l’efficacité technique des installations.

Situation inverse par contre dans les autres pays en raison de leur développement économique et de leur croissance démographique. L’estimation chiffrée de cet accroissement varie cependant d’un scénario à l’autre. En Afrique sub-saharienne par exemple, la demande croissante pour la consommation domestique implique davantage de moyens d’accès à l’eau douce, mais leur faisabilité technique et économique est très incertaine.

La disponibilité mondiale d’eau douce semble cependant en augmentation dans les différents scénarios du rapport, avec une moyenne de 5 à 7% jusqu’en 2050 (2% en Amérique latine, 16-22% dans les pays de l’ancienne Union soviétique)

Quant aux analyses de l’évolution climatique, elles mettent en évidence deux tendances inverses : l’augmentation des précipitations augmentera l’écoulement des eaux de surface, mais le réchauffement du globe provoquera davantage d’évaporation, donc une diminution des eaux de ruissellement.




Infos complémentaires

Affiche de la Journée mondiale des zones humides 2005 (RAMSAR)

En bref

  • Les récentes modifications apportées aux écosystèmes n’ont pas significativement réduit la quantité nette d’eau douce renouvelable qui s’écoule sur la Terre, mais la proportion d’eau douce utilisée par les humains s’est accrue de manière dramatique : elle a doublé entre 1960 et 2000, avec un taux moyen de 20 % par décennie.
  • Les modèles actuels d’utilisation de l’eau douce par l’homme sont non durables. Cette utilisation dépasse de 5 % à 25 % probablement les ressources accessibles à long terme, à cause notamment des aménagements de transferts d’eau ou la découverte de nouvelles réserves d’eau souterraine.
  • Plus d’un milliard de personnes vivent dans des régions privées de réserves substantielles et renouvelables d’eau douce. En Afrique du Nord et au Proche-Orient, l’utilisation non durable de l’eau représente environ un tiers de toute l’utilisation de cette ressource. On estime de 15 à 25% l’utilisation non durable des eaux d’irrigation.

Sources

UNESCO, communiqué de presse

Site de l’Evaluation des Ecosystèmes pour le Millénaire (en anglais seulement : Millenium Ecosystem Assessment)

Mots-clés

Mot d’eau

  • L’eau des Kennedy

    Celui qui pourra résoudre les problèmes de l’eau méritera deux Prix Nobel : un pour la paix et un pour la science. (John F. Kennedy) - Nous sommes témoins de quelque chose d’inédit : l’eau ne coule plus vers l’aval, elle coule vers l’argent. (Robert F. Kennedy)

Glossaire

  • La clepsydre

    C’est, comme le sablier, l’un des plus anciens instruments de mesure du temps qui passe. Il s’agissait le plus souvent d’un vase conique, percé d’un trou à sa base, laissant s’écouler l’eau goutte à goutte. Comme sa face interne comportait des graduations horaires, il suffisait d’observer le niveau de remplissage pour savoir combien d’heures s’étaient écoulées depuis le coucher du soleil.


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