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27 novembre 2007.

Les changements climatiques menacent la disponibilité en eau

Au moment où les gouvernements se retrouvaient en Indonésie pour (...)

Au moment où les gouvernements se retrouvaient en Indonésie pour débattre de l’avenir du Protocole de Kyoto, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a lui aussi choisi d’aborder la même thématique dans l’édition 2007-2008 de son Rapport mondial sur le développement humain : "La lutte contre les changements climatiques : la solidarité humaine dans un monde divisé". Des changements qui ne seront pas sans répercussions graves sur la sécurité des approvisionnements en eau.

Ce nouveau rapport du PNUD tente de mieux décrire la menace que représente le réchauffement planétaire qui « risque d’entraîner les pays les plus pauvres de la planète et leurs citoyens les plus pauvres dans une spirale infernale ». Avec cette prévision concernant l’approvisionnement en eau : d’ici 2080, 1,8 milliards de personnes supplémentaires pourraient être victimes du stress hydrique (moins de 1’700 mètres cubes d’eau douce par habitant et par an).

Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), de vastes régions d’Asie du Sud et du nord de la Chine seront probablement confrontées à une crise écologique grave liée au rétrécissement des glaciers et à la modification des précipitations. En Amérique latine, la région des Andes devra faire face à des menaces immédiates concernant la sécurité de son approvisionnement en eau en raison de la disparition des glaciers tropicaux. Et plusieurs pays situés dans des régions déjà sous stress hydrique, notamment au Proche et Moyen-Orient, risquent de connaître de fortes pénuries d’eau.

Risques pour l’agriculture, l’environnement et les habitats humains

Avec la hausse des températures, les changements des modèles de ruissellement et l’évaporation accrue de l’eau, le changement climatique aura un impact marqué à la fois sur la distribution de l’eau du monde et sur le moment des flux, avec pour conséquence des risques considérables pour l’agriculture, l’environnement et les habitats humains. Le stress hydrique renforcera le cercle vicieux du sous-développement humain : les ressources écologiques dont dépendent les populations défavorisées vont s’éroder, elles limiteront aussi les possibilités d’emploi et de production.

Les changements climatiques s’ajouteront aux autres pressions plus générales sur les systèmes hydriques. De nombreux bassins fluviaux et d’autres sources d’eau font d’ailleurs déjà l’objet d’une exploitation non viable. Aujourd’hui, environ 1,4 milliard de personnes vivent dans des bassins fluviaux « fermés » : on y consomme des quantités d’eau supérieures à leurs niveaux de décharge, ce qui provoque de graves dommages écologiques.

Certains symptômes de stress hydrique sont déjà visibles : effondrement des systèmes fluviaux en Chine du Nord, baisse rapide des niveaux des nappes souterraines en Asie du sud et au Moyen-Orient. Les changements climatiques dangereux vont intensifier ces symptômes. Neuf des quatorze pays de la région Proche-Orient sont déjà caractérisés par une disponibilité de l’eau par habitant inférieure au seuil de la rareté. On prévoit une diminution des précipitations en Égypte, en Jordanie, au Liban et en Palestine. L’accès aux eaux du fleuve Jourdain, des aquifères transfrontaliers et du Nil pourrait devenir un point de contentieux et de focalisation de tensions politiques en l’absence d’un renforcement des systèmes de gestion de l’eau.

Les glaciers reculent, les menaces augmentent

La fonte des glaces représente une menace pour plus de 40 pour cent de la population du monde. Le moment précis et l’importance exacte de ces dangers potentiels restent incertains mais ils devraient être envisagés dans un avenir peu éloigné. Les glaciers fondent déjà à un rythme de plus en plus rapide. Il est peu probable que cette tendance s’inverse au cours des deux ou trois décennies à venir, même si l’on prend des mesures correctives urgentes.

Les avalanches et les inondations sont à l’origine de risques particuliers dans les régions montagneuses densément peuplées. L’un des pays confrontés à de graves risques est aujourd’hui le Népal, où les glaciers reculent au rythme de plusieurs mètres par an. Une évaluation complète effectuée en 2001 a permis d’identifier 20 lacs de ruissellement des glaciers susceptibles de sortir de leurs rives avec des conséquences catastrophiques pour les populations, l’agriculture, et l’infrastructure hydroélectrique, si l’on ne prend pas de mesures urgentes.

À mesure que les réserves d’eau des glaciers s’épuiseront, les flux d’eau diminueront. Sept des plus grands systèmes fluviaux de l’Asie — le Brahmaputra, le Gange, le Huang He, l’Indus, le Mékong, le Salouen et le Yangtze — seront affectés. Ces bassins fluviaux fournissent de l’eau et permettent l’alimentation de plus de 2 milliards de personnes.

Les glaciers tropicaux reculent encore plus rapidement que celui de l’Himalaya. Ils occupent 2’500 kilomètres carrés dans les Andes tropicales, dont 70 pour cent au Pérou et 20 pour cent en Bolivie. La disparition imminente de ces glaciers tropicaux comporte des implications potentiellement désastreuses pour la croissance économique et le développement humain. (Source : Rapport mondial sur le développement humain 2007-2008)

Le Rapport mondial sur le développement humain 2007/2008 sur le site du PNUD




Mots-clés

Mots d’eau

  • Eaux usées

    "Face à une demande alimentaire croissante et des pénuries d’eau de plus en plus fréquentes, il est temps d’arrêter de considérer les eaux usées comme des déchets pour plutôt les voir comme des ressources pouvant être utilisées pour cultiver ou encore pour lutter contre les pénuries d’eau dans le secteur agricole." (FAO, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, 19 janvier 2017)


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