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16 décembre 2007.

Les Genevois disent oui au monopole public des services de l’eau

Les citoyennes et citoyens du Canton de Genève, à une large (...)

Les citoyennes et citoyens du Canton de Genève, à une large majorité, ont décidé ce week-end d’inscrire dans leur Constitution cantonale le monopole public de l’approvisionnement et de la distribution d’eau. Ce sont les Services industriels de Genève qui ont mandat d’exercer ces tâches de même que celles concernant l’évacuation et le traitement des eaux usées, activité qui ne peut être sous-traitée à des tiers.

Ce scrutin est l’aboutissement d’un processus démocratique qui a commencé en 2004 avec la récolte des 10’000 signatures nécessaires au lancement d’une initiative populaire. Le gouvernement cantonal l’a approuvée, estimant qu’un tel monopole permettrait de légaliser une situation de fait (les Services Industriels sont les seuls à fournir de l’eau à tous les habitants du canton de Genève). Le Parlement genevois lui aussi a par la suite donné son aval à l’initiative. Ne restait plus qu’à confier la décision définitive aux citoyens et citoyennes. Le verdict est net : 75,89% de oui contre 24,11% de non (43 communes sur 45 ont voté en faveur de l’initiative).

Pour mémoire, l’eau est en Suisse un bien protégé par la Constitution fédérale. Mais c’est aux 26 États cantonaux qu’il appartient de disposer des ressources en eau et notamment de réglementer la distribution de l’eau potable.

Conforme à l’opinion générale des Suisses

Dans un communiqué, l’Association suisse pour le Contrat mondial de l’eau (ACME-Suisse) souligne que cette décision populaire "reflète ce que disent régulièrement les sondages, à savoir que dans leur grande majorité les usagers en Suisse apprécient l’excellente qualité des prestations des services publics de distribution de l’eau auxquels ils sont foncièrement attachés".

L’ACME-Suisse note aussi que ce scrutin dépasse les frontières genevoises et souligne son caractère démocratique. Il est très rare en effet que les citoyens d’un pays puissent se prononcer directement sur une question touchant à la gestion de l’eau. L’exemple le plus récent est celui de l’Uruguay qui, en 2004, a décidé au suffrage universel d’inscrire dans sa Constitution que l’eau appartient au domaine public et qu’elle ne peut donc être privatisée.

Autre remarque : le droit d’accès à l’eau nécessaire à la vie figure certes dans la Loi fondamentale de plusieurs pays. Mais, selon l’ACME-Suisse, la mention du terme précis de « monopole public » de l’eau dans la Constitution d’un État souverain, ainsi qu’en ont décidé les Genevois, serait une première au plan international. (Source : Chancellerie du Canton de Genève et ACME-Suisse)




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Glossaire

  • Crue, inondation

    La crue est un phénomène caractérisé par la montée plus ou moins forte du niveau d’un cours d’eau et par une nette augmentation de son débit. Elle ne se traduit pas forcément par un débordement de son lit habituel. On parle d’inondation lorsqu’une crue entraîne la submersion par un cours d’eau de son espace d’expansion naturelle (lit majeur) ou aménagé dans ce but, mais aussi des terres cultivées et des zones habitées, mettant alors en danger les riverains et pouvant causer d’importants dommages à leurs biens.

Mot d’eau

  • “Quel épouvantable désastre !”

    “Près de deux mille maisons écroulées ; sept cents morts ; tous les ponts emportés ; un quartier rasé, noyé sous la boue ; des drames atroces ; vingt mille misérables demi-nus et crevant la faim ; la ville empestée par les cadavres, terrifiée par la crainte du typhus ; le deuil partout, les rues pleines de convois funèbres, les aumônes impuissantes à panser les plaies. Mais je marchais sans rien voir, au milieu de ces ruines. J’avais mes ruines, j’avais mes morts, qui m’écrasaient.” (Émile Zola, "L’inondation", 1883.)


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