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20 mai 2012.

Le pompage excessif de l’eau souterraine fait-il monter le niveau des mers ?

À cette question, il faut répondre oui si l’on en croit les (...)

À cette question, il faut répondre oui si l’on en croit les conclusions d’une étude menée par des climatologues de l’Université de Tokyo et qui montre que l’augmentation de la consommation d’eau par l’homme a un impact majeur sur les modifications du niveau des océans et que cette relation a été jusqu’à présent largement sous-estimée.

Entre 1961 et 2003, les mesures recueillies par les capteurs de marée ont révélé une augmentation du niveau mondial des mers d’environ 1,8 millimètre par an. L’explication généralement donnée à ce phénomène se concentrait jusqu’à présent sur les effets du réchauffement des océans et leur dilatation, et sur la fonte des calottes glaciaires et des glaciers. Dans son rapport de 2007, le Groupe d’experts sur l’évolution du climat (Giec) avançait pour sa part une élévation moyenne de 1,1 mm par an. Restait donc à comprendre le pourquoi de l’écart entre ces deux chiffres : erreurs de calcul ou causes mal définies ?

Une étude publiée dans la revue britannique Nature Geoscience fournit un premier élément de réponse : cette différence pourrait s’expliquer par les quantités d’eau pompées dans les nappes phréatiques et les lacs pour remplir les besoins de la consommation humaine : pour Yadu N. Pokhrel et son équipe de chercheurs de l’Université de Tokyo, auteurs de cette étude, il ne semble faire aucun doute que "l’utilisation irraisonnée" de l’eau souterraine et son captage dans des réservoirs artificiels, de même que les pertes en eau dans les bassins intérieurs, ont contribué à une hausse moyenne du niveau des mers de 0,77 millimètres par an durant cette même période allant de 1961 à 2003.

Il faut savoir, à ce propos, que la diminution des réserves souterraines d’eau a plus que doublé ces dernières années en raison de la croissance de la population et de la demande accrue en eau potable, pour l’irrigation des terres agricoles et pour les usages industriels, et qu’une part importante de cette eau provenant du pompage des nappes n’est pas remplacée.

On a longtemps pensé que les grandes installations qui, en Chine ou aux États-Unis notamment, font barrage à l’écoulement des eaux fluviales, rétablissaient l’équilibre des flux. Mais cette nouvelle étude semblerait démontrer que la surexploitation des nappes souterraines est plus conséquente qu’on ne le pensait et qu’il importe désormais de la prendre en compte dans la gestion des ressources en eau de la planète. (Source : Nature Geoscience)

- "Model estimates of sea-level change due to anthropogenic impacts on terrestrial water storage", Nature Geoscience, 20 May 2012.


- Sur le même sujet, voir dans aqueduc.info : Le monde puise beaucoup trop dans ses réserves d’eaux souterraines




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La diminution des réserves souterraines d’eau a plus que doublé ces dernières années en raison notamment de la demande accrue en eau pour l’irrigation des terres agricoles.

Mots-clés

Mot d’eau

  • Eurêka !

    Comment mieux exprimer l’ivresse dont la raison, heureuse, fait flotter dans l’eau et l’intuition, bienheureuse, léviter dans l’air ? Archimède sentit le mouvement et se leva de l’émotion de ces deux éléments, comme s’il entendait le murmure des ondes et la vibration du vent. Et j’entends eurêka comme ce triple écho et du corps et de l’air et de l’eau. (Michel Serres [décédé le 1er juin 2019], "Biogée", 2010)

Glossaire

  • Karst

    Ce mot, dérivé du nom d’un haut-plateau des Balkans, s’applique à un relief ou à un massif dont les roches calcaires ont été fortement érodées par l’eau, en surface (dolines, emposieux, lapiaz, etc.) et en profondeur (cavernes, grottes, gouffres, etc.), ce qui se traduit aussi au fil des infiltrations en sous-sol par des structures très complexes de circulation d’eau et de résurgences. Ces formes géologiques portent ici et là différents noms, telles les "causses" dans le Massif central français.


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