AccueilInfosDossiers2e Rapport mondial sur les ressources en eau

9 mars 2006.

Les défis de l’eau et de la gouvernance vont de pair

Les décisions relatives à la gestion des ressources en eau sont une (...)

Les décisions relatives à la gestion des ressources en eau sont une priorité absolue. Qui a le droit à l’eau et à ses avantages ? Qui prend les décisions concernant la distribution des ressources en eau, et détermine qui est approvisionné ? Et à partir d’où, quand et comment ?

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Château d’eau au Sri Lanka © Photo UNESCO / P.Coles

La capacité des pays à fournir un service d’approvisionnement en eau et d’assainissement pour tous, à mettre en oeuvre des plans de gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), à répondre aux nouvelles demandes en matière d’eau, à déterminer le partage de l’eau entre les usagers et à gérer les conflits et les risques, dépend en grande partie de leur aptitude à mettre en place des systèmes de gouvernance solides et efficaces.

- Le stress hydrique semble apparaître dès lors que les droits et les libertés individuels sont limités. Comparer la quantité d’eau disponible par habitant avec la gouvernance démocratique indiquerait que nombre de pays sont confrontés à un double défi : une pénurie d’eau ou un stress hydrique et la limitation des droits politiques et des libertés civiques. C’est le cas au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La réforme du secteur de l’eau doit donc être menée de concert avec une réforme globale de la gouvernance. Tant que les questions liées à l’eau ne seront pas intégrées dans les mécanismes propres aux échanges commerciaux nationaux et internationaux, et ne seront pas associées à la stabilité et à une gouvernance plus équitable, il y a peu de chance que les objectifs internationaux en matière d’eau soient atteints.

- Le développement est davantage ancré dans les systèmes lorsque les gouvernements, les entreprises privées et la société civile travaillent ensemble à des projets communs. Au cours des dernières décennies, l’accent a été mis en particulier sur le rôle grandissant du secteur privé dans la gestion des ressources en eau. La privatisation complète des services de l’eau dans les pays en développement n’a toutefois pas permis de répondre aux attentes. Il est donc indispensable d’intensifier le dialogue sur l’eau entre les différents partenaires concernés.

- Pour lutter efficacement contre la corruption dans le monde, il faut redoubler d’efforts et multiplier les actions à tous les niveaux. Chaque année, la corruption coûte au secteur de l’eau des millions de dollars. Elle détourne des ressources financières déjà rares et réduit les chances d’un pays de pouvoir fournir à chacun de ses habitants un service d’approvisionnement en eau et d’assainissement approprié. Dans certains pays, où elle est systématique, la corruption est souvent considérée comme une pratique courante, propre au monde des affaires, entre les institutions publiques, les citoyens et le secteur privé, ainsi qu’au sein même du secteur public.

- Les systèmes de gouvernance sont liés de façon intrinsèque aux procédés et aux pouvoirs politiques. S’orienter vers une meilleure gouvernance sous-entend l’engagement des pouvoirs politiques et exige d’apprendre à manoeuvrer dans des contextes hautement politisés. L’amélioration de la gouvernance de l’eau est un vrai défi en ce qu’elle implique forcément des efforts de réforme qui s’étendent au-delà du secteur de l’eau.

- Il n’y a pas de recette type pour l’amélioration de la gouvernance ; chaque société doit trouver celle qui lui correspond. La planification traditionnelle en matière de ressources en eau demeure rigide. Il reste encore à développer des cadres et des institutions de gouvernance capables de s’adapter et de répondre réellement aux situations caractérisées par la variabilité, le risque, les incertitudes et les changements.

(nb. article rédigé sur la base du résumé officiel)


Lire la présentation générale de ce Rapport dans les pages d’actualité de aqueduc.info : « L’eau, de la crise de gouvernance à la responsabilité partagée », 9 mars 2006




Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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